Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 08:37

Germanwings Le contrôle médical des pilotes pourrait être renforcé

Les experts recommandent la rupture du secret médical en cas de problèmes psychologiques pour éviter un nouveau crash délibéré.

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«Des règles plus claires doivent être exigées pour savoir quand il est nécessaire de rompre le secret médical», a déclaré Arnaud Desjardins, enquêteur en charge de l'enquête, en présentant les recommandations du BEA pour éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise.

Ces recommandations n'ont pas de caractère obligatoire mais les rapports du BEA font autorité dans la communauté aéronautique.

«Plusieurs médecins privés avaient l'information (indiquant qu'Andreas Lubitz ndlr) était malade» et «cette information n'est pas parvenue aux autorités aéronautiques ni à l'employeur Germanwings», a-t-il ajouté.

La catastrophe avait fait 150 morts dont six membres d'équipage.

Le 24 mars 2015, Andreas Lubitz, copilote âgé de 28 ans du vol GWI18G Barcelone-Düsseldorf de Germanwings, filiale low-cost du groupe allemand Lufthansa, avait profité de l'absence provisoire du pilote dans la cabine pour engager la descente de l'Airbus une demi-heure après le décollage.

L'appareil s'était écrasé au bout de dix minutes dans le sud des Alpes françaises.

Dans son rapport final, le BEA émet des recommandations de sécurité «pour effectuer une analyse régulière des incapacités de vol, en particulier pour des problèmes psychologiques ou psychiatriques» des pilotes.

Il estime en particulier nécessaire de «définir des règles faisant obligation aux prestataires de soins de santé d'informer les autorités compétentes lorsque la santé d'un patient a de forts risques d'affecter la sécurité publique».

Autre recommandation de sécurité du BEA: «Que les conditions de suivi des pilotes avec des antécédents de troubles psychologiques soient définies (avec précision, ndlr) quand ils sont déclarés aptes à voler».

Le BEA insiste aussi sur la nécessité d'accompagner ces recommandations par des mesures d'accompagnement afin de prendre en compte une éventuelle «réticence des pilotes à déclarer leur problèmes et à solliciter une assistance médicale par crainte de perdre leur licence».

Dans le rapport, le BEA ne recommande pas de modifications au système actuel en vigueur depuis les attentats du 11 septembre qui prévoit qu'une fois verrouillée depuis la cabine, la porte du cockpit ne peut pas être ouverte de l'extérieur. «Il n'y aucun changement de conception (du verrouillage) de la porte qui vise à protéger le cockpit de l'intrusion qui vient dans la cabine», a déclaré Rémy Jouty directeur du BEA, en soulignant que «le risque terroriste est toujours là».

Le BEA ne mentionne pas non plus la présence obligatoire d'une deuxième personne en permanence dans le cockpit, comme le préconise l'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA).

Très largement appliquée par les compagnies européennes, à titre volontaire, depuis le crash, cette mesure ne fait pas l'unanimité. Le syndicat allemand des pilotes estime qu'elle comporte des «risques» qui «pèsent plus lourds que les gains de sécurité présumés».

Pour les enquêteurs, cette catastrophe aérienne est une première.

Selon son dossier médical, Andreas Lubitz souffrait de dépression, mais les «restrictions spéciales» qui lui étaient imposées ne lui interdisaient pas de piloter un avion de ligne.

Les 150 victimes de la catastrophe de Germanwings étaient originaires d'une vingtaine de pays, notamment d'Allemagne (72 morts) et d'Espagne (50 morts).

A l'occasion du premier anniversaire du crash, une majorité de leurs familles doivent être réunies le 23 mars pour une cérémonie à Marseille avant de se rendre le lendemain sur les lieux du crash.

Christof Wellens, un avocat allemand de proches des victimes, a annoncé début mars vouloir porter plainte aux Etats-Unis contre l'école de pilotage de Lufthansa près de Phoenix (Arizona), où a été formé Andreas Lubitz. (afp/nxp)

(Créé: 13.03.2016, 11h11)

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