ACCUEIL 23.11.2014 Mis à jour à 11h32

Merah, «un monstre rempli de haine», dit son frère

Témoignage

L'un des frères de Mohamed Merah s'est confié mardi dans la presse française. Il raconte sa honte et reproche à son père son attitude combative.

Mis à jour le 19.06.2012
«Je ne demande pas pardon, parce que ce qu’a fait mon frère Mohamed est impardonnable», témoigne ce mardi Abdelghani Merah.

«Je ne demande pas pardon, parce que ce qu’a fait mon frère Mohamed est impardonnable», témoigne ce mardi Abdelghani Merah.
Image: Keystone

Articles en relation

Partager & Commenter

Mots-clés

L’un des frères de Mohamed Merah est sorti de son silence sur lepoint.fr pour réprouver les crimes du "monstre rempli de haine" qu’est devenu son benjamin en s’en prenant vivement à leur père et tendre la main aux familles des victimes.

Abdelghani Merah a aussi des mots très durs contre leur père, Mohamed Benalel Merah, qui a déposé le 11 juin une plainte pour le meurtre de Mohamed Merah.

"L’attitude de mon père est totalement indécente, sa plainte est extravagante", dit Abdelghani Merah dans cet entretien publié mardi.

"On dit qu’il cherche à établir des responsabilités dans la mort de son fils. Mais le premier responsable de cette horreur, c’est lui. Quand il parle, je me dis: mais faites-le taire", ajoute-t-il.

"C’est une honte totale. Son combat n’est pas le mien. Il devrait s’interroger sur ses propres erreurs qui ont abouti à faire de son fils un monstre rempli de haine", dit-il. "Où était-il durant toutes ces années où nous avions besoin de lui ? Et quand son fils était retranché dans son appartement, a-t-il proposé de venir négocier sa reddition ?", dit-il.

Condoléances aux familles

Il explique avoir voulu parler parce qu’il a été touché qu’Albert Chennouf, père d’un des parachutistes tués le 15 mars à Montauban, n’a pas exprimé de haine malgré la douleur.

"J’aurais aimé avoir un père de cette envergure. Il est à la recherche de la vérité, je l’aiderai comme j’aiderai toutes les familles à faire la lumière sur cette tragédie qui aurait pu être évitée", dit Abdelghani Merah.

Il ne s’étend pas sur la manière dont on aurait pu, selon lui, empêcher Mohamed Merah d’exécuter froidement trois parachutistes, trois enfants juifs et un père entre le 11 et le 19 mars, sinon pour dire que "les alertes n’ont pas fonctionné".

"Aujourd’hui, je voulais simplement présenter mes condoléances aux familles des victimes. Je ne demande pas pardon, parce que ce qu’a fait mon frère Mohamed est impardonnable. Il a commis des crimes racistes, c’est un Anders Breivik français", l’extrémiste de droite jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège.

Mohamed Merah était le dernier d’une fratrie de cinq enfants, que leur père a laissés en France avec leur mère pour retourner en Algérie. Un autre frère, Abdelkader, est mis en examen pour complicité d’assassinats et écroué.

(afp/Newsnet)

Créé: 19.06.2012, 13h47