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Après Benoît XVI, un premier pape non européen?

Démission

La démission d'un pape est rarissime. Mais à peine annoncée celle de Benoît XVI, que déjà circulent les noms des papables. Parmi les favoris figurent traditionnellement des Italiens, mais pas uniquement.

Par Marc-Henri Jobin avec AFP. Mis à jour le 11.02.2013 13 Commentaires

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Avant d'être élu pape, le cardinal Joseph Ratzinger avait estimé dans une interview que le temps était venu d'élire un pape africain. Le conclave en a décidé autrement en désignant le 19 avril 2005 l'ancien archevêque de Munich et Freising et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi en tant que 265e souverain pontife.

D'ici quelques semaines, huit ans plus tard, un cardinal nigérien pourrait venir occuper la plus haute marche de l’Eglise catholique romaine. Selon les experts et les bookmakeurs britanniques, le cardinal Francis Arinze pourrait devenir le premier pape africain, comme l'avait imaginé Benoît XVI avant d'être nommé pape lui-même.

A moins que ce ne soit le cardinal ghanéen Peter Turkson, qui a l'avantage, à 64 ans, d'être seize ans plus jeune que le Nigérien. En donnant son âge comme motif de son départ, Benoît XVI a en tout cas souligné que l’Eglise devait faire de la place aux jeunes, estime le vaticaniste Marco Politi.

Le cardinal nigérian John Onaiyekan, qui prêche pour la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans, pourrait finalement tenir la corde par le bon bout.

Moins intellectuel et eurocentriste

Plusieurs candidats occidentaux proches du pape allemand, théologiens et intellectuels, ont aussi quelques chances, selon les connaisseurs du Saint-Siège. Cela même si le simple fait d'être occidental, européen ou encore plus italien, est un handicap aux yeux de certains cardinaux venus des Eglises du Sud, en plein essor.

Un des reproches faits à ce pontificat a été précisément son caractère trop «eurocentriste». Le cardinal québécois Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan et théologien très apprécié du pape, ont été les plus souvent cités ces derniers temps dans le «totopapa», le jeu des pronostics.

Mais, selon certains analystes, tous deux sont des intellectuels pointus qui manquent de charisme pastoral, alors que l'Eglise a besoin d'un pasteur style Jean Paul II, après le pontificat austère de remise en ordre et de retour aux sources de la foi, qui a caractérisé le règne de Benoît XVI. Les chances d'un Hongrois, Peter Erdö, et de l'Autrichien ami du pape Christoph Schönborn, ont plutôt décliné ces derniers temps.

Les effets des luttes intestines

Un Américain est parfois cité: le cardinal de New York Timothy Dolan, un de ces «conservateurs modernistes» appréciés du pape, connu pour ses déclarations à l'emporte-pièce et son talent médiatique. Même si les Italiens sont surreprésentés au Sacré collège, les papables italiens pourraient pâtir du scandale «Vatileaks», qui a été perçu en 2012 comme le résultat de leurs querelles intestines.

Il serait logique que l'Amérique Latine, continent où se trouvent le plus grand nombre de catholiques, soit récompensé. Le Brésil surtout, premier pays du monde par le nombre des fidèles, pourrait présenter un candidat.

Le cardinal Claudio Hummes pourrait être sur les rangs comme le cardinal João Braz de Aviz, homme d'ouverture, sympathisant d'une version modérée de la théologie de la libération, aujourd'hui à la tête de la puissante Congrégation pour les religieux. Mais les pays hispanophones comme le Mexique, la Colombie ou l'Argentine – avec le cardinal Jorge Mario Bergogli – chercheront à présenter un successeur rival.

Un «conservateur modernite»

Le cardinal hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga, président de Caritas Internationalis, a la faveur de nombreux progressistes. Mais il a sans doute une image trop à gauche, alors que l'épiscopat latino-américain s'est renouvelé depuis vingt ans dans un sens conservateur, avec un poids marqué de l'Opus Dei.

Hors de tous les schémas préétablis, le nouveau cardinal de Manille Luis Antonio Tagle, 55 ans, bouillant, dynamique, charismatique, est une étoile montante dans le firmament de l'Eglise. Très populaire en Asie, le Philippin est à la fois moderne et très orthodoxe sur les grands sujets doctrinaux.

Quoiqu'il en soit, le collège des cardinaux formaté par Jean Paul II et Benoît XVI n'élira sûrement pas un révolutionnaire aventureux, ni un prélat qui n'aurait pas une formation dogmatique approfondie. Tout penche vers le choix d'un des «conservateurs modernistes» qui ont le vent en poupe: à la fois capables de faire des réformes mais en maintenant l'essentiel. (Newsnet)

Créé: 11.02.2013, 18h41

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13 Commentaires

Raoul Meyer

11.02.2013, 20:18 Heures
Signaler un abus 28 Recommandation 1

Je me souviens qu'en 1978, lorsque le pape Paul VI était mort, d'un article dans l'Illustré qui disait qu'on était à quatre papes de la fin de je ne sais plus quoi. Il y avait aussi des bruits qui courraient, selon lesquels le dernier pape serait un noir. L'avenir nous dira bien si cette histoire est vraie. Répondre


Jean Etienne Allet

11.02.2013, 20:58 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 2

Avant chaque conclave, c'est le même cirque médiatique. Chacun y va de son petit pari, de son analyse, de ses paris. Mais si vous regardez les élections de papes aux XXè et XXIè siècles, les médias se sont à chaque fois trompés. A quoi bon entretenir ces suppositions qui seront de toutes façons balayées par le collège des cardinaux ? Répondre



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