Samedi 10 décembre 2016 | Dernière mise à jour 13:24

Epidémie Virus Zika: la lutte sera «un long chemin»

583 cas de microcéphalie au Brésil, 14 contaminations sexuelles aux USA: les bilans prennent de vitesse les efforts de lutte.

583 cas de microcéphalie confirmés au Brésil

Le bilan s'alourdit, au Brésil, où un total de 583 nourrissons ont été diagnostiqués depuis octobre 2015 de microcéphalie, malformation congénitale qui pourrait être liée au virus Zika. L'annonce émane du ministère brésilien de la Santé, qui comptabilise 120 décès dus à ces malformations.

Le Brésil, pays le plus touché par l'épidémie de Zika, enquête par ailleurs sur 4'107 autres cas suspects de microcéphalie, qui s'ajoutent aux 950 cas écartés et aux 583 confirmés, a précisé le ministère de la Santé.

Les dernières données qui dataient du 17 février faisaient état de 508 cas de microcéphalie (réduction de la taille de la boîte crânienne chez le bébé, néfaste au développement intellectuel) confirmés depuis octobre et de 3'935 cas considérés comme suspects.

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La lutte contre l'épidémie de Zika, qui s'étend en Amérique latine, sera «un long chemin», a prévenu mardi la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan. Le virus «est très compliqué, très tenace, très difficile», a-t-elle ajouté.

«Nous avons appris les leçons de la dengue et du chikungunya par le passé», a précisé Margaret Chan après une rencontre avec la présidente brésilienne Dilma Rousseff et plusieurs ministres. Margaret Chan est arrivée mardi au Brésil pour une visite de 48 heures, qui la mènera mercredi dans la ville de Recife (nord).

Le Brésil, pays le plus touché, compte déjà plus d'un million et demi de cas du virus Zika depuis 2015. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'attend à une propagation «explosive» en Amérique, avec 3 à 4 millions de cas cette année.

Urgence

Au début février, l'OMS avait estimé qu'un possible lien entre Zika et l'explosion des cas de microcéphalie, une grave malformation congénitale, devait être étudié et constituait donc «une urgence de santé publique de portée internationale».

Les experts sauront dans quelques semaines si le virus Zika est une cause de la microcéphalie et du syndrome Guillain-Barré (maladie neurologique qui peut entraîner une paralysie irréversible ou la mort), mais les essais cliniques à grande échelle de vaccins ne devraient pas démarrer avant 18 mois au moins, a récemment prévenu l'OMS.

Presque 70 ans après la découverte du virus Zika chez un singe en Ouganda, il n'existe pas de vaccin, ni de traitement spécifique ou de test de diagnostic rapide.

Voie sexuelle

Plus au nord, aux Etats-Unis, les autorités sanitaires ont indiqué mardi enquêter sur quatorze cas d'infection par le virus Zika chez des femmes, dont certaines sont enceintes, qui pourrait avoir été transmis par voie sexuelle. Pour deux de ces cas, il s'agit de femmes dont l'infection a été confirmée et qui n'avaient pas voyagé dans des pays où sévit l'épidémie de Zika, surtout en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.

Le seul facteur de risque connu reste une transmission par voie sexuelle avec leurs partenaires masculins qui, eux, s'étaient rendus dans ces zones, ont expliqué les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans un communiqué. Ces hommes sont actuellement testés pour déterminer s'ils ont été infectés par le virus Zika.

Pour quatre autres femmes, les résultats préliminaires des tests doivent encore être confirmés et pour huit autres, les examens sont en cours.

Symptômes chez les partenaires

Dans tous ces cas, les voyageurs étaient des hommes qui ont fait part du plus fort des symptômes de l'infection deux semaines avant leurs partenaires féminines.

Les CDC avaient déjà signalé il y a quelques semaines un cas de possible transmission par voie sexuelle du virus Zika au Texas (sud) chez une femme après que son partenaire ait voyagé au Venezuela.

Pour l'heure il n'existe pas d'exemple connu de femme ayant transmis ce virus par des rapports sexuels.

Même si l'infection par voie sexuelle pourrait être potentiellement plus fréquente, le principal mode de transmission du virus reste la piqure de moustique infecté, rappellent les CDC.

Persistance du virus chez l'homme

Compte tenu du risque d'infection par voie sexuelle, les CDC avaient recommandé le 5 février aux personnes de retour de pays où sévit le virus Zika d'utiliser des préservatifs ou de s'abstenir d'avoir des relations sexuelles.

Ces nouvelles recommandations visent particulièrement les femmes enceintes et leurs partenaires, ainsi que celles en âge de procréer.

Le virus Zika peut apparemment subsister longtemps dans l'appareil génital masculin après la disparition des symptômes. On a ainsi découvert ce pathogène dans le sperme d'un homme 62 jours après son infection dans les îles Cook en 2014, ont récemment indiqué des chercheurs britanniques. (ats/nxp)

(Créé: 24.02.2016, 02h03)

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