Lundi 5 décembre 2016 | Dernière mise à jour 09:06

Autriche Cours de rattrapage sur la 2e guerre mondiale

Suite à une polémique, les magistrats autrichiens devront suivre un module d'histoire du XXe siècle.

Les magistrats devront notamment visiter l'ancien camp ce concentration, à Mauthausen, en Autriche. Le procureur de Graz (sud) avait semblé justifier des écrits d'un magazine autrichien d'extrême droite, qui avait qualifié de «criminels» les détenus libérés en mai 1945 du camp de Mauthausen.

Les magistrats devront notamment visiter l'ancien camp ce concentration, à Mauthausen, en Autriche. Le procureur de Graz (sud) avait semblé justifier des écrits d'un magazine autrichien d'extrême droite, qui avait qualifié de «criminels» les détenus libérés en mai 1945 du camp de Mauthausen. Image: Keystone

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Tous les magistrats autrichiens se verront obligés de suivre un module d'histoire du XXe siècle, consacré notamment à la seconde guerre mondiale.

Cette mesure fait suite à la décision d'un parquet local qui avait choqué les survivants des camps de concentration nazis.

Mi-février, le procureur de Graz (sud) avait semblé justifier des écrits d'un magazine autrichien d'extrême droite, qui avait qualifié de «criminels» les détenus libérés en mai 1945 du camp de Mauthausen, en Haute-Autriche.

Le ministère autrichien de la justice a indiqué vendredi vouloir tirer les conséquences de cette polémique en élargissant à l'ensemble des juges et des procureurs une formation à l'histoire des XIXe et XXe siècles, instaurée en 2009 pour les aspirants magistrats. Celle-ci inclut notamment une visite du camp de Mauthausen.

Abandon des poursuites

«Le fait qu'une portion non négligeable de détenus libérés s'est comportée en fléau pour la population est considéré comme une évidence par la justice et est uniquement contesté par les fétichistes des camps de concentration», avait écrit le magazine d'extrême droite Aula dans son édition de l'été 2015, imputant aux détenus libérés des «crimes» dans le voisinage du camp.

Le parquet de Graz avait ouvert une enquête criminelle contre l'auteur de l'article pour négationnisme et incitation à la haine, mais avait ensuite abandonné les poursuites.

«Il est plausible que la libération de plusieurs milliers de personnes du camp de concentration de Mauthausen ait représenté un fardeau pour les zones autrichiennes concernées», avait estimé le ministère public pour expliquer l'abandon des poursuites.

200'000 détenus

Parmi les centaines de milliers de déportés à Mauthausen ont figuré des prisonniers convaincus de «violences et atteintes aux biens». La possibilité que des actes criminels aient été commis à leur libération «ne peut être écartée», avait-il ajouté.

L'Autriche, pays natal d'Adolf Hitler, annexée par l'Allemagne nazie en mars 1938, a longtemps prétendu avoir été une «victime» du nazisme. Quelque 200'000 personnes ont été envoyées au camp de concentration de Mauthausen. La moitié environ d'entre elles y ont péri, selon des chiffres qui ne prennent en compte que les détenus qui avaient été dûment recensés. (ats/nxp)

(Créé: 12.03.2016, 06h42)

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