ACCUEIL 24.10.2014 Mis à jour à 09h32

Blocage en coulisses, violences sur le terrain

Syrie

Des centaines de soldats prenaient d'assaut samedi une localité du sud de la Syrie, au moment où les divisions internationales semblent donner au président Assad un «permis de massacrer» selon le patron de l'ONU..

Mis à jour le 15.07.2012 3 Commentaires
Le régime semble déterminé à écraser les fiefs rebelles, notamment à Deraa (sud), berceau de la contestation lancée il y a près de 16 mois.

Le régime semble déterminé à écraser les fiefs rebelles, notamment à Deraa (sud), berceau de la contestation lancée il y a près de 16 mois.
Image: Keystone

Observateurs sur place

Des observateurs de l'ONU déployés en Syrie se sont rendus samedi à Treimsa, une localité du centre du pays où l'armée syrienne a tué plus de 150 personnes jeudi, ont annoncé la porte-parole des observateurs, Sausan Ghosheh, et un militant dans la région.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles, ont été tuées jeudi dans des bombardements et des combats à Treimsa.

Un grand nombre de victimes ont été «sommairement exécutées» et 17 autres, dont des femmes et enfants, ont été tuées alors qu'elles tentaient de fuir cette localité sunnite.

L'armée syrienne a affirmé de son côté avoir mené à Treimsa «une opération de qualité» qui s'est soldée par «la destruction des repaires des groupes terroristes, la mort d'un grand nombre de leurs membres, sans qu'aucune victime civile ne soit à déplorer»

Articles en relation

Partager & Commenter

Deux jours après la mort de dizaines de rebelles et plusieurs civils à Treimsa dans le centre du pays, dans ce que l'opposition a qualifié de «massacre», le régime semble déterminé plus que jamais à écraser les fiefs rebelles, notamment à Deraa (sud), berceau de la contestation lancée il y a près de 16 mois.

Dans cette région, «des chars et des transports de troupes forts de centaines de soldats ont pris d'assaut Khirbet Ghazalé au milieu de tirs nourris», peu après que cette localité eut été bombardée par les hélicoptères militaires.

Selon un militant sur place, «des chabbihas (miliciens pro-régime) ont mené des perquisitions et incendié les maisons abandonnées par leurs habitants».Ailleurs, au moins 19 personnes, dont une femme enceinte, ont été tuées dans la répression et les combats samedi, notamment à Homs (centre) et Alep (nord), où des combats ont éclaté à la frontière avec la Turquie, au lendemain d'une nouvelle journée sanglante ayant fait 118 morts selon une ONG.

Ces opérations se poursuivent à travers le pays malgré les condamnations internationales et un bilan de morts qui s'alourdit --près de 400 morts en deux jours selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Réagissant au «massacre» de Treimsa, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé «une escalade scandaleuse», estimant que l'inaptitude du Conseil de sécurité à mettre la pression sur le président syrien équivaut à lui octroyer «un permis de massacrer».

Le blocage reste en effet total entre les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, les deux parties s'opposant sur un projet de résolution au Conseil de sécurité.

Les 15 membres du Conseil ont repris vendredi leurs discussions autour de deux textes concurrents, l'un déposé par les Occidentaux et menaçant Damas de sanctions si les armes lourdes restent dans les villes, et l'autre de facture russe qui n'évoque pas cette possibilité.Le président français François Hollande a estimé que si la Chine et la Russie s'opposaient une nouvelle fois à des sanctions, «le chaos et la guerre» s'installeraient en Syrie.

L'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, a estimé de son côté que Damas avait «bafoué» les résolutions de l'ONU en faisant usage d'armes lourdes à Treimsa. M. Annan, dont le plan de paix en vigueur depuis trois mois n'a eu aucun effet sur le terrain, doit se rendre lundi à Moscou, après une récente visite à Damas et à Téhéran.

Mais le médiateur est de plus en plus critiqué au sein de l'opposition pour son incapacité à faire pression sur le régime de M. Assad. Des manifestations vendredi ont appelé à «retirer Annan, valet d'Assad et de l'Iran».

Téhéran, le plus important allié régional de Damas, a renouvelé d'ailleurs samedi son offre de «jouer son rôle» pour essayer d'établir un dialogue entre le gouvernement et l'opposition en Syrie et éviter que la crise syrienne ne fasse «rapidement tâche d'huile dans toute la région», selon les Affaires étrangères.

Mais la guerre entre les troupes loyalistes et les rebelles ne semble pas être sur le point de se calmer, comme en témoignent les sanglants accrochages à Treimsa et ceux de samedi à la frontière Turque qui ont tué au moins quatre soldats et six rebelles.

Selon l'OSDH, le «massacre» de Treimsa a fait plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles tués dans des bombardements et des combats dans cette localité sunnite. Des dizaines de personnes ont été «sommairement exécutées» et 17 personnes, dont des femmes et enfants, ont été tuées alors qu'elles tentaient de fuir la localité.

L'armée syrienne a affirmé de son côté avoir mené à Treimsa «une opération de qualité» qui s'est soldée par «la destruction des repaires des groupes terroristes, la mort d'un grand nombre de leurs membres, sans qu'aucune victime civile ne soit à déplorer».

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a parlé du plus «infâme des génocides commis par le régime» et a pressé le Conseil de sécurité d'adopter une résolution contraignante «urgente».

Les Etats-Unis ont évoqué une vision «de cauchemar» et appelé le Conseil de sécurité à faire pression «en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et d'une transition politique».

Selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins, plus de 17.000 personnes ont péri depuis le début mi-mars 2011 d'une révolte populaire militarisée au fil des mois face à la répression brutale menée par le régime (afp/Newsnet)

Créé: 15.07.2012, 06h46

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

3 Commentaires

Jean COLIN

14.07.2012, 13:39 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

La question syrienne nous rappelle bien d'autres déstabilisations destinées à renverser un régime qui ne convenait pas pour des raisons politiques mais surtout économiques. Derrière le gouvernement actuel et l'opposition, on trouve toujours les mêmes "montreurs de marionnettes" pour lesquels l'objectif est à rejoindre à n'importe quel prix (y compris celui de vies humaines innocentes). Répondre



Sondage

Coincé dans un aéroport, comment comblez-vous l'attente d'un vol retardé?








Super héros, Louis Vuitton, fleuri, à poids... Les meilleurs du web!

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne