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Déjà des morts en marge du référendum

Syrie

Depuis 6 heures ce matin, les bureaux de votes ont ouvert en Syrie pour le référendum sur une nouvelle Constitution. Ce qui n'empêche pas le régime de poursuivre sa violente répression dans les villes du pays.

Mis à jour le 26.02.2012
Manifestations demandant le départ de Bachar al-Assad vendredi au nord de la Syrie.

Manifestations demandant le départ de Bachar al-Assad vendredi au nord de la Syrie.

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Les violences en Syrie ont fait samedi 94 morts, dont 68 civils, selon un nouveau bilan communiqué par l’Obervatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
L’organisation basée en Grande-Bretagne précise que 24 civils ont notamment péri à Homs, pilonnée sans répit depuis trois semaines par l’armée syrienne, et 8 autres dans la région autour de la ville, tandis que 23 membres des forces du régime ont été tués à travers le pays dans des affrontements avec des déserteurs.

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Les Syriens étaient appelés dimanche à voter par référendum sur une nouvelle Constitution, un scrutin raillé par l’opposition et l’Occident au moment où le régime accentuait sa répression sanglante de la révolte dans de nombreuses villes assiégées.

Au moins 26 personnes, en majorité des civils, ont péri dans les violences, principalement à Homs, bastion de la contestation sous le feu du régime, où la Croix-Rouge internationale a repris les négociations avec l’opposition et les autorités pour évacuer des blessés, dont deux journalistes occidentaux.

Les bureaux de vote pour le référendum sur une nouvelle Constitution, qui maintient de larges prérogatives au chef de l’Etat tout en supprimant l’article 8 sur la prééminence au parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle, ont ouvert 6 heures (7 heures locales), selon les médias officiels.

Plus de 14 millions de Syriens étaient appelés à se prononcer sur le texte instaurant notamment le "pluralisme politique". L’opposition et les militants pro-démocratie, qui exigent le départ du président Bachar al-Assad, ont appelé à boycotter le référendum qualifié de "plaisanterie" par Washington.

Alors que les journalistes ne peuvent se déplacer librement en Syrie depuis le début le 15 mars 2011 de la révolte, la télévision d’Etat montrait des images de Syriens dans des bureaux de vote en affirmant qu’"un grand nombre" de votants s’y rendaient pour déposer leur bulletin.

"Je vote parce que c’est l’aboutissement des réformes du président et si cela réussit, on aura une démocratie (...)", a affirmé Balsam Kahila, 32 ans, au ministère des Finances où elle travaille à Damas.

"Je vote malgré les gangs armés", a-t-elle dit. Elle reprend ainsi la version du régime qui, refusant d’admettre l’ampleur de la contestation, se targue de l’appui de son peuple pour venir à bout de la révolte assimilée à du "terrorisme" mené par des "gangs armés à la solde de l’étranger".

Dans la nouvelle Constitution, le président choisit le Premier ministre, indépendamment de la majorité parlementaire, et peut dans certains cas rejeter des lois. L’article 88 prévoit deux septennats présidentiels mais l’article 155 précise que cela s’appliquera à partir de la prochaine présidentielle prévue en 2014, ce qui permet en théorie à M. Assad de rester au pouvoir encore 16 ans.

Hadi Abdallah, un militant à Homs, a affirmé s’être rendu dans de nombreux quartiers épargnés par les bombardements, et même là dit-il "il n’y a personne dans les rues et pas un seul centre de vote".

"Voilà la nouvelle Constitution. Celui qui demande la liberté est bombardé par les roquettes", lancent des militants à Baba Amr dans une vidéo mise en ligne montrant les terribles destructions.

Sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011", les militants pro-démocratie ont dénoncé "un régime et une Constitution sans légitimité". "Pour une Syrie propre", est-il écrit au dessus d’une photo montrant une main jetant à la poubelle un portrait de M. Assad et un bulletin de vote de la nouvelle Constitution.

La crédibilité du régime est ternie, chaque annonce de réformes ayant été suivie d’une intensification de la répression qui a fait plus de 7600 morts en 11 mois selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Au moment où s’ouvraient les bureaux de vote, plusieurs obus tombaient sur le quartier antirégime de Baba Amr à Homs, dévastée par plus de trois semaines de pilonnage, au lendemain d’une journée de violences ayant fait près de 100 morts en grande majorité des civils selon l’OSDH.

"Il y a des explosions partout. Des snipers qui tirent sur tout ce qui bouge", a indiqué un militant à Baba Amr, Abou Bakr. "Les maisons sont détruites (...) Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau, pas de communications, pas d’air frais".

C’est dans ce quartier que sont bloqués la journaliste française Edith Bouvier et le photographe Britannique Paul Conroy, blessés dans un bombardement mercredi qui a tué la reporter américaine Marie Colvin et le photographe français Rémi Ochlik.

Les négociations sur l’évacuation des blessés et le transfert des dépouilles "ont repris ce matin avec la ferme volonté d’aboutir", a affirmé un diplomate occidental en poste à Damas. Samedi, près de douze heures de discussions n’avaient pas abouti.

Les violences, dans lesquelles 10 soldats ont péri dans des affrontements avec les militaires dissidents, ont touché plusieurs villes dont Deraa (sud), Deir Ezzor (est), Idleb (nord-ouest) et Hama (centre).

Le régime reste sourd aux pressions et sanctions occidentales et arabes pour tenter d’étouffer la révolte, mettant surtout à profit les divisions internationales après le refus de Moscou et Pékin de toute ingérence en Syrie. (ats/Newsnet)

Créé: 26.02.2012, 07h33

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