Les appels se multiplient pour renvoyer le dossier syrien à l'ONU
Répression
—
Articles en relation
La controverse incite certains pays à vouloir revenir devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour mettre fin à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.
Le Premier ministre du Qatar a évoqué mercredi avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon «les moyens concrets par lesquels l’ONU pourrait soutenir la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie», selon un porte-parole de l’organisation internationale.
«Nous sommes ici pour demander une aide technique et pour nous informer de l’expérience de l’ONU, car c’est la première fois que la Ligue arabe envoie des observateurs et il y a certaines erreurs», a déclaré cheikh Hamad ben Jassem Al Thani à l’agence de presse koweïtienne Kuna.
Le cheikh Hamad a ajouté que l’organisation panarabe devait envisager l’interruption de la mission d’observation. Le chef du gouvernement qatari préside le comité ministériel de la Ligue arabe sur la Syrie.
Mais le représentant d’un Etat membre ayant requis l’anonymat a affirmé qu’il était «impossible que la Ligue arabe rappelle ses observateurs, quel que soit le contenu de (leurs) rapports».
La mission est chargée de surveiller l’application d’un plan de sortie de crise de la Ligue. Le plan prévoit l’arrêt des violences, le retrait de l’armée des villes et la libération des manifestants arrêtés.
Peur d’un précédent
Le comité de la Ligue chargé de la Syrie doit se réunir dimanche au Caire pour examiner les premières conclusions des observateurs. Ceux-ci sont chargés de veiller à la mise en oeuvre du plan de paix accepté en novembre par Damas.
Le comité réunit les ministres des Affaires étrangères égyptien, soudanais, qatari, omanais et algérien. Mais d’autres Etats membres pourraient assister dimanche à la réunion du Caire et réclamer la convocation le jour-même d’une séance plénière extraordinaire.
Soudan, Jordanie, Egypte et Algérie, qui craignent qu’un échec n’entraîne une intervention occidentale, ne sont pas favorables à la fin prématurée de la mission, dit-on de source proche de l’organisation. «Ils ont peur que cela ne crée un précédent qui pourrait se répéter dans leurs pays», a-t-on souligné.
Internationaliser la crise
Les opposants et les militants syriens ont pour leur part dénoncé le «manque de professionnalisme» des observateurs arabes dépêchés pour tenter de faire cesser les violences, ainsi que «les moyens détournés dont use le régime pour entraver» leur travail.
Selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent la mobilisation sur le terrain, 390 personnes ont été tuées depuis le début de la mission des observateurs le 26 décembre.
Les militants pro-démocratie ont également appelé à manifester vendredi sous le slogan: «Nous demandons une internationalisation» de la crise syrienne.
«Tout le monde est conscient des dangers qui menacent notre révolution. Nous n’allons pas abdiquer. Nous sortirons (dans les rues) avec notre revendication légitime pour une internationalisation de notre cause» par le biais d’un transfert à l’ONU, ont-ils affirmé sur la page Facebook «Syrian Revolution 2011».
Détenus libérés
Sur le terrain, l’intervention des forces de sécurité contre les manifestants pro-démocratie a fait jeudi au moins cinq morts à Homs et à Deir ez Zor, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Dans le même temps, les autorités syriennes ont annoncé avoir libéré 552 détenus «impliqués» dans le soulèvement populaire, mais n’ayant «pas de sang sur les mains», selon l’agence officielle Sana. Il s’agit du deuxième groupe de détenus libérés depuis le début de la mission des observateurs.
Selon une estimation de l’ONU, les violences en Syrie ont fait plus de 5000 morts depuis le début de la révolte à la mi-mars. (AFP/Newsnet)
Créé: 05.01.2012, 18h17
Publier un nouveau commentaire
Caractères restants:


Veuilliez attendre s'il vous plaît 





