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Le juge américain ne se récusera pas dans le dossier «USS Cole»

Guantanamo

La défense avait demandé que le magistrat se retire, l'accusant de ne pas être objectif dans l'affaire de l'attentat perpétré contre le navire états-unien causant 17 morts.

Mis à jour le 17.07.2012
L'avocat du présumé cerveau de l'attentat contre l'USS Cole, Richard Kammen, argue que le juge militaire est déjà en charge du dossier du 11 septembre, et ne pourra que prendre les mêmes décisions.

L'avocat du présumé cerveau de l'attentat contre l'USS Cole, Richard Kammen, argue que le juge militaire est déjà en charge du dossier du 11 septembre, et ne pourra que prendre les mêmes décisions.
Image: AFP

L'histoire

Nachiri est poursuivi pour les attentats contre l’USS Cole qui avait fait 17 morts en 2000 et contre le pétrolier français MV Limburg qui avait fait un mort en 2002.

Son procès devrait s’ouvrir au plus tôt en novembre. Ce serait alors le premier à se tenir à Guantanamo depuis la réforme des tribunaux militaires d’exception par l’administration Obama en 2009.

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Le juge militaire chargé des accusés dits de «grande valeur» à Guantanamo a refusé de se récuser mardi lors de l’audience du cerveau présumé de l’attentat contre un navire militaire américain en 2000, rejetant en bloc l’accusation de partialité avancée par la défense.

La défense du Saoudien Abd-Al-Rahim Nachiri, qui encourt la peine de mort pour l’attentat contre le Cole au large du Yémen, a réclamé que le juge James Pohl se récuse. Elle estime qu’un conflit d’intérêt juridique et financier empêche le juge de prendre une décision qui déplaise à la bureaucratie militaire.

«Aucun d’entre nous n’est suffisamment arrogant pour se croire indispensable, tout le monde est remplaçable», a déclaré Richard Kammen, l’un des avocats de la défense.

Conflit d'intérêt juridique et financier

James Pohl est le seul juge exerçant actuellement à Guantanamo. Il s’est autodésigné dans les procédures contre M. Nachiri, contre les cinq accusés des attentats du 11-Septembre et contre Majid Khan, qui a plaidé coupable et accepté de témoigner contre des anciens d’Al-Qaïda. Il s’agit des sept détenus dits de «grande valeur» traduits en justice, sur la quinzaine encore incarcérés au camp 7 de Guantanamo.

«C’est la première procédure devant les tribunaux militaires depuis leur réforme en 2009, notre comportement sera jugé à l’aune de l’histoire», a déclaré Me Kammen à l’ouverture de l’audience prévue pour durer trois jours.

«Juge auto-désigné»

«Vous vous êtes auto-désigné pour tous les détenus importants» à Guantanamo, a-t-il dit, suspectant «une soumission extraordinaire» à cette Autorité. «Ce que vous décidez dans le dossier du 11-Septembre, vous le décidez en réalité aussi pour cette affaire», a déclaré l’avocat.

Le juge, visiblement agacé, a estimé que «c’était une question de droit» et que «si le droit était correct dans le dossier A, il doit en être de même pour le dossier B.» Le colonel James Pohl a ensuite argué de ses 32 ans de service dont 12 ans en tant que juge pour refuser de se récuser, estimant «qu’aucun des arguments de la défense n’a de fondement.»

Il a déclaré qu’il était «au service de l’armée et non des tribunaux militaires» et que son «impartialité» ne pouvait être mise en question.

Statut spécial pour le juge

Le juge Pohl est «actuellement le juge en exercice qui a servi le plus longtemps dans l’armée américaine», selon un porte-parole du Pentagone sollicité par l’AFP. Il devait partir à la retraite en 2010 mais travaille selon «un statut spécial» renouvelé chaque année, avec un salaire mensuel de 10'557 dollars, selon cette source.

Il est aussi le juge qui a présidé certains procès contre les militaires américains poursuivis pour mauvais traitements sur les prisonniers irakiens d’Abou Ghraib. Dans sa requête écrite, la défense estime «très troublant que le même juge ayant statué sur les questions d’Abou Ghraib conduise maintenant toutes les affaires de Guantanamo qui soulèvent les mêmes questions.»

L’audience, prévue pour durer jusqu’à jeudi, se déroulera à huis clos mercredi pour l’examen d’éléments classifiés attestant des conditions d’arrestation et de détention de Nachiri. Quatorze médias ont déposé un recours pour refuser que les débats consacrés aux mauvais traitements qu’aurait subi le Saoudien soient fermés à la presse. (afp/Newsnet)

Créé: 17.07.2012, 18h59

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