ACCUEIL 24.11.2014 Mis à jour à 22h07

Les plus anciens otages des Farc libérés

Colombie

Les derniers policiers et militaires séquestrés par les Farc, ont retrouvé lundi la liberté. Mais le groupe rebelle détiendrait encore plus d'une centaine de personnes.

Mis à jour le 03.04.2012
Quatre otages libérés arrivent à un aéroport militaire de Bogota en Colombie.

Quatre otages libérés arrivent à un aéroport militaire de Bogota en Colombie.

En captivité depuis 12 à 14 ans, les 10 hommes, que les rebelles marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) avaient promis de relâcher, ont été remis à une mission humanitaire venue les chercher en hélicoptère au coeur de la jungle.

L'appareil, prêté par l'armée brésilienne au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et au collectif civil «Colombiens pour la paix» présidé par l'ex-sénatrice Piedad Cordoba, les a déposés à l'aéroport de Villavicencio, à 110 km au sud de Bogota, où les attendaient leurs familles dans un salon privé.

Tous revêtus de leur uniforme, les six policiers et quatre militaires, le visage éprouvé mais souriant, ont aussitôt été pris en charge sur le tarmac par une équipe médicale et transférés dans la capitale pour un examen complet.

Capturé depuis juillet 1999, le sergent de la police José Libardo Forero, a confié sa surprise en retrouvant sa famille.

«Une fille de quatre ans que j'avais laissée et que je ne reconnais plus. Mon papa avec plein de cheveux blancs. Ma mère n'a pas changé, elle est faite en chêne. Et mon épouse qui est encore plus belle qu'avant», a-t-il raconté à la radio RCN.

Un tournant ?

Dix ans après l'échec de négociations avec le gouvernement, cette libération de policiers et militaires pourrait constituer un tournant pour les Farc qui les ont toujours considérés jusqu'ici comme une monnaie d'échange pour les rebelles emprisonnés.

Piedad Cordoba, dont la médiation avec l'aide du Brésil a déjà permis la libération d'une vingtaine d'otages, a appelé le gouvernement à trouver une «solution politique et négociée vers la paix», affirmant relayer un message des Farc. «Il est très important de noter que nous avons bouclé un chapitre», a-t-elle souligné.

Le groupe rebelle a aussi renoncé en février à la pratique des enlèvements contre rançon, qui assurait une partie de son financement, appelant à faire le «pari de la paix».

Toutefois le président colombien Juan Manuel Santos a réaffirmé que cet engagement était «insuffisant», même s'il a assuré «partager la joie des libérations» de lundi, lors d'une brève allocution télévisée.

Plus d'une centaine d'otages

Cet engagement est «un pas dans la bonne direction, mais comme nous l'avons dit au moment de leur annonce, cela n'est pas suffisant», a souligné le chef de l’État, qui a appelé à la libération de tous les civils.

Le groupe rebelle détiendrait encore plus d'une centaine de personnes séquestrées, selon des associations colombiennes, même s'il n'en fait pas officiellement mention.

Interrogée sur cette question, Piedad Cordoba a reconnu qu'il fallait «créer des instruments et mécanismes pour savoir quels sont les vrais chiffres.»

Des milliers de combattants

«Nous allons œuvrer pour les personnes disparues, insister pour qu'elle retrouvent leurs proches», a insisté l'ex-élue de gauche, déchue de son mandat pour ses liens présumés avec les Farc.

Le gouvernement exige aussi en préalable à tout dialogue la fin définitive des attaques ou des attentats qui ont connu une recrudescence dans le pays, ainsi que l'arrêt du recrutement de mineurs.

Fondée en 1964 pour défendre les petits paysans, la guérilla des Farc compte encore 9000 combattants, repliés dans les montagnes et les forêts, à la suite d'une série de revers militaires qui ont divisé ses troupes par deux en 10 ans.

Plus d'une soixantaine de guérilleros ont encore été abattus au cours des deux dernières semaines, un succès de l'armée qui n'a pas eu d'incidence sur les libérations promises.

(afp/Newsnet)

Créé: 03.04.2012, 08h01

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