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Un ado migrant tue son éducatrice, le pays secoué

Suède

De vives tensions se font sentir, après le meurtre d'une jeune femme par un réfugié non accompagné.

Mis à jour le 31.01.2016 19 Commentaires

1/96 Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)
Image: Marina Militare/Reuters

   

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Une horde de hooligans pourchassant des migrants au cœur de Stockholm: la scène de vendredi soir reste exceptionnelle, mais traduit une réelle poussée de fièvre en Suède après le meurtre d'une éducatrice par un jeune demandeur d'asile.

Entre 50 et 100 hommes, masqués ou encagoulés, ont passé à tabac «des personnes d'apparence étrangère» et distribué un tract appelant à infliger aux «enfants des rues nord-africains le châtiment qu'ils méritent».

La police a rapidement mis en fuite les agresseurs, mais les images de la ratonnade ont bouleversé les consciences dans cette vieille nation luthérienne qui, au nom d'un humanisme universel désormais contesté, se pose en refuge pour les réprouvés.

La presse s'interroge

«Que se passe-t-il en Suède?», s'interrogeait dimanche le quotidien Expressen en égrenant les incidents - foyers incendiés, crispations communautaires, dérive de jeunes migrants - qui vont croissant autour des réfugiés.

De gauche comme de droite, la presse fait porter le chapeau de la crise au Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven - au plus bas dans les sondages -, lui reprochant d'avoir minimisé les défis à venir.

«Ceux qui ont osé discuter du lien entre le nombre d'arrivants et la capacité à bien les accueillir et à les intégrer, ont été accusés de noircir le tableau et de faire le jeu de l'extrême droite», prévenait dès l'automne le Svenska Dagbladet.

Poignardée par un ado de 15 ans

Dans un éditorial en date du 26 janvier, le journal de centre-droit a plaidé pour l'expulsion des délinquants étrangers, une proposition qui donne la mesure du choc provoqué par le meurtre d'Alexandra Mezher, la veille.

La jeune femme de 22 ans a été poignardée par un garçon de 15 ans dans un foyer pour mineurs non accompagnés où elle travaillait seule à Mölndal, une commune de la banlieue de Göteborg, dans le sud-ouest du pays, débordée par l'afflux de migrants.

«Nous n'aurions jamais cru cela possible en Suède. Nous tenons le gouvernement et le Premier ministre suédois pour responsables», a accusé l'oncle de la victime, elle-même issue de l'immigration libanaise, dans un entretien à l'AFP.

Stefan Löfven s'est aussitôt rendu sur place, mais sa réaction a stupéfié les commentateurs. «Il n'y a pas de solution simple», a-t-il lancé. Pour le quotidien de référence Dagens Nyheter, «Löfven n'a rien à dire».

Expulsions massives

Le gouvernement a annoncé dans la semaine qu'il voulait mieux faire appliquer les expulsions de demandeurs d'asile déboutés, estimés au minimum à 60'000 au titre de 2015.

Entre 2014 et 2015, la Suède, qui compte plus de 20% de résidents d'origine étrangère, a accueilli 250'000 migrants, plus que tout autre pays de l'Union européenne par habitant.

Modèle mis à rude épreuve

Largement tari depuis le rétablissement provisoire des contrôles aux frontières du pays en novembre, cet afflux met à rude épreuve le «modèle suédois» déjà vacillant: pénurie de logements, d'enseignants et de personnel de santé, fermeture de foyers du troisième âge, creusement des inégalités au rythme le plus élevé de l'OCDE.

Aggravé par la crise migratoire, ce délitement de l'Etat-providence donne au royaume scandinave des airs de paradis perdu et alimente l'exaspération des plus fragiles.

«Le pays a beaucoup changé. C'était un endroit paisible alors qu'actuellement on n'entend que des histoires de violences et d'agressions», regrette Eva, une retraitée de Borås, ancienne capitale suédoise du textile où vivait Alexandra Mezher.

Boulevard pour la droite

Obsédée par «l'image que se donne la Suède de grande puissance morale» sur la scène internationale, «la gauche a oublié le récit national et du coup laisse un boulevard aux Démocrates de Suède», formation d'extrême droite représentée au Parlement, analyse pour l'AFP l'historien Lars Trägårdh.

Le parti a officiellement pris ses distances avec les groupuscules racistes et violents, très actifs dans les années 1990, lorsque la Suède a ouvert ses portes aux réfugiés des Balkans et dont les autorités craignent aujourd'hui le réveil.

Les services de sécurité (Säpo) les soupçonnent de recruter parmi les supporters «ultras» des clubs de foot, mis en cause dans l'enquête sur la chasse aux migrants.

Le site internet Nordfront, vitrine du mouvement néo-nazi SMR, a confirmé la participation ce soir-là d'une «centaine de hooligans» des clubs AIK et Djurgården. Et lors d'un rassemblement anti-migrants samedi à Stockholm, plusieurs manifestants arboraient les armes de leur club. (afp/nxp)

Créé: 31.01.2016, 16h54

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19 Commentaires

Henri Philippe

01.02.2016, 09:58 Heures

Et moi qui croyait que ce ne sont que des médecins et des ingénieurs qui viennent, pour payer nos retraites.... Répondre


Debrab Chris

31.01.2016, 17:08 Heures

"Le pays a beaucoup changé. C'était un endroit paisible alors qu'actuellement on n'entend que des histoires de violences et d'agressions» C'est aussi mon impression quand je m'attarde à Lausanne ou Genève. Répondre



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