Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 02:38

Tuerie d'Oslo Impassible, Breivik a plaidé non coupable

Le Norvégien est resté de marbre face à des enregistrements audio et vidéo déchirants qui ont provoqué l'effroi des familles de victimes.

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Chronologie illustrée de la tuerie en Norvège

Chronologie illustrée de la tuerie en Norvège L'explosion d'une bombe dans le quartier gouvernemental d'Oslo le 22 juillet 2011 suivie de la tuerie sur l'île d'Utoeya ont traumatisé toute la Norvège.

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Anders Behring Breivik cependant versé quelques larmes devant un film de propagande qu'il avait réalisé et diffusé sur internet le 22 juillet, jour des attaques. Face à un tribunal qu'il a dit ne pas reconnaître, l'extrémiste de droite a ensuite retrouvé l'impassibilité qu'il affichait depuis l'ouverture du procès à 9 heures.

Ainsi, il n'a manifesté aucune émotion lors de la diffusion d'un appel de détresse passé à la police par Renate Taarnes, 22 ans, l'été dernier sur l'île d'Utoeya où 69 jeunes ont été exécutés. «Venez vite... Ça tire tout le temps», supplie la jeune femme, tandis que le policier qui prend l'appel est incrédule. La jeune femme a survécu à la tragédie.

Pas le moindre signe d'émotion non plus lorsque le procureur a diffusé une vidéo montrant l'explosion d'une camionnette garée devant le siège du gouvernement à Oslo, tandis que des gens s'en approchent. Bilan: huit morts.

Pas davantage de réaction lorsque ont été diffusés les enregistrements de ses propres appels à la police: «Maintenant que l'opération est finie, je souhaite me rendre», affirme-t-il ce jour- là. En réalité, il tuera encore avant d'être arrêté après 73 minutes de carnage.

Provocation

Dès son entrée dans le prétoire, Breivik, 33 ans, a affiché sa défiance et sa volonté de provoquer. Il s'est frappé le cœur de la main droite avant de tendre le bras, poing fermé, à l'adresse du public - environ 200 personnes - composé de familles de victimes, de survivants, de journalistes ainsi que de quatre psychiatres.

Ce salut, explique-t-il dans un manifeste sur internet, représente «la force, l'honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe». Puis, il est demeuré imperturbable lorsque le procureur a égrené la liste des noms de ses victimes. Les familles trahissaient leur profond dégoût pour l'accusé par des hochements de tête et étouffaient des sanglots.

Breivik, lui, gardait la tête et les yeux baissés, semblant ne pas entendre le procureur déclarer solennellement: «L'accusé a commis des crimes extrêmement graves à une échelle qui n'avait jusqu'à présent jamais été observée dans notre pays à l'époque moderne».

Ses larmes à la vue de son propre film n'ont pas ému. «Il s'est senti désolé pour lui-même, pas pour les familles», a déclaré une avocate des familles de victimes, Mette Yvonne Larsen.

Non coupable

Les déclarations de Breivik à la cour semblent lui donner raison. «Je reconnais les faits, mais je ne reconnais pas ma culpabilité» au sens pénal, a-t-il lancé. «J'invoque la légitime défense», a ajouté l'accusé.

Il a expliqué par le passé avoir agi contre «des traîtres à la patrie» coupables, selon lui, de brader la société norvégienne à l'islam et au multiculturalisme. Son avocat Geir Lippestad a expliqué que les larmes de son client étaient liées à ses sentiments sur «une guerre en cours en Europe».

Certains Norvégiens redoutent que le tueur transforme la salle d'audience en «cirque, une occasion absolument unique pour expliquer mes idées au monde», comme il l'écrivait dans une lettre récente que s'est procuré le quotidien «VG». La défense a convoqué 29 témoins, allant d'un prêcheur islamiste à des blogueurs d'extrême droite, pour éclairer sa vision du monde.

Santé mentale en question

Le procès, qui reprendra mardi avec le témoignage de Breivik, devrait durer dix semaines et, l'accusé ayant revendiqué le massacre, la principale interrogation portera sur sa santé mentale.

Me Lippestad a déjà prévenu: «Il sera extrêmement difficile d'écouter ses explications», d'autant qu'il va «déplorer de ne pas être allé plus loin» dans son carnage qu'il a qualifié d'»atroce, mais nécessaire».

Si les juges, dans leur verdict attendu en juillet, le déclarent pénalement responsable, Breivik encourra 21 ans de prison, une peine qui pourra être prolongée tant qu'il sera considéré dangereux.

Dans le cas contraire, il devra subir un traitement psychiatrique dans un établissement fermé, potentiellement à vie. (afp/ats/nxp)

(Créé: 16.04.2012, 19h11)

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