Mardi 6 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:48

Syrie Pour les pro-Assad, la Conférence de Genève a échoué

Les membres du Groupe d’action sur la Syrie se sont mis d’accord sur les étapes d’une transition politique en Syrie, mais ils continuent de diverger sur le sort du président Assad. L’opposition s’est montrée sceptique.

Dimanche matin, ni les autorités syriennes ni les principales organisations de l’opposition n’avaient officiellement réagi à l’accord conclu à Genève.

Dimanche matin, ni les autorités syriennes ni les principales organisations de l’opposition n’avaient officiellement réagi à l’accord conclu à Genève. Image: Archive/Keystone

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L’accord est détaillé dans un communiqué final de cinq pages, qui ne mentionne pas le sort du président syrien Bachar al-Assad ni de calendrier précis pour mettre en oeuvre la transition.

«L’organe de gouvernement transitoire exercera les pleins pouvoirs. Il pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l’opposition et d’autres groupes et doit être formé sur la base d’un consentement mutuel», a affirmé l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan, au terme d’une longue journée de tractations dans la Cité de Calvin.

Le Conseil de sécurité devrait être saisi pour donner plus de poids au texte, qui prévoit ensuite l’application du cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis le 12 avril, ainsi que la nomination de représentants du gouvernement et de l’opposition pour préparer la transition.

Formulation commune, interprétations diverses

Si une formulation commune a été trouvée à Genève, les membres du Groupe d’action ont néanmoins divergé sur l’interprétation de l’accord. Les Etats-Unis ont estimé qu’il ouvrait la voie à l’ère «post-Assad» tandis que la Russie et la Chine, alliés du président Assad, réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de choisir leur avenir.

Dimanche, la presse officielle syrienne de même que des opposants ont eux qualifié d’échec l’accord de Genève. Sur sa page Facebook, Burhan Ghalioun, ancien chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, l’a qualifié de «farce».

Un autre membre du CNS, Khaled Khoja, a souligné qu’«en tant que CNS, nous refusons toute initiative qui ne dise pas clairement que (le président) Bachar al-Assad et son équipe de tueurs doivent quitter le pouvoir». Plus mesurée, Bassma Kodmani, porte-parole du CNS, a trouvé «quelques éléments positifs» dans le texte mais le trouve «trop vague pour entrevoir une action réelle et immédiate».

Les autorités syriennes n’avaient pas encore réagi officiellement en fin d’après-midi, mais la presse officielle parlait elle aussi d’«échec»». Dans ce contexte tendu, une réunion de deux jours de l’opposition syrienne doit s’ouvrir lundi au Caire. Des ministres de pays arabes devraient y participer.

Appel de la Suisse

Samedi à Genève, c’est la Suisse qui a offert aux participants le déjeuner, ce qui a permis au chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter de s’exprimer devant les participants. Il a insisté sur la nécessité «de trouver le moyen de mettre fin rapidement au bain de sang».

«La communauté internationale a le devoir d’éviter que la situation ne s’aggrave encore davantage. Le monde n’a pas d’autre choix que de réussir et de faire cesser les atrocités», avait-il ajouté.

Le Groupe d’action sur la Syrie, constitué par Kofi Annan, a regroupé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, Etats Unis, Chine, Russie, France et Grande Bretagne, ainsi que de la Turquie, et des pays représentant la Ligue arabe, Irak, Koweït et Qatar notamment.

Week-end meurtrier

Sur le terrain, le week-end a été particulièrement violent avec plus de 120 morts samedi et au moins 72 morts dimanche, dont 51 civils. Des bruits d’explosions ont résonné à Damas, les forces du régime de Bachar al-Assad continuant de bombarder des localités à la périphérie de la capitale, selon des militants.

L’armée turque a elle annoncé dimanche que des hélicoptères syriens se sont approchés de la frontière turque, à trois reprises samedi, et que la chasse turque a été envoyée en patrouille à la frontière. L’Etat-major turc a précisé qu’il n’y avait pas eu de violation de l’espace aérien turc. (ats/afp/Reuters/nxp)

(Créé: 01.07.2012, 18h49)

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