ACCUEIL 29.11.2014 Mis à jour à 01h10

Un débat sur le cannabis agite l'Amérique latine

Drogues douces

Le projet du gouvernement uruguayen de légaliser le commerce du cannabis provoque la polémique sur le continent sud-américain.

Mis à jour le 22.06.2012 5 Commentaires
A l’été 2011, un groupe d’étude a suggéré de «mettre fin à la criminalisation» des consommateurs.

A l’été 2011, un groupe d’étude a suggéré de «mettre fin à la criminalisation» des consommateurs.
Image: Keystone

Articles en relation

Partager & Commenter

L’Uruguay est pionnier en Amérique latine en lançant un projet de loi sur la légalisation du cannabis. Le continent a lancé une guerre frontale il y a une quarantaine d’années contre la drogue.

Mercredi, les autorités uruguayennes ont fait part de leur intention de soumettre au Parlement une loi prévoyant notamment la production et la distribution du cannabis «sous contrôle exclusif» de l’Etat. Le but est de tenter de détourner les consommateurs de la pâte-base de cocaïne, drogue bon marché aux effets dévastateurs.

La première réaction est parvenue du Guatemala, où le président Otto Perez, un général de droite à la retraite récemment entré en fonctions, avait proposé en début d’année de légaliser les drogues pour lutter contre la violence qui ravage l’Amérique centrale. Il s’était vu alors opposer un refus catégorique des Etats-Unis.

La proposition uruguayenne découle de «50 ans d’échec du combat contre le narcotrafic», a jugé le porte-parole du président Perez, Francisco Cuevas. «Les pays doivent chercher de nouvelles voies pour combattre le narcotrafic d’une façon plus efficace et réduire la violence que provoquent les organisations criminelles», a-t-il répété.

«Dans le respect de la décision de chaque pays, l’Amérique latine doit chercher ces nouvelles voies», a ajouté M. Cuevas, dont le pays, avec le Mexique et le Honduras, voit transiter 90% de la drogue consommée aux Etats-Unis.

Décision «unilatérale»

Le président colombien, Juan Manuel Santos, a lui critiqué une décision «unilatérale» et appelé à «une approche commune». «Si un pays légalise et un autre pays maintient une interdiction totale, cela génère des distorsions qui souvent aboutissent à aggraver le problème», estimé le président du principal pays exportateur de cocaïne au monde.

Le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Tareck El Aissami, s’est également montré circonspect, évoquant «un piège», avant de suggérer d’investir plutôt sur la prévention. «Ca ressemble à une mesure défensive et non préventive», a-t-il déclaré.

Du Brésil, où il assiste au sommet Rio+20, le président uruguayen Jose Mujica a défendu jeudi sa proposition en estimant que «quelqu’un doit commencer en Amérique du Sud». «Quelqu’un doit être le premier, parce que nous sommes en train de perdre la bataille contre les drogues et la criminalité sur le continent», a indiqué M. Mujica au journal «O Globo».

«Nous devons chercher un autre chemin» que la prohibition et la lutte frontale, impulsées notamment par les Etats-Unis, qui financent une part importante de la lutte antidrogue dans la région, a poursuivi M. Mujica. «L’Uruguay est un petit pays, où les choses peuvent se faire plus facilement», selon lui.

Une autre politique

A l’été 2011, un groupe d’étude composé notamment d’intellectuels, de spécialistes et d’anciens présidents sud-américains (Fernando Henrique Cardoso, Brésil, César Gaviria, Colombie, et Ernesto Zedillo, Mexique), avait publié un rapport indiquant que «la lutte mondiale contre les drogues a échoué». Ce groupe a suggéré de «mettre fin à la criminalisation» des consommateurs.

Lors du sommet de l’Organisation des Etats américains (OEA) à la mi-avril en Colombie, les 33 pays membres avaient pour la première fois accepter d’engager une réflexion sur les mesures alternatives à mettre en place pour lutter contre le narcotrafic. (ats/Newsnet)

Créé: 22.06.2012, 10h36

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

5 Commentaires

Anti Cons

22.06.2012, 10:54 Heures
Signaler un abus 13 Recommandation 0

Le mexique est le parfait exemple des consequences que cette politique repressive totalement inefficace peut engendrer un pays en guerre civile Avec 60'000 morts depuis 2006 un etat et une Police a la solde des cartels et avec 71 % des municipalites Au mexique sont dirigees par des politiciens achetes par Les cartels de la drogue... Répondre


Pierre Epol

22.06.2012, 12:27 Heures
Signaler un abus

Toute légalisation de drogues est un aveu de faiblesse, une démission. Et ce n’est pas avec faiblesse et démission que l’on mène une politique de succès ! Répondre



Sondage

Sarkozy à la tête de l'UMP, un bon tremplin pour les présidentielles?