Dimanche 25 septembre 2016 | Dernière mise à jour 15:38

Syrie Les pourparlers de paix s'annoncent difficiles

Les positions du gouvernement syrien et de l'opposition laissent peu de place à un possible règlement à Genève.

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Des négociations de paix syriennes s'ouvrent lundi à Genève, mais elles s'annoncent ardues. Le régime et les insurgés ne semblent en effet guère prêts au moindre compromis sur une question au coeur du conflit qui fait rage depuis cinq ans: l'avenir de Bachar el-Assad.

Les pourparlers indirects, organisés sous l'égide de l'ONU avec le soutien des Etats-Unis et de la Russie, constituent toutefois la vraie première tentative diplomatique de mettre fin au conflit depuis que Moscou a lancé en septembre sa campagne de frappes aériennes dans le pays. L'intervention russe a eu pour effet de remettre les forces gouvernementales en selle sur le champ de bataille.

Au moment où le conflit syrien devrait entrer cette semaine dans sa sixième année, les Etats occidentaux semblent plus déterminés qu'auparavant à mettre un terme à une guerre qui a conduit des centaines de milliers de réfugiés à fuir vers l'Europe tout en donnant lieu à la montée en puissance du groupe l'Etat islamique.

La trêve tient

Si la récente coopération entre les Etats-Unis et la Russie a permis à la fois de diminuer le niveau de violence ces dernières semaines, à la faveur notamment d'un accord de cessation des hostilités entré en vigueur le 27 février, et d'ouvrir la voie aux discussions prévues à Genève, les positions du gouvernement et de l'opposition semblent laisser peu de place à un règlement négocié.

Preuve que le gouvernement syrien se voit en position de force, le ministre des affaires étrangères Walid al Moualem a souligné samedi que l'opposition se faisait des «illusions» si elle pensait pouvoir mettre sur la table à Genève l'avenir du président Assad.

Le haut conseil des négociations (HCN), principale coalition de l'opposition, a aussitôt accusé Damas de torpiller les discussions avant même qu'elles ne commencent.

Pas d'ordre du jour

A Genève, l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré dimanche soir qu'il n'y avait pas encore d'accord sur l'ordre du jour, après avoir rencontré les délégations de l'opposition et du régime lors de «réunions informelles».

L'opposition a elle affirmé qu'elle n'était pas venue à Genève dans l'intention de se retirer des discussions.

«Nous sommes venus pour discuter d'une solution politique visant à mettre un terme aux souffrances du peuple syrien et nous espérons que l'autre partie (le régime de Damas, ndlr) sera aussi sérieuse que nous», a déclaré à la presse Salem al-Meslet, porte-parole de la délégation du Haut comité des négociations (HCN), rassemblant les groupes clés de l'opposition.

A la fin janvier et au début février, des précédents pourparlers de paix convoqués par l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura avaient tourné court. L'opposition les avait rompues après une offensive concomitante du régime avec l'appui de l'armée russe dans le nord de la Syrie.

Avenir

Les négociations de Genève qui débutent lundi doivent aborder pour la première fois de manière concrète l'avenir du pays.

«Nous espérons que les négociations commenceront demain avec des discussions sur l'organe de transition, qui aura tous les pouvoirs y compris ceux du président de la République», a dit Salem al-Meslet.

Le régime a aussi une tout autre interprétation que celle de l'opposition sur l'autorité transitoire. Pour lui, il s'agit d'un simple remaniement ministériel avec un «gouvernement d'unité», c'est-à-dire élargi à des opposants mais toujours placé sous l'autorité de Bachar el-Assad comme le prévoit la Constitution actuelle.

Ce nouveau gouvernement, selon le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, désignera un comité pour «rédiger une nouvelle constitution ou amender l'actuelle». Le texte sera ensuite soumis à référendum.

Agenda irréaliste ?

Pour Joshua Landis, directeur des études sur le Moyen-Orient de l'Université d'Oklahoma, l'agenda établi par l'ONU pour Genève «n'est pas réaliste, car (le président Bachar) al-Assad est plus fort que jamais et ne va pas quitter son poste».

Même en cas d'accord entre rebelles et régime à Genève, les combats risquent de se poursuivre en Syrie alors que les djihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique (EI) contrôlent plus de la moitié du territoire et sont exclus de la trêve en vigueur. (ATS / AFP/nxp)

(Créé: 14.03.2016, 05h54)

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