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Hollande garde l'avantage par sa gestuelle rassurante

Présidentielle française

Selon le spécialiste du langage corporel Rabah Aiouaz, Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à mettre KO son rival socialiste qui a souvent pris l'avantage sur le président sortant lors du débat télévisé de mercredi soir.

Par Christine Talos. Mis à jour le 03.05.2012 57 Commentaires

1/6 Le débat télévisé d'entre-deux-tours de la présidentielle opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy a rassemblé 17,79 millions de téléspectateurs mercredi soir sur les sept chaînes qui le diffusaient.

   

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La France d'en bas et d'en haut devant le téléviseur

La France d'en bas et d'en haut devant le téléviseur
Les Français n'ont pas perdu une bribe du duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Prises directes et réactions pendant et après le match.

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Le débat présidentiel en dessins

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Les caricaturistes n'ont pas manqué jeudi de brocarder le débat télévisé de l'entre deux-tours.

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«Ce duel était à l'image d'un match de boxe. Pour prendre l'ascendant sur François Hollande, Nicolas Sarkozy aurait dû lui balancer des uppercuts. Or, il a seulement réussi à gagner des points.» C'est ainsi que le synergologue Rabah Aiouaz, spécialiste du comportement non verbal, résume le duel télévisé qui a opposé mercredi soir les deux finalistes du second tour de la présidentielle.

Pour ce spécialiste du comportement non verbal qui a décrypté la gestuelle des deux duellistes, le président sortant a asséné de nombreux coups, sans jamais faire vraiment mouche. «Même s'il s'est montré plus calme que d'habitude, son corps n'a jamais cessé de gesticuler dans tous les sens, signe qu'il cherchait la solution pour déstabiliser son adversaire, sans jamais la trouver», estime-t-il. Son regard partait aussi dans tous les sens, ce qui renforce son sentiment que le président tentait en vain de faire mouche.

François Hollande rigide

Pourtant François Hollande n'a pas fait des merveilles non plus en termes de communication non verbale, juge Rabah Aiouaz. Tout le haut de son corps est resté très droit, rigide, il a économisé ses mouvements, mais il n'a dégagé aucune émotion négative. Son visage est souvent resté de marbre.

Ce qui fait dire au comportementaliste que le candidat socialiste n'a pas pris de risques inutiles. «Il fallait qu'il reste calme, qu'il garde le contrôle, et de ce point de vue, l'exercice était réussi. Il avait une stature plus présidentiable, à l'image d'un Mitterrand ou d'un Valéry Giscard d'Estaing, qui n'étaient pas réputés non plus pour avoir la bougeotte.»

Sarkozy lui a aligné les émotions négatives à coups de lèvre supérieure retroussée (signe de colère) et de poings fermés (tension) . Trois points ont en outre frappé le synergologue dans son comportement. D'abord, le fait qu'il s'adresse très souvent aux journalistes plutôt qu'à son adversaire. Pour lui, cela signifie qu'il cherchait leur approbation, donc qu'il avait besoin d'aide pour convaincre, ce qui n'est guère positif en termes de crédibilité.

Sarkozy se rebiffe face à l'autorité de Hollande

Deuxième point marquant: Sarkozy a souvent gardé sa main gauche sous la table. Cette main étant celle qui correspond à l'identité d'une personne, Rabah Aiouaz estime que président tentait de cacher des choses, de ne pas se dévoiler. Enfin, Sarkozy tirait très souvent sur sa veste. En langage corporel, ce geste veut dire qu'il n'acceptait pas de voir son autorité remise en question par son adversaire.

Du côté du candidat socialiste, Rabah Aiouaz l'a senti peu sûr de lui lors des questions sur l'immigration. «Comme Sarkozy auparavant, il a commencé à ce moment-là à s'adresser furtivement aux journalistes pour convaincre. » En revanche, il regardait Sarkozy droit dans les yeux sur les questions liées à la fiscalité, signe qu'il savait de quoi il parlait, estime-t-il. Sarkozy était lui sur la défensive, le corps en retrait, pour parler de l'Allemagne notamment. «Ses propos n'étaient à ce moment pas en adéquation avec sa pensée profonde. »

Pour Rabah Aiouaz, François Hollande, qui a souvent cillé des yeux sous les attaques du président - signe de déstabilisation - a compris que la meilleure défense était l'attaque. Du coup, à l'image d'un boxeur, il a balancé des coups - son corps se penchait en avant - avant de se remettre aussitôt sur la défensive, le corps en retrait.

En conclusion, le synergologue estime que les deux candidats, complètement à l'opposé dans leur personnalité, étaient finalement d'une complémentarité parfaite. Alors qui choisiront les Français le 6 mai? Sarkozy spontané, énergique mais instable? Ou Hollande, calme, le regard franc et droit mais très (trop?) rigide? Rabah Aiouaz estime que le socialiste conserve l'avantage. «Quand il y a crise, les gens ont tendance à s'abriter derrière la personne qui dégage le plus de solidité», conclut-il.

Réponse dimanche soir à 20 heures.

(Newsnet)

Créé: 03.05.2012, 10h02

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57 Commentaires

Songeur Perplexe

03.05.2012, 10:12 Heures
Signaler un abus 27 Recommandation 0

Nicolas Sarkozy connait le sujet ! Il a les épaules face à une crise qui touche tout les pays. Hollande a démontré qu'il s'embrouillait et se contredisait sans cesse. Imaginer cet homme face aux puissances mondiales... ! La France est une grande nation et il faut quelqu'un d'instruit et de fort. Pas d'un Hollande OUI OUI qui dit oui-oui à tout le monde... Répondre


Pascal CONVERSANO

03.05.2012, 10:29 Heures
Signaler un abus 22 Recommandation 0

A parcourir la presse et à écouter les commentaires des journalistes, soit je suis fou, soit nous n'avons pas assisté au même débat Répondre



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