Lundi 29 août 2016 | Dernière mise à jour 11:01

Empoisonnement Vers une enquête internationale sur la mort d'Arafat

Les dirigeants palestiniens attendent le soutien de la Ligue arabe pour demander une enquête internationale sur la mort de Yasser Arafat, après la découverte de quantités anormales de polonium dans les analyses.

L'Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels d'Arafat, y a découvert «une quantité anormale de polonium».

L'Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels d'Arafat, y a découvert «une quantité anormale de polonium». Image: Keystone

La découverte de polonium

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La Tunisie, où vécut le chef historique palestinien de 1982 à 1994, avant de rejoindre les Territoires palestiniens, a repris cette revendication jeudi, réclamant également une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.

«Nous attendons que cette initiative tunisienne se traduise par une action et que la réunion soit organisée. Nous demanderons ensuite la constitution d'une commission d'enquête internationale semblable à celle créée sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (en 2005) afin que puissions résoudre toutes les questions sans réponses», a indiqué le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki.

Obtenir des explications

«Nous voulons montrer que l'Autorité, la direction et le peuple palestiniens sont tous impatients de connaître tous les détails de la mort d'Arafat, afin de clore ce dossier», a assuré le ministre à la radio officielle Voix de la Palestine, au lendemain de l'aval donné par le président Mahmoud Abbas à une analyse du corps.

L'Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels d'Arafat, remis à sa veuve par l'hôpital militaire français de Percy, où il est mort le 11 novembre 2004, y a découvert «une quantité anormale de polonium», selon un documentaire diffusé mardi par Al-Jazeera.

Le polonium est une substance radioactive hautement toxique, qui a servi à l'empoisonnement en 2006 à Londres d'Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine.

Le dernier mot à la famille

Mercredi, la veuve, Souha Arafat, qui avait refusé une autopsie après la mort de Yasser Arafat, a annoncé qu'elle allait «immédiatement adresser une lettre officielle au laboratoire suisse qui a conduit les tests pour autoriser la collecte d'échantillons sur les restes du martyr Arafat afin de vérifier les résultats.»

Le neveu du défunt, Nasser al-Qidwa, autre représentant de la famille dont le consentement est nécessaire, ne s'est pas encore officiellement exprimé. La plus haute autorité islamique palestinienne, le mufti Mohammad Hussein, a pour sa part déclaré qu'aucune règle religieuse n'interdisait l'exhumation du corps de Yasser Arafat, qui repose dans un mausolée au siège de la présidence à Ramallah.

«S'il est nécessaire d'analyser un corps pour les besoins d'une enquête, et qu'il faille en prélever tout ou partie, rien ne s'y oppose», a-t-il estimé. Le directeur de l'Institut médico-légal israélien, Yéhuda Hiss, a rappelé que «le polonium était un poison radioactif relativement nouveau».

Désintégration avec le temps

Dans le cas de Yasser Arafat, «je suggérerais de prélever des échantillons de la terre autour de sa tombe et d'effectuer des prélèvements sur ce qui reste du corps après plusieurs années, notamment le squelette, les dents et les ongles», a-t-il indiqué à la radio publique israélienne.

«Le polonium se désintègre avec le temps, mais il est possible aujourd'hui de retrouver sa trace grâce à ses composants les plus stables», a-t-il précisé. Dans un éditorial intitulé «notre peuple a le droit de savoir», le quotidien palestinien Al-Quds souligne que le documentaire «soulève davantage de questions qu'il ne donne de réponses sur les auteurs de l'assassinat» de Yasser Arafat, dont les causes de la mort n'ont jamais été élucidées.

«La question la plus importante est: Israël aurait-il pu commettre ce crime seul, sans l'aide de ses collaborateurs (palestiniens)? Ou sans défaillance flagrante des mesures de sécurité censées protéger le président ?», interroge le journal. (afp/nxp)

(Créé: 05.07.2012, 14h28)

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