ACCUEIL 30.9.2014 Mis à jour à 11h48

La Syrie est en état de guerre civile, selon le CICR

Conflit

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) considère désormais que les combats en Syrie sont une situation de guerre civile. Des combats d'une rare violence se sont déroulés de dimanche entre soldats et rebelles.

Mis à jour le 16.07.2012 3 Commentaires
Des rebelles de l'Armée syrienne libre.

Des rebelles de l'Armée syrienne libre.
Image: Keystone

Galerie Photos

La visite de l'ONU à Treimsa

La visite de l'ONU à Treimsa
Les observateurs de l'ONU se sont rendus dans le village de Treimsa où l'opposition annonce un massacre de 150 personnes jeudi.

Articles en relation

Partager & Commenter

Le «droit international humanitaire doit s'appliquer» en Syrie. Pour le CICR, qui s'adresse à toutes les parties, pas de doute: la Syrie est en situation de guerre civile.

«Ceci n'est pas nouveau, nous l'avions déjà notifié aux parties et en avril nous avions dit que cette situation de conflit armé non international s'appliquait à trois endroits spécifiques. Maintenant, chaque fois qu'il y a des hostilités on peut voir des conditions qui peuvent être définies comme un conflit armé non international», la terminologie diplomatique pour parler de guerre civile, a déclaré lundi un porte parole du CICR, Alexis Heeb.

Dans ce cadre «le droit international humanitaire prime chaque fois qu'il y a des hostilités», a ajouté ce porte-parole. Ce droit définit les conditions de la protection des populations civiles mais aussi de «la protection des gens qui ne sont plus en train de se battre, par exemple les blessés mais aussi les conditions dans lesquelles ils pourraient être détenus», a souligné ce porte-parole.

Le CICR a régulièrement demandé aux autorités syriennes le respect des blessés dans les centres de soins et un accès de ses délégués aux détenus dans les divers centres de détention.

Au moins 105 morts

Ces déclarations interviennent alors que des affrontements très violents, qui impliqueraient des centaines de combattants, se sont concentrés dimanche dans la capitale syrienne Damas, dans les faubourgs de Tadamon et d'Hadjar al Assouad, à trois kilomètres seulement au sud de la mosquée des Omeyyades. Ils se sont propagés à la nuit tombée à Al Laouan, un peu plus à l'ouest.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ces combats ont fait pour la seule journée de dimanche 105 morts, dont 48 civils, 16 rebelles et 41 soldats.

«L'armée régulière tire des obus de mortier contre plusieurs quartiers» où sont retranchés des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), a affirmé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane ajoutant que «ça n'a jamais été aussi intense» à Damas.

Une première pour Damas

Des rebelles présents dans la capitale ont indiqué que l'armée syrienne avait fermé la route vers l'aéroport et tentait d'encercler les combattants dans les quartiers de Tadamon et de Hadjar al Assouad, afin d'écraser la contestation à l'intérieur de la capitale.

Selon de nombreux habitants contactés, la capitale syrienne n'avait pas encore connu de tels affrontements depuis le début de la crise, en mars 2011.

Des habitants ont fait état d'explosions sourdes, de tirs persistants, de hurlements de sirènes. Dans des vidéos retransmises en direct sur internet, on peut voir une épaisse fumée noire flotter au-dessus des toits de la ville.

L'ONU à Treimsa

Parallèlement des observateurs de l'ONU se sont à nouveau rendus dimanche à Treimsa, dans le centre de la Syrie, où selon l'OSDH, des bombardements et des combats ont fait jeudi plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles.

L'opposition et une partie de la communauté internationale avaient qualifié de «massacre» cette opération. La mission de l'ONU a indiqué dimanche soir dans un communiqué que «plus de 50 maisons ont été brûlées et/ou détruites» à Treimsa, faisant état de la présence de «mares de sang et de restes de cerveaux» humains.

Selon les 27 habitants interrogés par les observateurs, l'attaque a débuté à 5 heures jeudi (4 heures suisses) par des bombardements puis des opérations au sol.

Un dirigeant de l'ASL, Saleh al-Subaai, a été abattu par balles, a indiqué la mission, et un médecin et ses enfants ont été tués par la chute d'un obus de mortier sur leur maison.

Selon ces témoins, l'armée a mené des perquisitions maison par maison et procédé à des contrôles d'identité des hommes, dont plusieurs ont ensuite été tués ou emmenés hors du village.

Annan à Moscou

Mais le régime syrien a à nouveau démenti avoir perpétré un massacre. «Ce qui s'est produit n'était pas un massacre (...), ce qui s'est produit était une opération militaire. Il y a eu des affrontements entre les forces de sécurité, dont le devoir est de défendre les citoyens, et des forces lourdement armées qui ne croient pas en une solution politique», a indiqué dimanche Djihad Makdissi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse à Damas.

Dans l'espoir de redonner un élan diplomatique à son plan de paix, qui n'a jamais eu d'effet sur le terrain, Kofi Annan est attendu lundi à Moscou, où il doit rencontrer mardi le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.

La Russie, qui a opposé son veto à deux reprises à des projets de résolution du Conseil de sécurité condamnant la répression du soulèvement syrien, reste hostile aux sanctions prônées par les puissances occidentales.

Une visite de Ban Ki-moon est prévue aussi la semaine prochaine en Chine, autre soutien de Damas auquel le secrétaire général de l'ONU a demandé «d'user de son influence» pour faire appliquer le plan Annan. (ats/Reuters/afp/Newsnet)

Créé: 16.07.2012, 08h12

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

3 Commentaires

Georges Alexandre

16.07.2012, 12:39 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Le refus de soins aux blessés, le bombardement de quartiers d'habitation deviennent ainsi officiellement des crimes de guerre et, en poursuivant son soutien inconditionnel du pouvoir syrien, Moscou devient complices de crimes de guerre et ses dirigeants pourraient être traduit devant une juridiction internationale. Répondre


Pascal Bailly

16.07.2012, 14:29 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

@Georges Alexandre: Poutine traduit devant une juridiction internationale, vous rêvez mon cher ! Répondre



Super héros, Louis Vuitton, fleuri, à poids... Les meilleurs du web!