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La Syrie «n'est pas un concours», lance Obama

Diplomatie

Les Etats-Unis sont critiqués pour leur manque de leadership depuis de longs mois dans le conflit syrien qui s'accélère.

Mis à jour le 17.02.2016 49 Commentaires

1/129 L'armée turque a tué au moins 28 djihadistes du groupe Etat islamique (EI) lors de pilonnages au nord d'Alep.(lundi 30 mai 2016)
Image: AFP

   

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En Syrie, le conflit s'est internationalisé (octobre 2014 - février 2016)

En Syrie, le conflit s'est internationalisé (octobre 2014 - février 2016)
Moscou, Paris, Londres et Berlin se sont impliqués en Syrie. Les Etats-Unis luttent aussi contre le groupe Etat islamique.

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Le président des Etats-Unis Barack Obama a jugé mardi que le conflit en Syrie ne devait pas s'apparenter à un «concours» entre lui et son homologue russe Vladimir Poutine.

Ces déclarations interviennent alors que la guerre s'intensifie et s'internationalise dans le nord du pays.

«Ce n'est pas un concours entre moi et Poutine», a rétorqué Barack Obama lors d'une conférence de presse en Californie. Il venait d'être interrogé pour savoir s'il se sentait «berné» par le président russe dont l'armée a amplifié son offensive militaire depuis deux semaines en appui aux forces syriennes du président Bachar el-Assad.

«Le fait que Poutine a finalement dû dépêcher ses propres troupes, sa propre aviation et qu'il a dû lancer cette opération militaire d'envergure démontre que la position d'Assad est faible et non pas forte», a jugé le président américain.

«Bourbier» redouté

Lorsque Moscou avait commencé le 30 septembre sa campagne aérienne en Syrie, Barack Obama avait mis en garde contre le risque d'un «bourbier» pour la Russie.

«La question est de savoir comment on met fin aux souffrances, comment on stabilise la région et on arrête cet exode massif de réfugiés, (...) comment on arrête la violence et les bombardements d'écoles, d'hôpitaux et de civils innocents. C'est ce que je voulais dire par un 'bourbier'», a justifié le président.

«Maintenant Poutine peut penser qu'il est disposé à ce que l'armée russe occupe de manière permanente la Syrie. Cela va coûter très cher.»

Mollesse dénoncée

Refusant depuis le début de la crise syrienne d'impliquer massivement l'armée américaine, notamment avec des troupes au sol, Barack Obama mise depuis un an et demi sur sa coalition de 65 pays qui bombarde le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak. «Nous allons continuer à leur mettre beaucoup de pression, à la fois en Syrie et en Irak. Et cela ne s'arrêtera pas», a-t-il promis.

Mais les Etats-Unis sont vilipendés pour leur manque de leadership face à l'intensification et l'internationalisation de la guerre en Syrie, incapables d'empêcher leur allié turc de bombarder les Kurdes syriens et encore moins d'enrayer le rouleau compresseur russe.

Aux yeux de ses contempteurs, le président Barack Obama est coupable d'avoir refusé d'intervenir massivement en Syrie en appliquant à la lettre ce pour quoi il avait été élu en 2008: le retrait de l'Amérique des conflits du Moyen-Orient, après la catastrophe en Irak, afin de mieux «pivoter» vers l'Asie-Pacifique, la priorité de la politique étrangère américaine.

Paris critique

La critique la plus amère contre Washington est venue une nouvelle fois mardi de Paris, son «plus vieil allié», mais qui n'a jamais avalé que Barack Obama renonce, à l'été 2013 et à la dernière minute, à frapper le régime du président Bachar el-Assad.

L'ex chef de la diplomatie française Laurent Fabius a rappelé sur la radio Europe 1 qu'«en août 2013, Bachar a utilisé des armes chimiques et que le président Obama avait dit "s'il utilise des armes chimiques ce sera une ligne rouge" et que la ligne rouge a été franchie sans qu'il y ait de réaction».


Fabius sur la Syrie : "La France ne décide pas... by Europe1fr «Quand on écrira l'histoire on s'apercevra que c'est un tournant, pas seulement dans la crise du Moyen-Orient, mais aussi pour l'Ukraine, la Crimée et pour le monde», a taclé l'ancien ministre qui avait déjà exprimé ses «regrets» face aux «ambiguïtés» et au manque d'«engagement très fort» des Américains en Syrie.

Mécontentement interieur

A Washington aussi, de plus en plus de voix s'élèvent contre les condamnations de pure forme de la diplomatie américaine: de fait, le département d'Etat s'est contenté lundi de fustiger «la brutalité du régime Assad» et de mettre «en doute la volonté de la Russie à pouvoir l'arrêter».

«Des historiens ouvriront un jour nos archives et se demanderont ce que nous pensions pouvoir accomplir avec de telles déclarations», s'indigne, dans un tweet assassin, Jonathan Schanzer, de la Foundation for Defense of Democracies.

Mais l'administration américaine balaie ces critiques.

Elle vante sa coalition militaire. Le secrétaire d'Etat John Kerry, sceptique de l'interventionnisme militaire et réputé pour son optimisme, mise tout sur la diplomatie pour faire la paix en Syrie: une vingtaine de puissances mondiales et régionales ont scellé les 11-12 février un accord à Munich pour une hypothétique «cessation des hostilités» en fin de semaine et l'ouverture de couloirs humanitaires.

Une trêve qui semble de plus en plus illusoire avec la montée en puissance de l'offensive russe dans le nord de la Syrie et l'entrée en jeu de la Turquie, auxquelles les Etats-Unis assistent impuissants.

Inconfort

Il faut dire que Washington est dans une position des plus inconfortables. Il est l'allié de la Turquie au sein de l'Otan et de la coalition anti-jihadistes, mais il soutient aussi les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes, les milices du Parti de l'union démocratique (PYD) qui se battent contre le groupe Etat islamique.

Les Etats-Unis sont aussi sur le papier les partenaires de la Russie pour trouver une solution diplomatique et politique en Syrie, dont la dernière illustration est l'accord de Munich.

Mais pour Joseph Bahout, de la Fondation Carnegie, le Moyen-Orient «récolte les fruits amers» du non interventionnisme américain en Syrie: Barack Obama «n'a plus aucun levier sur la Turquie» et «ses déclarations d'aujourd'hui sont un nouveau feu vert aux Russes», déplore le chercheur.

L'un des opposants virulents à Barack Obama, le sénateur républicain John McCain, dénonce aussi une «diplomatie (russe) au service d'une agression militaire que, malheureusement, l'administration Obama a favorisée».

Il s'agit même d'une «faillite morale de la politique américaine et occidentale en Syrie», s'insurgent les chercheurs Michael Ignatieff et Leon Wieseltier dans une tribune au vitriol de la Brookings Institution, également publiée dans le Washington Post. (ats/nxp)

Créé: 17.02.2016, 05h43

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49 Commentaires

Yann Burmann

17.02.2016, 07:30 Heures

Mais pourquoi tant de lignes dans cet article. Jean Pierre nous a résumé tout ça depuis longtemps : tout est prévu, tout est voulu depuis les USA. L'invasion de la Russie et de l'Iran sont planifiées et la IIIe Guerre mondiale agendée (à rajouter où vous voulez : OTAN, CIA, fantoche, laquais, FMI, propagande, salafiste...). Répondre


pierre piller

17.02.2016, 08:21 Heures

Amusant ce chercheur dont le seul reproche est le non interventionnisme. La seule chose à faire eut été de ne pas intervenir dans ce panier de crabes. On voit les magnifiques résultats dans toute cette région de la volonté d'amener des solutions occidentales dont personne, hormis "la coalition", ne veut. Irak, Syrie, Libye, que le chaos après le passage de cette coalition mais on continue... Répondre



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