Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 22:36

Polémique Doit-elle continuer à travailler?

Valérie Trierweiler partage la vie du président français depuis 2006. Elle est entrée au service politique de l’hebdomadaire «Paris Match» en 1989, et devrait désormais y tenir une chronique culturelle.

Valérie Trierweiler partage la vie du président français depuis 2006. Elle est entrée au service politique
de l’hebdomadaire «Paris Match» en 1989.

Valérie Trierweiler partage la vie du président français depuis 2006. Elle est entrée au service politique de l’hebdomadaire «Paris Match» en 1989. Image: AFP

LA QUESTION DU JOUR: Valérie Trierweiler doit-elle travailler?

Madame Sans-Gêne

Par Ariane Dayer, Rédactrice en chef

Les hauts talons énergiques foulaient avec rythme le tapis rouge. Un coup’œil aux photographes, un mouvement de cheveux. Plus fort que Cannes, meilleur qu’Hollywood. Ce 15 mai, Valérie Trierweiler ne boudait pas le plaisir de débarquer à l’Elysée. On appelle ça une prise de pouvoir, ça lui allait bien et c’est tant mieux.
Elle avait envie d’y être, mais pas complètement. Parce qu’elle refuse d’endosser le rôle classique de «première dame.»
Pas question de se contenter «d’embrasser des enfants malades et de s’occuper des menus». Les malades apprécieront, les femmes qui l’ont précédée aussi. Tant qu’à insulter, autant le faire sur un grand pied.
Valérie Trierweiler va donc continuer à travailler, elle tiendra une chronique culturelle dans Paris Match. Pas de problème, précise-t-elle, puisqu’elle ne parlera pas de politique. Pour se ruer aussitôt sur un premier thème, la biographie d’Eleanor Roosevelt, qu’elle ramène allègrement à son propre couple. Fallait oser.
Ainsi donc, le journalisme serait un métier qui peut se faire de n’importe où, sans précaution de contexte, sans réflexion sur les connivences, sans règle éthique. Ainsi donc – et c’est encore plus choquant – la culture serait hors du champ politique. Une sorte de jardinet fermé, loin du monde, décoratif, divertissant et inoffensif. A hurler, vraiment.
Le combat d’une femme pour garder son autonomie et son indépendance financière est toujours admirable puisqu’il ouvre la voie à d’autres. La compagne du président français a le droit de vouloir gagner sa vie, mais elle peut le faire hors du journalisme, où elle baigne dans une ambiguïté qui blesse l’intelligence.
Il est grand temps de redéfinir le rôle des compagnes de chefs d’Etat. Valérie Trierweiler peut dédaigner l’appellation de première dame. Doit-elle, pour autant, refuser d’en être une grande?


CONTRE

HANS FEHR Conseiller national (UDC/ZH)
«Elle pourrait, probablement, sans
le savoir, obtenir des avantages professionnels de ses employeurs uniquement grâce
à son statut de compagne du président»

POUR

CHRISTINE EGERSZEGI-OBRIST Conseillère aux Etats (PLR/AG)
«Je suis définitivement favorable à ce que les femmes travaillent lorsqu’elles doivent ou souhaitent le faire, et je ne crois pas que la fonction de l’époux doive interférer sur ce principe»

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Valérie Trierweiler exerce toujours son métier de journaliste à «Paris Match» La compagne de François Hollande doit-elle continuer à travailler?

La compagne du président de la République a choisi de ne pas cesser de travailler, est-ce juste? Ah! Vous voulez parler de Mme Trierweiler? Là, effectivement, ça pose un réel problème… Vouloir continuer à travailler et surtout vouloir le faire comme journaliste alors qu’elle est la compagne du président, c’est évidemment délicat. D’abord, en tant que proche de François Hollande, elle sera forcément au courant de sujets confidentiels, de tous les secrets de la République, de toutes les manœuvres politiques. Elle connaîtra surtout des choses qui doivent rester secrètes évidemment, elle aura des informations privilégiées sur le fonctionnement de l’Etat et de ses organes. Ça me semble difficile dans ces conditions de demeurer employée comme journaliste.

Vous craignez une confusion des rôles? Oui! Elle aura toujours à se méfier de ne pas utiliser des informations privilégiées dans le cadre de son travail de journaliste. Une indiscrétion est vite commise, vous savez. Ça peut arriver n’importe quand, n’importe comment… face à ses patrons comme face à ses collègues journalistes. Et puis il y a l’autre problème, comment dit-on… pas de la corruption… c’est autre chose…

Des avantages personnels? C’est ça, elle pourrait, même et probablement sans le savoir, obtenir des avantages professionnels de ses employeurs uniquement grâce à son statut de compagne du président. C’est cela qui pose problème à mes yeux.

Elle devrait donc ne pas travailler? Dans un autre type de profession, à la rigueur. Même si, il faut le reconnaître sans détour, son statut de «femme de président» lui vaudra toujours des avantages liés à la fonction de son compagnon! Finalement, je le dis en riant, elle pourrait être une bonne et honnête ménagère, s’occupant bien de ses enfants… et de son président. C’est bien entendu une plaisanterie, mais sans doute une des rares activités qui ne poserait pas de problèmes face à François Hollande et surtout face à l’extérieur et au monde politique, toujours très attentif et critique.

Et si François Hollande n’est pas réélu, elle perd tout, retraite, emploi, assurances sociales? Ce n’est ni à moi, ni aux Français, ni à quiconque de se préoccuper de ce type de problème. Il s’agit là d’une question personnelle et privée. Si Valérie Trierweiler et François Hollande forment réellement un couple, je crois que c’est à eux de régler ça ensemble bien plus qu’à moi… ou qu’à vous… (Le Matin)

(Créé: 09.06.2012, 22h50)

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