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Deux ans après la marée noire, le désastre n'est pas fini

Golfe du Mexique

Le 20 avril 2010, une déflagration secoue la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP. Deux ans après, des dauphins morts s'échouent toujours avec une effarante régularité sur le rivage, le golfe du Mexique est loin d'avoir pansé ses plaies.

Mis à jour le 20.04.2012 7 Commentaires

1/28 L'explosion en avril 2010 de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon a entraîné le déversement de 4,9 millions de barils de brut dans les eaux du Golfe du Mexique.
Image: Keystone

   

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Le 20 avril 2010, suite à une déflagration sur la plateforme Deepwater Horizon, dans le Golfe du Mexique, onze employés sont tués. Du pétrole commence à s'écouler dans la mer.

Il faudra 87 jours au pétrolier britannique pour venir à bout de la fuite du puits Macondo, par 1500 mètres de profondeur. En près de trois mois, 780 millions de litres de brut se seront écoulés dans le golfe du Mexique.

La catastrophe écologique ne fait plus depuis longtemps la une de la presse américaine, pourtant, les pêcheurs et les habitants du pourtour du golfe continuent à retrouver des crevettes sans yeux ou des crabes criblés de trous. Des analyses montrent que le killi, un petit poisson à la base de l'alimentation de nombreuses espèces, est infesté de produits chimiques.

Effets à long terme

Pour tenter d'empêcher le pétrole d'atteindre les côtes, BP avait aspergé les nappes de brut de dispersants. Ces produits, couplés à des vents et des courants favorables et au travail des équipes de nettoyage, ont permis d'éviter la catastrophe écologique redoutée dans les marais de Louisiane, un écosystème très fragile. Mais, à en croire les associations écologistes, les dispersants rendent le travail de nettoyage du pétrole très difficile.

De plus «du pétrole se trouve toujours dans l'eau», assure Wilma Subra, chimiste et militante qui analyse régulièrement la faune et la flore marines du golfe du Mexique. «Le pétrole est toujours présent dans les marais, dans les estuaires et sur les plages. Les gens continuent à y être exposés».

A l'en croire, il est encore bien trop tôt pour prévoir les impacts à long terme de la catastrophe sur l'écosystème. Ses effets pourraient se faire sentir sur «plusieurs générations».

Tragédie humaine

Car la marée noire a aussi engendré une tragédie humaine. Mercredi, BP a dit avoir conclu un accord à l'amiable de 7,8 milliards de dollars pour «la majorité des pertes économiques de particuliers ainsi que les dommages sanitaires.» Mais l'accord ne comprend pas les plaintes déposées par les actionnaires et entreprises touchés par le moratoire sur les forages dans le golfe du Mexique.

La facture finale de l'accident est donc encore loin d'être connue. «Cet accord illustre la bonne volonté de BP à résoudre une part importante des problèmes causés par l'accident», a expliqué Bob Dudley, le patron du géant pétrolier. Mais sur le terrain, si les experts assurent que les fruits de mer sont propres à la consommation, les prix de vente ont vertigineusement chuté et les pêches se sont révélées décevantes.

Craintes des pêcheurs

Theresa Dardar, de Bayou Pointe-au-Chien, un village de pêcheurs d'Amérindiens de Louisiane, dit sa crainte de voir son gagne-pain et celui de sa famille disparaître.«Que va-t-on faire pour nous si on ne peut plus pêcher? Je pense que personne ne peut me répondre», se lamente-t-elle. «Nous souffrons», dit laconiquement George Barisich, président d'une association de pêcheurs.

Malgré les compensations versées par BP, George Barisich explique que certains pêcheurs pourraient au final se retrouver sans ressources, sans toit. Avant la marée noire, il employait huit personnes et engrangeait 100'000 dollars de bénéfices par an. L'année dernière, il n'avait plus que deux employés et a perdu 40'000 dollars.

Cruelle ironie du sort: au moment de la marée noire, les pêcheurs étaient à peine en train de se remettre du passage dévastateur de l'ouragan Katrina, cinq ans plus tôt. (afp/Newsnet)

Créé: 20.04.2012, 09h57

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7 Commentaires

Harmaturah Dassier

20.04.2012, 10:16 Heures
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Copié-collé des discours de fin du monde archivés lors de l''incident d'Ixtoc en '79 dans la region qui a duré presque un an. La fin du monde était annoncée par des experts tout aussi certains que ceux d’aujourd’hui. En attendant les eaux voraces du golfe, nourries par les futiles naturelles depuis toujours ont résorbe leurs prédictions. Le brut est produit naturel biodégradable. Répondre



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