Mardi 27 septembre 2016 | Dernière mise à jour 10:09

Rituel La transmission des codes nucléaires reste secrète

La transmission des codes nucléaires entre les présidents fait partie des étapes de la passation du pouvoir. La procédure elle-même est entourée de mystère.

«Les deux présidents se passent les codes nucléaires, en présence du chef d’Etat-major particulier», lors de leur entretien à l’Elysée, résume un expert militaire.

«Les deux présidents se passent les codes nucléaires, en présence du chef d’Etat-major particulier», lors de leur entretien à l’Elysée, résume un expert militaire. Image: Reuters

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Si la fameuse "clé" que le chef de l’Etat était censé porter autour du cou appartient à la légende, les codes nucléaires que l’ex-président Nicolas Sarkozy a transmis mardi à son successeur, François Hollande, restent l’un des secrets les mieux gardés de la République.

"Les deux présidents se passent les codes nucléaires, en présence du chef d’Etat-major particulier", actuellement le général Benoît Puga, lors de leur entretien à l’Elysée, résume un expert militaire.

Mais la transmission approfondie des procédures a lieu ensuite lors d’une discussion entre le chef d’état-major et le nouveau chef de l’Etat, habituellement au PC Jupiter, le cœur du système de commandement, qui se trouve sous l’Elysée.

Pour le reste, "c’est le secret absolu". Le mystère qui entoure les codes nucléaires participe de la dissuasion, en France comme dans les autres pays qui disposent de l’arme nucléaire.

"Le président de la République n’est pas tout seul à avoir le code", et il n’y a pas un seul, mais plusieurs codes, en fonction des objectifs et de la nature de la réplique qui aurait été décidée, précise un connaisseur du dossier. Le système informatique permettrait également de modifier régulièrement ces codes.

Des systèmes d’identification, notamment biométriques, permettent également d’identifier le chef de l’Etat. Car "quelle que soit la personne qui recevrait l’ordre d’utiliser l’arme nucléaire, elle doit avoir confirmation que l’ordre vient bien de celui qui est habilité à le donner", c’est-à-dire le président de la République, souligne-t-on de même source.

Autre attribut de la dissuasion nucléaire : la mallette noire qui accompagne le chef de l’Etat dans tous ses déplacements. Mais, selon les experts, elle contient surtout un système de communication sécurisé qui permet de le joindre où qu’il se trouve.

La logique du dispositif est d’assurer "une continuité permanente de l’arme nucléaire", quel que soit l’endroit où se trouve le président de la République.

François Hollande a confirmé durant la campagne électorale qu’il conserverait une fois élu les deux composantes de la dissuasion, sous-marine et aérienne.

La dissuasion nucléaire française repose en effet sur quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, dont au moins un est systématiquement en mer. Et sur des avions de chasse - Rafale et Mirage 2000 -, également porteurs de charges nucléaires, actuellement basés à Istres (Bouches-du-Rhône) et Saint-Dizier (Haute-Marne), où ils sont en alerte permanente. (afp/nxp)

(Créé: 15.05.2012, 13h18)

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