Vendredi 26 mai 2017 | Dernière mise à jour 02:37

Attentat de Berlin Candidat de longue date à un attentat suicide

Le djihadiste d'origine tunisienne est toujours en fuite. La polémique sur les carences des autorités enfle.

Manifestation du parti populiste AFD à Berlin, le 21 décembre 2016. «Merkel doit partir» dit cette pancarte.
Vidéo: AFP

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Les autorités allemandes ont multiplié les occasions manquées au cours de l'année écoulée de mettre la main sur le principal suspect tunisien de l'attentat du marché de Noël à Berlin. En voici la liste.

La police a mis du temps à focaliser son enquête concernant l'attaque au camion-bélier sur Anis Amri, ce Tunisien de 24 ans désormais recherché dans toute l'Europe. Elle s'était en effet longuement concentrée sur un Pakistanais, finalement mis hors de cause mardi soir. Or, les enquêteurs ont découvert dans le camion un document d'identité du Tunisien dès mardi matin. Ce n'est que dans la nuit de mardi à mercredi, à minuit soit 30 heures après les faits, qu'un avis de recherche non public a été diffusé aux différents services de police du pays et d'Europe.

Candidat au suicide

Arrivé en juillet 2015 en Allemagne, Anis Amri a été assez rapidement signalé par les autorités allemandes comme potentiellement dangereux. Au cours de son périple dans le pays sous diverses identités, il a été en contact avec les milieux salafistes et islamistes de l'ouest de l'Allemagne notamment, en particulier avec un prédicateur irakien de 32 ans, identifié comme Ahmad Abdulaziz Abdullah A. alias «Abou Walaa» et gravitant autour de la mosquée de Hidelsheim, dans le nord du pays, connue pour avoir abrité de nombreux islamistes. L'Irakien a été arrêté en novembre avec quatre complices pour avoir monté un réseau de recrutement pour le compte du groupe Etat islamique.

Les autorités l'ont soupçonné il y a déjà plusieurs mois de vouloir préparer un attentat. La justice de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), où l'homme a un temps séjourné dans un foyer de demandeur d'asile, a même initié une enquête judiciaire à ce sujet. Selon le magazine «Der Spiegel», le renseignement intérieur a aussi découvert via des écoutes qu'Anis Amri avait proposé ses services à des prédicateurs djihadistes pour commettre un attentat suicide. Mais les éléments ont été jugés au final trop vagues. L'enquête a été transférée en mars au parquet de Berlin, ville où le Tunisien avait finalement élu domicile. Ce dernier a fait l'objet pendant plusieurs mois d'une surveillance car il était soupçonné de vouloir commettre un braquage afin d'acheter des armes en vue d'un attentat. La justice berlinoise a clos l'enquête en septembre, estimant n'avoir rien trouvé de tangible.

Imbroglio administratif

Le suspect a profité d'un imbroglio administratif. Sa demande d'asile en Allemagne, déposée en début d'année, a été rejetée en juin par les autorités de Rhénanie, qui avaient découvert qu'il s'était fait enregistrer dans le pays déjà sous différents noms et nationalités. Mais la Tunisie a refusé de le reprendre en niant qu'il soit un de ses ressortissants. Elle n'a fini par le faire, hasard de calendrier, que mercredi, jour où était lancé un avis de recherche européen contre Anis Amri. Pendant des mois, le suspect a pu continuer à se déplacer librement en Allemagne.

L'homme n'aurait peut-être jamais dû être autorisé à entrer en Allemagne. Car, selon la presse allemande et italienne, après avoir quitté la Tunisie en 2011 il a d'abord passé quatre ans en Italie, passant l'essentiel du temps en prison pour différents actes de violence et un incendie. Sitôt sorti, il s'est rendu en Allemagne. Selon le «Spiegel», l'Italie ne l'a inscrit comme interdit de séjour dans l'espace Schengen qu'en 2016, et ce n'est donc qu'à partir de là qu'il n'aurait en théorie plus dû séjourner en Allemagne. (afp/nxp)

Créé: 22.12.2016, 05h45

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