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La destitution du président Fernando Lugo suscite la colère

Paraguay

Les pays latino-américains ont dénoncé la destitution du président paraguayen Fernando Lugo. Le Parlement l'a démis de ses fonctions, après l’avoir reconnu coupable d’avoir «mal rempli ses fonctions».

Mis à jour le 23.06.2012
Dès l’annonce de la destitution du président au terme d'un procès expédié en cinq heures, plusieurs milliers de ses partisans rassemblés sur la Place d’armes de la capitale paraguayenne ont manifesté leur colère.

Dès l’annonce de la destitution du président au terme d'un procès expédié en cinq heures, plusieurs milliers de ses partisans rassemblés sur la Place d’armes de la capitale paraguayenne ont manifesté leur colère.
Image: Keystone

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La plupart des pays latino-américains ont dénoncé vendredi soir la destitution de l’ancien président paraguayen Fernando Lugo, démis de ses fonctions par le Parlement. Ce dernier l’a reconnu coupable d’avoir «mal rempli ses fonctions». L’ancien vice-président Federico Franco, 49 ans, a immédiatement été investi.

Le nouveau président a reconnu lors d’une conférence de presse samedi qu’il «y a des soucis qui (le) préoccupent avec la communauté internationale», mais il a immédiatement réfuté le terme de «coup d’Etat» employé par certains chefs d’Etat.

Le Parlement a déclaré vendredi l’ancien évêque Fernando Lugo, 61 ans, coupable des accusations formulées contre lui, entraînant la destitution immédiate du premier président de gauche, après 62 ans de pouvoir du parti Colorado (conservateur).

M. Lugo, à qui il restait un peu plus d’un an de mandat, est accusé d’avoir mal géré la suite des heurts qui ont provoqué la mort de 11 paysans sans-terre et six policiers le 15 juin dernier. Les affrontements avaient dégénéré lors d’une opération visant à déloger les occupants d’une propriété agricole dans le nord-est du pays.

Condamnation unanime

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Avant même l’annonce du départ de M. Lugo, le président équatorien Rafael Correa s’est empressé de juger cette destitution d’»illégitime». Il a affirmé, dans une déclaration faite à la radio, que son pays ne reconnaîtrait pas d’autre chef d’Etat.

A Caracas, le socialiste vénézuélien Hugo Chavez a aussi qualifié d’»illégitime» le nouveau président, investi immédiatement après, conformément à la Constitution. «Le Venezuela ne reconnaît pas ce gouvernement sans valeur, illégal et illégitime qui s’est installé à Asuncion», a martelé M. Chavez dans une déclaration publique.

La présidente argentine Cristina Kirchner, partenaire du Paraguay au sein du Mercosur, le marché commun du cône sud-américain, a également condamné un «coup d’Etat inacceptable».

Autre représentant de la gauche radicale, le président bolivien Evo Morales a dénoncé un «coup d’Etat parlementaire». Il a précisé aussi que son pays «ne reconnaîtra pas un gouvernement non issu des urnes», a rapporté l’agence de presse gouvernementale ABI.

A Santiago, le chef de la diplomatie chilienne Alfredo Moreno s’est joint à la dénonciation générale en estimant que le procès en destitution particulièrement expéditif «n’avait pas rempli les critères minimaux requis» par ce type de procédure.

A Lima, le président péruvien Ollanta Humala a estimé de son côté que cette destitution constituait «un revers pour le processus démocratique de la région qui oblige nos pays à rester vigilants». Il a exprimé sa «solidarité» dans un message aux Paraguayens.

Federico Franco va devoir convaincre

Federico Franco va donc devoir lutter pour imposer sa légitimité en Amérique latine. Celui-ci a expliqué samedi qu’il allait chercher à restaurer de bonnes relations avec ses voisins. Il a précisé qu’il comptait rapidement contacter tous les pays alliés du Paraguay. Le sommet du Mercosur de jeudi et vendredi à Mendoza (Argentine) fera office de test pour le nouveau président.

Federico Franco est un critique acerbe du vénézuélien Hugo Chavez, mais il dit s’inspirer des politiques de centre-gauche de Lula au Brésil ou de Michelle Bachelet au Chili.

«Je ne crois pas que Chavez soit un exemple (de gouvernant) qui mérite d’être cité. Le peuple est fatigué des autocrates qui limitent les libertés», avait déclaré le chirurgien, membre du Parti libéral, il y a quelque temps. L’Union européenne (UE) a pour sa part exprimé samedi sa préoccupation et a appelé au respect de «la volonté démocratique» au Paraguay. L’Espagne a également réagi, préconisant une résolution pacifique et démocratique de la crise politique dans le pays.

La Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a elle qualifié samedi «d’atteinte à l’état de droit» la destitution de Fernando Lugo.

Créé: 23.06.2012, 18h32

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