Lundi 29 août 2016 | Dernière mise à jour 05:39

Crise politique Un gouvernement de transition verra le jour en Haïti

Aucun président n'a été élu, alors que le mandat de Michel Martelly s'achève.

Michel Martelly, ici à Port-au-Prince le 5 février, n'a pas encore de successeur.

Michel Martelly, ici à Port-au-Prince le 5 février, n'a pas encore de successeur. Image: AFP

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Le mandat du président haïtien, Michel Martelly, s'est achevé samedi. Les présidents des deux chambres du Parlement ont signé un accord prévoyant l'installation d'un gouvernement transitoire dans l'attente du prochain scrutin.

«Cela n'a pas été facile mais, comme je l'avais dit, je n'aurais pas laissé ce pays aller vers l'incertitude. Nous avons travaillé sans relâche ces trois dernières semaines», a déclaré Michel Martelly lors de la cérémonie officielle de signature du document.

«Malgré cet accord, il faudra rester vigilant parce qu'il faudra prendre en compte le fait que certains ne se retrouveront pas dans cette convention. Pour cela, je demande aux responsables de faire tous leurs efforts pour tenir Haïti dans la stabilité», a-t-il poursuivi.

Aucune date

Signé quelques heures seulement avant la fin du mandat du président, le document de quatre pages signale l'élection par le Parlement d'un président provisoire, avec un mandat d'une durée maximale de 120 jours.

«Nous allons tenir dimanche matin une séance en Assemblée nationale pour prendre acte de la fin du mandat du président et demander au Premier ministre et au gouvernement de rester en poste pour liquider les affaires courantes», a expliqué Jocelerme Privert, le président du Sénat. «L'élection du président intérimaire n'aura lieu que plus tard» a-t-il confié sans fournir de date pour ce vote parlementaire.

«La situation, en Haïti, est exceptionnelle et elle requérait une solution exceptionnelle», a indiqué Ronald Sanders, le chef de mission spéciale de l'Organisation des Etats américains (OEA). «Nous sommes heureux que l'ensemble des acteurs se soient engagés en faveur de la démocratie, la paix et la stabilité dans ce contexte de vide constitutionnel créé par l'absence d'un Président élu pour remplacer M. Martelly».

Financer les scrutins

L'accord politique signé entre les pouvoirs exécutif et législatif indique la tenue du second tour de la présidentielle le 24 avril, et le nouveau Président serait installé le 14 mai. Mais le président du Sénat rappelle qu'il ne s'agit là que d'une proposition de calendrier: «Il appartient au conseil électoral d'établir un agenda électoral», a précisé Jocelerme Privert.

Evitant un vide du pouvoir, Haïti est désormais confrontée à la nécessité d'un accord parlementaire sur la nomination d'un chef de l'Etat et d'un Premier ministre intérimaires. La composition d'un nouveau Conseil électoral provisoire, suite aux démissions successives de six de ses neufs membres, ne va pas non plus manquer d'alimenter les débats au sein de la classe politique.

Le pays le plus pauvre de la Caraïbe doit finalement aussi réussir à trouver l'argent pour l'organisation des scrutins à venir. Le processus électoral, encore inachevé, a déjà coûté 100 millions de dollars (99 millions de francs au cours actuel), majoritairement financés par la communauté internationale.

Homme lapidé

Après le premier tour des élections tenu le 25 octobre, «une farce ridicule» selon le candidat Jude Célestin, le deuxième tour qui devait l'opposer le 27 décembre au candidat du pouvoir Jovenel Moïse a été reporté dans un premier temps au 24 janvier, avant d'être à nouveau reporté sine die.

Sur le terrain, la tension est montée d'un cran vendredi où des bandes d'anciens militaires circulaient dans les rues de la capitale tandis qu'un homme a été lapidé par la foule. Selon des journalistes de l'agence de presse Reuters, la foule a attaqué un individu qui portait des vêtements de style militaire, l'accusant de faire partie de l'armée. Très impopulaire, elle a été dissoute en 1995.

«Nous sommes prêts à combattre les anciens militaires, ils nous ont tués en 2004. Nous ne laisserons jamais cela se reproduire», a déclaré un manifestant de l'opposition, Wesner Morin, dans la bidonville de Bel Aire. (ats/nxp)

(Créé: 06.02.2016, 23h57)

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