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Analyse La Chine va chercher à consolider Kim Jong-Un en Corée du Nord

La Chine se préparait depuis un moment à l'accès au pouvoir de Kim Jong-Un, car le maintien du communisme en Corée du Nord lui est primordial, expliquent des experts.

Image de Kim Jong-Un prise le 8 janvier dernier en Corée du Nord.

Image de Kim Jong-Un prise le 8 janvier dernier en Corée du Nord. Image: Keystone

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La Chine, qui avait largement anticipé la mort de Kim Jong-Il et la transition en Corée du Nord, va tout faire pour consolider l'assise de son jeune fils à la tête de ce pays allié, imprévisible et détenteur de l'arme nucléaire.

La mort, le 17 décembre, du «Cher Leader» n'a pas pris la Chine par surprise, pour preuve la célérité avec laquelle elle a exprimé ses «profondes condoléances», reconnu Kim Jong-Un et affirmé dans la foulée son souci de stabilité en Corée du Nord.

«Les Chinois se préparaient (au décès de Kim Jong-Il) avec les Nord-coréens», avance Scott Bruce, à l'Université de San Francisco. «Les voyages en Chine de Kim Jong-Il ces trois dernières années semblent avoir été motivés en partie par les préparatifs de sa succession».

Et Kim, diminué par une attaque cérébrale en 2008, est venu quatre fois en un peu plus d'un an jusqu'à l'été 2011 chez le grand allié et premier pourvoyeur d'aide de son pays. Son fils cadet a apparemment rencontré une délégation de hauts responsables chinois à Pyongyang fin 2010.

«Celle-ci aurait accordé la bénédiction de Pékin à une succession en faveur d'une 3e génération de Kim», dit l'analyste. Nul doute que la Chine va surveiller comme le lait sur le feu les gestes de la nouvelle direction, plus collégiale, de l'autre côté de la frontière commune de 1400 km. Mais Pékin tentera aussi de jouer un rôle accru, selon les experts qui, tel Scott Bruce, voient la Chine «mettre la Corée du Nord encore plus sous sa coupe pour assurer que cet Etat ne s'effondre pas».

Stabilité cruciale

Pour la Chine, la stabilité de son voisin est encore plus cruciale en cette année de renouvellement des équipes communistes dirigeantes à Pékin et d'essoufflement de la croissance. Elle a la hantise d'un effondrement de la Corée du Nord qui signifierait «le risque de réfugiés, d'armes nucléaires hors de tout contrôle, de chaos économique régional et de déploiement de soldats américains dans la péninsule coréenne», rappelle John Feffer, codirecteur de Foreign Policy in Focus, à Washington.

Pour Valérie Niquet, de la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris, la «crainte principale» de la Chine est de voir s'effondrer un régime qui a une «importance stratégique considérable» pour elle. Surtout à l'heure où «le réengagement régional (des) Etats-Unis (en Asie) et le renforcement des alliances régionales autour de Washington» évoluent «dans un sens contraire aux intérêts» de Pékin. La Chine veut aussi conserver son rôle d«'intermédiaire incontournable» sur le nucléaire nord-coréen et les négociations à Six qu'elle héberge et veut relancer.

Priorité à l'apaisement

Ainsi, sa priorité est non seulement «à l'apaisement, comme elle l'a dit à ses interlocuteurs japonais, américains et sud-coréens» après la mort de Kim, mais aussi, «dans la mesure du possible, au contrôle du processus de succession en Corée du Nord», estime Mme Niquet.

«La Chine fera tout ce qu'il faudra pour permettre de consolider le pouvoir de Kim Jong-Un», approuve John Feffer. Notamment par le biais du développement économique de ce pays victime de pénuries et de sanctions internationales.Visites de zones de développement ou d'usines, Kim Jong-Il a profité de ses derniers séjours en Chine pour observer de près l'expérience formidablement réussie d'ouverture économique.

La Chine va tenter d«'injecter assez de ressources et d'expertise en Corée du Nord pour mettre ce pays sur pied», prédit M. Feffer.En échange, Pékin y a négocié de bons accords sur l'extraction de cuivre, charbon et mêmes terres rares et a obtenu l'accès à des ports, comme Rajin (est) qui lui ouvre pour 10 ans la mer du Japon.

Corruption des élites

La hausse à deux chiffres des échanges commerciaux -- qui ont nourri une corruption ayant engraissé les élites nord-coréennes -- devrait se poursuivre. La Chine «est prête à soutenir (Pyongyang) dans ses réformes pour la stabilité», confirme Jia Qingguo, à l'Université de Pékin.«Bien sûr, le gouvernement chinois est inquiet», dit-il. «La base du pouvoir de Kim Jong-Un n'est pas assez solide. C'est le plus préoccupant».«» (afp/nxp)

(Créé: 10.01.2012, 09h33)

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