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Une intervention militaire en Libye angoisse Tunis

Suisse - Tunisie

Invité par la DDC, le président de l'Ordre national des avocats de Tunisie sera à Berne ce mercredi. Les bruits de bottes l’inquiètent.

Mis à jour le 16.02.2016 2 Commentaires
Lauréat du Prix Nobel de la Paix 2015, Mohamed Fadhel Mahfoudh sera à Berne ce mercredi, à l'invitation de la DDC.

Lauréat du Prix Nobel de la Paix 2015, Mohamed Fadhel Mahfoudh sera à Berne ce mercredi, à l'invitation de la DDC.
Image: AFP

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La Tunisie s'inquiète d'une éventuelle intervention militaire internationale en Libye, affirme le président de l'Ordre national des avocats de Tunisie. Mohamed Fadhel Mahfoudh sera à Berne ce mercredi, à l'invitation de la DDC.

Tunis et Alger refusent une intervention

«Nous refusons catégoriquement une intervention armée dans ce pays voisin quand bien même elle semble de plus en plus imminente», a déclaré à l'ats l'un des lauréats du Prix Nobel de la Paix 2015. «Nous craignons surtout les débordements et dommages collatéraux qu'occasionnerait une telle intervention. Elle ne pourrait qu'aggraver la situation» en Tunisie, assure-t-il.

«La Tunisie et l'Algérie refusent une telle action, mais nous craignons malheureusement que les voix de ces deux pays ne soient pas entendues par la communauté internationale», note le magistrat.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a récemment demandé à être «consulté» avant toute décision concernant une éventuelle intervention militaire en Libye contre le groupe Etat islamique (EI). Son pays a affirmé à plusieurs reprises être particulièrement touché par l'instabilité en Libye.

Visite du président tunisien jeudi

M. Fadhel Mahfoudh sera présent à Berne mercredi, invité par la Direction du développement et de la coopération (DDC). Il participera à une table ronde sur l'avenir de l'Afrique du Nord cinq ans après le début des «Printemps arabes», aux côtés d'autres intervenants dont le politologue égyptien Nagwan El Ashwal.

Sa venue précédera d'un jour la visite d'Etat en Suisse de Béji Caïd Essebsi. Le président tunisien doit évoquer jeudi à Berne la transition démocratique en Tunisie, les relations économiques avec la Confédération et la lutte contre le terrorisme.

Les discussions porteront aussi sur le thème de la migration et sur la question des avoirs de l'ancien président Ben Ali et de son entourage gelés en Suisse. Plusieurs conventions et protocoles doivent être signés à l'occasion de cette visite d'Etat, indique le Département fédéral de l'économie (DEFR).

Bourses déliées

Le Prix Nobel de la paix a été décerné l'an dernier au Quartette pour le dialogue national tunisien composé de l'Ordre national des avocats, de l'organisation patronale Utica, de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et du syndicat UGTT.

Il «a eu un impact au niveau international, mais les citoyens tunisiens, certes sensibles à cette récompense, n'ont guère vu des répercussions immédiates dans leur vie quotidienne», commente encore M. Fadhel Mahfoudh. Le secteur du tourisme a notamment pâti de plusieurs attaques terroristes qui ont endeuillé le pays en 2015, à Sousse mais aussi à Tunis.

Depuis la remise de ce prix, des bourses se sont toutefois déliées pour aider la Tunisie à faire face à la crise économique. L'Union européenne a proposé vendredi une aide de 500 millions d'euros à la Tunisie, voulant «plus que jamais» soutenir ce pays pionnier des «Printemps arabes». En janvier, la France a décidé de mettre en oeuvre un plan de soutien à la Tunisie d'un milliard d'euros sur cinq ans.

Eviter le cliché du «petit pays»

«Cet argent est bienvenu, même si l'aide internationale aurait pu intervenir plus tôt», observe M. Fadhel Mahfoudh. «La Tunisie souhaite un partenariat commercial adéquat avec notamment l'Europe ou les Etats-Unis et que ces zones d'influence ne considèrent plus la Tunisie comme un petit pays», note-t-il encore.

Selon le magistrat, cette manne devrait servir notamment à apaiser une situation sociale encore explosive. En janvier, un mouvement de contestation sociale s'est à nouveau déclaré dans le centre du pays, notamment dans la région de Kasserine, obligeant les autorités tunisiennes à décréter un couvre-feu. (ats/nxp)

Créé: 16.02.2016, 10h09

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2 Commentaires

Henri Robatel

16.02.2016, 10:33 Heures

Une intervention en Libye? BHL en a besoin pour vendre son nouveau livre? Répondre


Jean-François Chappuis

16.02.2016, 20:15 Heures

Je peux comprendre que la Tunisie aie quelques craintes vu qu'elle commerce avec les terroristes. Fini les ballets de passeurs tunisiens pour transporter les migrants vers l'Italie. Les perspectives de guerre en Libye va sérieusement bousculer les nouvelles habitudes. Répondre



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