Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 20:00

Syrie Le HCN pousse le régime à négocier de bonne foi

A Genève, les membres de l'opposition doutent de la sincérité des émissaires de Bachar el-Assad.

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La délégation du Haut comité des négociations (HCN) veut éviter que le régime syrien ne discute pas de bonne foi à Genève. Elle a cherché jeudi soir à obtenir des engagements de l'émissaire de l'ONU. Les négociations en cours avec le régime et l'opposition sont par ailleurs compliquées par la proclamation d'une région fédérale par les Kurdes syriens.

«Nous faisons ce que nous pouvons» pour priver le régime de la possibilité de discuter uniquement de questions procédurales, a affirmé devant la presse l'une des membres du Haut comité des négociations (HCN), Bassma Kodmani. «Quelqu'un devra dire bientôt» si le gouvernement est un partenaire et cette responsabilité revient à Staffan de Mistura, selon elle.

Le HCN a remis à l'émissaire un document écrit sur son avis sur la composition du gouvernement de transition. Il attend du gouvernement le même principe. Selon Mme Kodmani, M. de Mistura a assuré l'opposition que les pourparlers ne dureraient pas plus de six mois.

Le HCN a aussi condamné le décès d'une mère et de ses deux enfants dans un bombardement attribué au régime. Des victimes que l'émissaire de l'ONU a évoquées aussi. Si le nombre de tués a diminué depuis le début de la trêve, «nous devons rester vigilants», a-t-il affirmé.

Encore trop tôt

Pour M. de Mistura, il est prématuré de souligner les points de convergence entre les deux délégations. De même que d'évoquer une éventuelle force de maintien de la paix de l'ONU qui doit être de toute manière décidée par le Conseil de sécurité. En revanche, les principes généraux partagés par le régime et le HCN sont l'intégrité territoriale de la Syrie, le rejet du fédéralisme que les Kurdes du Nord ont décidé d'établir et le respect des minorités.

Le statut des groupes de Moscou-Le Caire-Astana, proche de la Russie, et de l'opposition intérieure que M. de Mistura doit rencontrer vendredi reste peu clair.

Fédération proclamée par les Kurdes

Les délicates négociations de Genève pour tenter de dessiner l'avenir politique du pays sont donc compliquées par la proclamation d'une région fédérale par les Kurdes syriens.

Opposition et régime de Damas, qu'un fossé abyssal sépare toujours après cinq ans de guerre, ont d'ailleurs rejeté unanimement la proclamation des Kurdes syriens. Damas a mis en garde contre «toute atteinte à l'unité du territoire et du peuple syrien», tandis que l'opposition mettait en garde contre «une aventure sans fondement légal».

Washington, qui soutient les forces kurdes syriennes, a également rejeté l'initiative. «Nous ne soutenons pas des zones autogérées et semi-autonomes à l'intérieur de la Syrie», a rappelé le porte-parole du département d'Etat John Kirby. «Une Syrie une, unie et non religieuse, voilà l'objectif», a-t-il ajouté.

En annonçant un système fédéral et l'union de trois «cantons» kurdes (Afrine, Kobané et Jaziré) et les régions récemment conquises dans le nord syrien au sein de leur zone d'«administration autonome», les Kurdes adressent un «message politique» aux négociateurs de Genève, selon Mutlu Civiroglu, un expert basé à Washington interrogé par l'AFP.

Retrait russe de Syrie

A Moscou, le président Vladimir Poutine a pour sa part marqué jeudi la fin d'une campagne militaire de près de six mois en Syrie en décorant les «héros» de retour de combat. Devant un parterre de près de 700 soldats et officiers de l'armée russe, M. Poutine a personnellement remis certaines des plus hautes distinctions d'État à une dizaine d'heureux élus allant du sergent au général.

«C'est vous, les soldats russes, qui avez ouvert la voie pour la paix» en Syrie, a lancé le président devant les veuves des quatre militaires tués au cours de la campagne de frappes aériennes entamée le 30 septembre, en soutien aux forces de Bachar el-Assad.

Le chef de l'État russe n'a pas fait preuve de triomphalisme, disant donner une chance à la paix mais prévenant que, si nécessaire, son armée peut se redéployer «en quelques heures» sur le sol syrien, où elle maintient des bases et ses systèmes de défense antiaérienne dernier cri, les S-400. (ats/nxp)

(Créé: 17.03.2016, 22h03)

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