ACCUEIL 31.10.2014 Mis à jour à 09h12

Corps jetés d’un toit et exécutions sommaires

Syrie

Des vidéos particulièrement horribles montrant des actes barbares des rebelles syriens circulaient lundi sur internet, suscitant l’indignation des ONG de défense des droits de l’Homme et de militants.

Mis à jour le 13.08.2012 99 Commentaires
Extrait de la vidéo montrant les rebelles en train de jeter des corps depuis des toits.

Extrait de la vidéo montrant les rebelles en train de jeter des corps depuis des toits.
Image: AFP

Versions contradictoires

Un groupe d’insurgés a affirmé lundi avoir capturé le pilote de l’avion de combat que l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles) prétend avoir abattu dans l’est de la Syrie. Une vidéo montrant l’appareil a été mise en ligne sur YouTube.

Les images montrent un homme barbu portant une chemise bleue, assis devant une table et entouré de trois hommes en arme. «Je suis le colonel pilote Moufid Mohammad Souleimane. Ma mission était de bombarder la ville de Mouhassane», a confié le militaire.

«Un vent violent m’a projeté contre des pierres lorsque je me suis éjecté de mon appareil», a-t-il déclaré, faisant référence à ses blessures au visage. «Les révolutionnaires m’ont bien traité et m’ont offert les premiers secours. Ce sont des gens biens», a-t-il ajouté.

«Nous allons traiter ce prisonnier selon notre religion et notre morale et d’après la convention de Genève sur les prisonniers», a assuré sur la vidéo un capitaine en uniforme. Il se présentait sous le nom d’Aboul Laith, chef de la brigade «Arfad Mohammad» (les descendants de Mohammad).

Cette version des faits est démentie par le gouvernement de Bachar al-Assad qui évoque un accident dû à des «problèmes techniques». (afp)

Défection d'un diplomate

Le diplomate représentant la Syrie au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève a fait défection et a rejoint l’opposition, estimant ne plus être en mesure dans cette fonction d’aider le peuple syrien.

"Tout simplement quand j’ai senti que je ne pouvais plus continuer à aider le peuple syrien, je me devais d’avancer", a déclaré Danny Al-Baaj dans un entretien téléphonique lundi à Genève.

"Quand j’étais impliqué dans des négociations sur la Syrie, ma préoccupation était de protéger le peuple syrien pas le gouvernement", a-t-il précisé.

Il a ajouté qu’il était depuis un certain temps en contact avec le Forum démocratique syrien, un groupe de l’opposition basé à Paris. Il était en poste à Genève depuis deux ans.

Cette annonce, faite d’abord vendredi via un site de l’opposition, intervient avant la diffusion mercredi d’un nouveau rapport sur la situation des Droits de l’Homme en Syrie, commandé par le Conseil à une commission d’enquête indépendante. M. Al Baaj espère qu’un consensus finira par se dégager sur la Syrie au Conseil à condition que "certains pays renoncent à leur propre agenda afin d’aider le peuple syrien". (afp)

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Trois vidéos montrant des actes choquants de rebelles syriens postées sur Youtube suscitent l'ire des ONG de défense des droits de l’Homme. Elles n’ont pu être ni authentifiées ni datées mais semblent avoir été tournées dans la région septentrionale d’Alep, montrent aussi un homme assassiné froidement.

Régime et rebelles qui s’opposent depuis 17 mois en Syrie sont accusés de violations des droits de l’Homme et de meurtres.

Le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane a indiqué que si ces vidéos étaient authentifiées, il condamnait fermement ces "atrocités".

L’un des documents montre une foule hurlant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) en se rassemblant autour de plusieurs corps gisant sur la chaussée avant que trois autres victimes ne soient jetées du toit d’un bâtiment.

Scène atroce

"Ce sont les ’héros d’al-Bab’ qui sont dans le bâtiment de la Poste", assure le vidéaste et lorsque le premier corps est jeté, la foule crie "c’est un chabbih" (un milicien pro-gouvernemental).

Les faits se déroulent dans la ville d’al-Bab, au nord d’Alep, près de la frontière avec la Turquie, mais il n’a pas été possible d’obtenir la date de cette scène atroce.

Dans une autre vidéo amateur, un homme, les yeux bandés et les mains liées dans le dos, essaie de résister alors qu’un groupe le force à s’allonger sur la chaussée. Les combattants lui crient "Assieds-toi" et l’un d’eux crie: "Je préfère qu’on le tue par balle" mais un autre lui rétorque: "Non, tais-toi".

Alors que des gens crient aussi "Allah Akbar", un homme apparaît avec un petit couteau et l’égorge. Son sang se répand sur la chaussée. "C’est le sort de tous les chabbiha et ceux qui soutiennent (le président) Bachar (al-Assad)", assure le cameraman.

Ce dernier ajoute "Hamdoulillah" (louange à Dieu) et demande à l’égorgeur de s’arrêter ce qu’il ne fait pas. "O Bachar, c’est le sort de ton armée et de tes chabbiha", ajoute le caméraman.

Jeté à terre et fusillé

Dans le troisième clip, tourné à Azaz dans la province d’Alep, un homme portant une barbe est sorti d’une voiture avec les mains attachées derrière le dos et jeté à terre. Un homme tire sur lui avec un pistolet et un autre l’achève avec un fusil mitrailleur. Ils tirent sur lui à plusieurs reprises et la victime meurt face au sol.

"Si cette vidéo est authentifiée, ces atrocités portent atteinte à la révolution. Cela bénéficie au régime et aux ennemis de la révolution à l’intérieur et à l’extérieur" de la Syrie, a déclaré M. Abdel Rahmane.

Plusieurs militants favorables à la révolution se sont indignés. "Les rebelles d’Alep ont égorgé un chabbih et scandé Allah Akbar comme s’ils égorgeaient un animal", a dénoncé Massoud Akko, un activiste kurde fondateur de l’Association indépendante des journalistes syriens.

"Quelle différence y a-t-il entre eux et un animal sauvage? Au moins ce dernier ne tue que quand il a faim. Quelle différence y a-t-il entre eux et ceux qui tuent nos enfants, nos femmes et nos hommes? C’est injustifiable", a-t-il écrit sur Facebook.

Les artistes dissidents Mohammed et Ahmed Malas, réfugiés en Egypte, se déclarent écoeurés sur Facebook. "Vous tuez au nom de Dieu, semble-t-il, mais vous tuez comme Assad le fait. Vous ne savez pas ce qu’est Dieu. Ce n’est pas la révolution que nous sommes en train de mener", écrivent-ils.

Violations des droits de l'Homme

A Hanano, un quartier de l’est d’Alep, un journaliste a vu un homme jeté à terre, battu, avec du sang qui coulait de ses lèvres. Les combattants criait "chabbih" avant de pousser l’homme dans le bâtiment.

Ces dernières semaines, des militants sur le terrain s’étaient inquiétés des violations des droits de l’Homme commises par les rebelles.

Le 10 août, un manifestant portait une pancarte à Alep sur laquelle était écrit: "Douce Armée syrienne libre (ASL, rebelles), j’espère ne pas être fait prisonnier à l’un de vos checkpoints".

Le 8 août, des activistes et des membres de l’ASL avaient rédigé un "code de conduite" signé par plusieurs commandants de brigades dont l’article 2 stipulait: "Je jure à mon peuple et à la révolution que je ne ferai rien qui porte atteinte aux principes de la révolution, de la liberté, de la citoyenneté et de la dignité".

"Je respecterai les droits de l’Homme, les principes tolérants de notre religion et les lois sur les droits de l’Homme", peut-on encore y lire.

N.B. En raison de leur caractère choquant et de leur origine peu claire, nous renonçons à diffuser ces images sur notre site. (afp/Newsnet)

Créé: 13.08.2012, 14h57

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99 Commentaires

Stefan Piller

13.08.2012, 15:19 Heures
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On va vite voir arriver Monsieur Je sais tout et son petit sbire nous raconter que c'est la faute à Assad, aux Russes, aux Chinois et aux Extraterrestres si les "gentils" opposants syriens sont devenus comme ça...Non, ils ne sont pas devenus comme ça, ils l'ont toujours été et donc ne sont pas mieux que Assad ou ceux qui a l'étranger (Qatar, Arabie Saoudite) soutiennent l'opposition ! Répondre


Aude Kerville

13.08.2012, 15:24 Heures
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Un ami syrien chrétien tremble de ce qui va arriver à sa famille si le président perd le pouvoir. Des attaques ont déjà commencé. Seul ce président protège les chrétiens. C'est toute la complexité de cette révolution et de ces révolutions dans les pays arabes depuis plus d'un an maintenant. Mes copines égyptiennes ont cru à la liberté et sont déprimées, les expats du Maroc préparent leur valise. Répondre