Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 08:46

Italie Le «Costa Concordia», un démontage à 730 millions

Les opérations de renflouement du «Costa Concordia» ont débuté hier. La carcasse du paquebot devrait pouvoir gagner Gênes d’ici à la semaine prochaine pour y être démantelée.

INTERVIEW

«Le «Costa Concordia» est né et mourra à Gênes»

●Comment et quand le «Costa Concordia» entreprendra-t-il sa dernière croisière?

Le paquebot devrait quitter définitivement l’île du Giglio entre le 19 et le 21 juillet prochain. Pour éviter les dérapages pendant la traversée, il faut contrôler la stabilité de l’épave. Toutes les précautions doivent être prises. Durant la traversée, le «Costa Concordia» sera tiré par deux remorqueurs et escorté par des navires de la sécurité maritime. Les gardes-côtes seront aussi présents car ils sont impliqués dans l’opération. Il faudra aussi tenir compte des conditions météorologiques. Nous devons avoir au moins quatre jours de beau temps et de mer calme à disposition. La vitesse de croisière sera de deux nœuds et le voyage devrait durer environ cinq jours. A moins d’un changement exceptionnel au niveau de cette feuille de route, le paquebot devrait donc être à Gênes avant la fin du mois de juillet.

●Pourquoi Gênes a-t-il damé le pion aux autres ports italiens pour remporter ce chantier et comment réagissez-vous?

Le «Costa Concordia» est né à Gênes et mourra à Gênes. C’est un cycle qui s’achève. La presse italienne a souvent fait état d’une véritable guerre entre les ports candidats au démantèlement du paquebot. C’est faux!
La course s’est jouée entre des privés, et les armateurs implantés à Gênes ont gagné. A un certain point, l’affaire a même pris une tournure politique. L’argument utilisé était que la démolition du paquebot pouvait aider à la relance de certaines régions, comme Piombino par exemple. Mais ce port manque cruellement d’infrastructures. Le «Costa Concordia» ne peut plus rester sur l’île du Giglio. Il doit partir et on ne pouvait pas attendre que des ports soient prêts à l’accueillir. C’était trop risqué car le «Costa Concordia» aurait pu être expédié en Turquie, un pays qui ne respecte pas les critères environnementaux de démolition appliqués en Europe. Mais je comprends parfaitement que, ayant été la région la plus touchée par le naufrage dramatique du «Costa Concordia», la Toscane voulait l’épave.


LUIGI MERLO Président de l’Autorité portuaire du port de Gênes

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Le «Costa Concordia» flotte de nouveau! C’est la première fois depuis son naufrage, le 13 janvier 2012, que le paquebot ne repose plus sur le fond de la mer face à l’île toscane du Giglio. L’opération de renflouement de la carcasse a en effet débuté hier comme prévu. Selon la feuille de route peaufinée par le Ministère italien des transports et la compagnie Costa Crociere, l’armateur propriétaire de l’épave, la dernière croisière du mastodonte devrait débuter autour du 20 juillet pour s’achever quatre jours plus tard à Gênes.

Tous les regards se tourneront alors vers le port de Ligurie, qui a remporté la course à la démolition du paquebot et balayé la concurrence d’autres candidats pourtant aguerris. A commencer par la Turquie, qui proposait d’accueillir la carcasse dans les chantiers navals du port de Smyrne. Pour convaincre Costa Crociere et les assurances, les Turcs avaient évoqué des normes environnementales plutôt souples. Mais ce point, considéré comme un atout par les autorités ottomanes, s’est transformé en boomerang, les directives européennes imposant des protocoles sévères pour la destruction des déchets polluants. Or l’épave en contient une quantité industrielle.

Ouvriers réembauchés

Pour la cité natale de Christophe Colomb et les sociétés San Giorgio del Porto et Cantieri Mariotti, spécialisées dans le découpage des navires et paquebots, l’arrivée du «Costa Concordia» représente des enjeux économiques énormes. Estimée à quelque 600 millions d’euros (730 millions de francs), la démolition est également synonyme de relance de l’emploi. Les armateurs et les sociétés employées en sous-traitance – une cinquantaine au total – vont en effet devoir recruter de la main-d’œuvre spécialisée. Selon l’autorité portuaire, de nombreux ouvriers spécialisés au chômage – la crise économique qui frappe la Péninsule de plein fouet n’a pas épargné le secteur – seront réembauchés.

La démolition de l’épave se fera en trois temps et dans trois chantiers. Dès son arrivée dans le port de Gênes, le «Costa Concordia» sera entreposé dans un bassin, ou plus exactement une digue. La seule structure italienne, selon l’autorité portuaire génoise, qui a la capacité d’accueillir le mastodonte, qui pèse 114 000 tonnes et mesure 290,2 mètres de long et 35,5 mètres de largeur. Durant cette première étape qui devrait durer six mois, tout le mobilier et le matériel entreposé à bord seront évacué pour alléger le paquebot. Ensuite, le géant des mers sera transféré dans un deuxième chantier, situé à 6 milles du bassin de Prà-Volti. Les ponts et les équipements du mastodonte comme les circuits électriques seront éliminés, tout comme les caissons qui entourent la coque depuis sa remise à flot. Enfin, la cambuse sera nettoyée. Cette opération permettra de réduire le tirant d’eau, qui mesure actuellement 18 mètres. La dernière phase comprenant le découpage du paquebot se déroulera dans un bassin de radoub. Au terme des opérations de démantèlement, qui dureront 22 mois selon les estimations des experts, les tonnes d’acier seront expédiées dans des fonderies. (Le Matin)

(Créé: 15.07.2014, 07h46)

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