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Des pro-palestiniens empêchés d’embarquer en Suisse

Proche-Orient

Israël a interdit dimanche l'entrée sur son sol à des centaines de militants de l'opération «Bienvenue en Palestine». En Suisse, une cinquantaine d'entre eux ont été bloqués à Genève, Bâle et Zurich.

Mis à jour le 15.04.2012
Les militants ont organisé un sit-in devant le comptoir easyJet pour demander dans un premier temps un remboursement de leurs billets.

Les militants ont organisé un sit-in devant le comptoir easyJet pour demander dans un premier temps un remboursement de leurs billets.
Image: Keystone

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Près de 1600 prisonniers palestiniens d'Israël, soit plus d'un tiers du total, s'apprêtent à observer une grève de la faim à partir de mardi, a affirmé dimanche le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë.

"Il y a environ 1.600 prisonniers palestiniens qui commenceront mardi une grève de la faim, afin d'obtenir une amélioration de leurs conditions dans les prisons de l'occupation et nous avons préparé un programme national de solidarité avec eux", a précisé le ministre.

Mardi coïncide avec la Journée des prisonniers palestiniens, ainsi qu'avec la libération prévue de l'un d'entre eux, Khader Adnane, qui a observé une grève de la faim record de 66 jours.

Sur 1500 participants espérés, dont un tiers de Français, seuls quelques dizaines sont parvenus jusqu'à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. Les autres, dans leur grande majorité, ont été empêchés à l'embarquement, notamment à Paris, Bruxelles, Rome et Istanbul.

Dimanche soir, une quarantaine de passagers «retenus pour interrogatoire» étaient en instance d'expulsion d'Israël, selon la police israélienne. Cette dernière a précisé que 33 de ces passagers étaient de nationalité française et que les sept autres avaient le passeport suisse, espagnol, italien, canadien ou portugais.

Auparavant, une cinquantaine d'activistes avaient été refoulés en Suisse. A Genève, 28 militants qui avaient acheté un billet auprès d'EasyJet n'ont pu embarquer, selon un porte-parole de la police genevoise. Ces personnes, entourées de sympathisants, ont exprimé leur mécontentement devant les guichets de la compagnie, a indiqué à l'ats une responsable de l'Aéroport international de Genève.

Une personne interpellée

Les militants ont protesté dans le calme encadrés par les forces de l'ordre. Selon la police, une personne a été auditionnée quelques minutes, avant de rejoindre un groupe qui s'est ensuite dispersé.

Dans le même temps, plusieurs militants éconduits ont indiqué qu'une trentaine d'entre eux avaient été refoulés dès l'embarquement et une dizaine d'autres avaient été été interceptés ensuite.

Lors d'un sit-in, ils voulaient demander un remboursement des billets. «Nous allons procéder par étapes», a indiqué l'un d'eux, n'excluant d'ailleurs pas une action en justice. «Selon nos militants, plus de vingt ont pu prendre le vol», a pour sa part déclaré à l'AFP un porte-parole de la campagne, Anas Muhamed.

«Procédure illégale»

A l'aéroport de Bâle, 21 militants ont été empêchés d'embarquer, selon la porte-parole de l'EuroAirport, Vivienne Gaskell. Une manifestation de protestation a été organisée, encadrée par quelques policiers.

Enfin, deux vols en partenariat entre la compagnie israélienne El Al et Swiss ont décollé de Zurich pour Tel Aviv, sans que l'aéroport, Swiss et la police ne signale d'incident. Aucun chiffre n'a été communiqué à Zurich sur le nombre de pro-palestiniens présents à l'aéroport ni sur le nombre de personnes refoulées.

Vendredi, plusieurs compagnies avaient indiqué avoir reçu une liste de passagers interdits d'entrée en Israël. Swiss a été obligée de se conformer à cette mesure, comme c'est le cas pour tous les pays ayant émis des interdictions d'entrée sur leur territoire, avait alors précisé une porte-parole de la compagnie helvétique.

Les organisateurs palestiniens ont dénoncé dimanche dans un communiqué une «nouvelle procédure illégale» des autorités israéliennes qui demandent aux passagers de signer «une déclaration par laquelle ils s'engagent à ne pas avoir de contact et à ne pas coopérer avec des membres d'organisations pro-palestiniennes».

Troisième tentative consécutive

Le ministère israélien de l'Intérieur a indiqué vérifier ces informations. La police israélienne a, elle, affirmé avoir mobilisé «plusieurs centaines de policiers» à l'aéroport Ben Gourion. Selon la radio israélienne, ils étaient au total 650, la plupart en civil.

Le ministre israélien des Transports, Israël Katz, a pour sa part déclaré que son pays ne pouvait «pas se permettre de laisser entrer des provocateurs sur son territoire», accusant certains d'appartenir à des «organisations pro-iraniennes».

En revanche, la dirigeante du parti d'opposition de la gauche israélienne Meretz, Zehava Galon, a estimé que «fermer les frontières en créant un nouveau rideau de fer ne (changerait) pas la réalité de l'occupation israélienne qui dure depuis 45 ans».

L'opération «Bienvenue en Palestine» était mise en place pour la troisième année consécutive. En 2010, une centaine de militants, selon les organisateurs, avaient réussi à gagner la Cisjordanie. Cette année, l'objectif pour eux était l'inauguration d'une école internationale à Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie. (ats/Newsnet)

Créé: 15.04.2012, 18h31