ACCUEIL 27.5.2016 Mis à jour à 00h00

Mère de Satan, l'explosif préféré de Daech

Chimie

Simple à fabriquer à partir de produits de pharmacie, cet explosif a été employé en Syrie comme au Bataclan ou à Bruxelles.

Mis à jour le 24.03.2016 18 Commentaires
Des enquêteurs, à l'aéroport de Bruxelles. (Image - 22 mars 2016)

Des enquêteurs, à l'aéroport de Bruxelles. (Image - 22 mars 2016)

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

C'est une poudre blanche, discrète, facile à fabriquer, mortelle. A Bruxelles mardi, comme au Bataclan à Paris ou sur les champs de bataille syriens, le TATP, surnommé dans les milieux djihadistes «la mère de Satan», s'avère être un explosif de choix pour l'Etat islamique.

«Quinze kilogrammes d'explosif de type TATP, 150 litres d'acétone, 30 litres d'eau oxygénée, des détonateurs, une valise remplie de clous et de vis» ont été trouvés dans un appartement des kamikazes de Bruxelles, a révélé mercredi le procureur fédéral belge.

Découvert à la fin du XIXe siècle par un chimiste allemand, le peroxyde d'acétone (en anglais TATP: triacétone triperoxide) est un explosif artisanal obtenu en mélangeant, dans des proportions précises, de l'acétone, de l'eau oxygénée et un acide (sulfurique, chlorhydrique ou nitrique). Tous ces produits sont faciles à trouver dans le commerce.

Production quasi industrielle

On obtient alors une poudre constituée de cristaux blancs, ressemblant à un sucre grossier, qu'un détonateur simple suffit à faire exploser, dans une déflagration produisant un terrible dégagement de gaz brûlants.

Ces dernières années, en Irak et en Syrie, les laboratoires, d'abord sommaires puis quasi industriels, de TATP et d'autres matières explosives artisanales se sont multipliés.

Dans un rapport publié en février, l'ONG Conflict Armament Research a mis à jour, après une enquête de vingt mois, un réseau de 51 sociétés, basées dans vingt pays, dont la Turquie, la Russie mais aussi la Belgique et les Etats-Unis, ayant fourni au groupe Etat islamique les composants nécessaires à la fabrication semi-industrielle d'explosifs artisanaux.

Recette de cuisine

«Contrairement à ce que l'on dit parfois, regarder un tutoriel sur Internet ne suffit pas», assure à l'AFP Eric, un ancien officier du génie, spécialiste des explosifs, qui demande à ne pas être davantage identifié. «Il faut quand même que quelqu'un vous ait montré une fois son élaboration. Mais des instructeurs, les gars de l'Etat islamique n'en manquent pas, en Syrie et en Irak. Puis cela se diffuse de cours pratique en cours pratique. Quand on vous a montré, vous pouvez effectivement le faire dans votre cuisine».

La partie la plus délicate est l'ajout d'acide au mélange d'acétone et d'eau oxygénée, qui dégage de la chaleur, de fortes émanations et peut s'enflammer, mais un opérateur soigneux, protégé par un simple masque, peut y parvenir sans peine.

Détonateur

C'est de TATP qu'étaient constituées les ceintures explosives des kamikazes du 13 novembre à Paris, comme, selon les premières présomptions, les gilets et bombes que les djihadistes ont fait sauter mardi dans l'aéroport et le métro de Bruxelles, faisant au moins 31 morts et 300 blessés, dont beaucoup souffrent de graves brûlures.

Pour provoquer l'explosion du TATP, un détonateur est nécessaire. Il peut être fabriqué, à l'aide d'un fin tube métallique rempli de pâte et relié à deux fils électriques qui, mis en contact, vont provoquer un arc électrique puis une flamme. Plus simplement, ils peuvent être achetés dans le commerce.

Petits achats

C'est ce qu'a fait Salah Abdelslam, l'un des djihadistes du 13 novembre, arrêté le 18 mars à Bruxelles. Après avoir laissé photocopier son permis de conduire, il avait acheté une dizaine de détonateurs pyrotechniques chez un vendeur de matériel pour feux d'artifice de la région parisienne, sans éveiller le moindre soupçon.

«Le principal problème que nous pose le TATP», confie à l'AFP un membre des services français antiterroristes, qui demande à rester anonyme, «c'est la disponibilité des ingrédients. On peut surveiller les ventes d'eau oxygénée, d'ailleurs on le fait bien sûr, mais si les gars sont assez malins pour faire vingt pharmacies et acheter de petites quantités, cela passe. C'est pareil pour l'acétone et l'acide...»

«Lors d'un stage, on a passé l'après-midi à fabriquer des explosifs artisanaux, notamment du TATP, ensuite testés. C'est d'une facilité déconcertante. Uniquement avec des produits achetés» dans des magasins de bricolage. «En une demi-heure, on avait fabriqué l'explosif. Une demi-heure après on le faisait péter. Et cela a explosé fort», dit-il. (ats/nxp)

Créé: 24.03.2016, 07h20

18

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Publicité

18 Commentaires

Stéphane Béard

24.03.2016, 07:43 Heures

Merci pour les infos... même si elles sont accessibles à tous, vous avez donné des idées... pas très malin! Répondre


Mike Shiva

24.03.2016, 07:43 Heures

Vous ne voulez pas encore donner la recette avec les proportions exactes ??? Ça serait plus simple pour les terroristes en herbe qui lisent ce forum... Répondre



Sondage

Les salaires à plus d'un million des grands patrons sont-ils justifiés?




Sondage

Irez-vous voir les films primés au dernier Festival de Cannes?




Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Jetons

Services
  • Pratique et économique, commandez vos jetons