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Océans Les méduses risquent de remplacer les poissons

L’alerte aux méduses a été lancée cet été de la France à la Grande-Bretagne, où des individus de 35 kg ont été trouvés sur les plages du comté de Dorset.

Les scientifiques étudient de près les méduses, ici dans la mer du Japon.

Les scientifiques étudient de près les méduses, ici dans la mer du Japon. Image: AFP

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Ces bêtes sèment déjà la pagaille dans tous les océans. Par exemple, des pêcheurs japonais et coréens ont dû cesser leurs activités dans certaines régions en raison du surnombre de méduses de 200 kilos qui les empêchent d’approcher les bancs de poissons.

Selon les scientifiques, la présence inhabituelle de ces animaux s’explique par l’afflux de plancton dans certaines zones, favorisé par l’augmentation des températures et la surpêche. «La pêche industrielle décime les prédateurs, et surtout les concurrents des méduses comme les anchois, sardines, maquereaux, notamment, explique Robert Calcagno, directeur de l’Institut océanographique de Monaco. La raréfaction de ces espèces permet au plancton de s’accroître et les méduses prolifèrent grâce à l’abondance de cette nourriture.»

Auparavant, les méduses demeuraient trois ou quatre ans en Méditerranée et ensuite pendant huit ou neuf ans elles disparaissaient complètement. «Mais ce cycle a commencé à se dégrader et depuis 2000 on n’a plu connu une seule année sans méduses», précise le spécialiste.

Un millier d’espèces

Il existe plus d’un millier de sortes de méduses, certaines sécrétant un venin mortel, et se débarrasser de ces bêtes est quasi impossible. Une des espèces qui vit en Extrême-Orient pond 100 000 œufs par jour. Une autre explose quand elle arrive à maturité et chaque partie de son corps donne naissance à une petite méduse qui deviendra à son tour grande. Quant aux millions de sacs plastiques qui flottent dans les océans, ils permettent aux œufs de méduse de s’y accrocher et grandir tranquillement.

Les scientifiques redoutent le pire, «les méduses qui peuplaient majoritairement les mers il y a des millions d’années ont laissé la place aux poissons. Mais ces derniers temps elles reviennent et on risque de les voir redevenir les principaux hôtes des mers et des océans», avance Shin-ichi Uye, un biologiste marin de l’Université d’Hiroshima. Et contrairement aux poissons, seules quelques rares espèces de méduses sont comestibles et peu nourrissantes.   (Le Matin)

(Créé: 30.07.2014, 13h06)

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