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«Moi, la mort, je l'aime comme vous vous aimez la vie»

Tueur au scooter

Pour la première fois, des extraits audio des discussions entre Mohamed Merah et la police sont diffusés à la TV. Regardez le reportage.

Mis à jour le 08.07.2012

Reprise de Youtube


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Les proches des victimes de Mohamed Merah, «scandalisés», vont saisir la justice en urgence pour obtenir l'interdiction de la diffusion sur internet des enregistrements des conversations entre le tueur au scooter et la police, a annoncé l'un de leurs avocats. «Les victimes sont scandalisées d'apprendre le contenu de ces négociations à la télévision. A ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la toile et l'atteinte sera alors irrémédiable», a dit Me Samia Maktouf.

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De sa détermination à poursuivre dans sa folie meurtrière et de son absence totale de remords, Mohamed Merah n'a rien caché durant les 32 heures du siège de son appartement toulousain, selon les extraits des négociations diffusées dimanche par TF1.

Derrière la pointe d'accent méridional du «tueur au scooter» qui a froidement abattu sept personnes les dix jours précédents, le ton est calme, posé, déterminé. Amusé même quand il explique qu'il ne peut faire cuire son repas, son micro-ondes étant criblé de balles. Il s'exprime clairement, malgré quelques tics de langage («T'as vu», «voilà»).

Après l'échec de l'assaut initial du Raid, le 21 mars vers 3 heures, le contact s'établit.

«Je suis quelqu'un de déterminé, je n'ai pas fait ça pour me laisser faire attraper, t'as vu. Là, on négocie tu vois, on est en train de négocier, après, en dehors des négociations, n'oublie pas que j'ai les armes à la main, je sais ce qui va se passer, je sais comment vous opérez pour intervenir», dit-il au négociateur, selon cet enregistrement diffusé pour la première fois dans l'émission «Sept à Huit».

Contacts avec Al Qaïda

«Je sais que vous risquez de m'abattre, c'est un risque que je prends. Donc voilà, sachez qu'en face de vous, vous avez un homme qui n'a pas peur de la mort, moi la mort, je l'aime comme vous vous aimez la vie.»

Dans ces quatre heures et demi d'échanges que la chaîne assure détenir, Merah raconte ses contacts avec Al Qaïda, décrit les actions qu'il envisageait ou le style de vie «fashion» qu'il avait adopté: «ça fait partie de la ruse, tu vois.» Car «la guerre est une ruse».

Ce négociateur, «Hassan», est l'agent de la DCRI qui l'a rencontré de retour de son voyage au Pakistan quelques mois auparavant. Il lui explique les assassinats de trois parachutistes à Toulouse et Montauban puis de trois enfants et d'un père de famille juifs.

«Mon but dans ces attentats, c'était de tuer en priorité des militaires parce que ces militaires-là sont engagés en Afghanistan, et tous leurs alliés t'as vu, que ce soit de la police, de la gendarmerie, de la police nationale, de tout», dit-il.

Raté une cible

Il raconte comment ayant raté une cible, un autre militaire, il s'est rabattu sur l'école juive Ozar Hatorah. Il dit: «J'ai repris le scooter et je suis passé comme ça, ce n'était pas prémédité, enfin si, je comptais le faire, t'as vu, mais le matin en me réveillant c'était pas mon objectif.»

Merah raconte ses périples en Afghanistan et au Pakistan, où il assure avoir rencontré les hommes d'Al Qaïda. «Tu crois que je vais faire du tourisme au Pakistan et en Afghanistan? Qui t'as vu faire du tourisme dans ces pays-là ?», ironise-t-il dans sa discussion avec «Hassan».

«J'ai fait plusieurs pays afin de trouver les frères. Quand je les ai trouvés, c'est quand j'ai été au Pakistan. Je les ai pas trouvés avant tous les autres pays que j'avais faits, l'Afghanistan non plus, je les avais pas trouvés. Je les ai trouvés au Pakistan», ajoute-t-il.

Merah expliquera qu'il était prêt à de nouveaux carnages. Il savait qu'un jour «ça allait être vraiment chaud pour moi, qu'il y allait avoir des barrages, tout ça.» Alors, «j'aurais tout fait au culot, je serais entré dans les commissariats, j'aurais abattu le policier qui est à l'accueil, j'aurais abattu des gens dans la rue, des gendarmes qui circulent en voiture, aux feux rouges, j'aurais mis des guet-apens.»

«J'allais faire tout au hasard et sans aucune préparation», ajoute-t-il. Dans la nuit du 21 au 22 mars, Merah dit qu'il ne se rendra pas. Les négociateurs ne lui permettent pas de parler à sa mère. il mourra dans l'assaut du Raid douze heures plus tard. (afp/Newsnet)

Créé: 08.07.2012, 18h59

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