ACCUEIL 20.8.2014 Mis à jour à 20h05

Le camp Merkel en déroute lors d'un scrutin important

Élection régionale

Les conservateurs d'Angela Merkel ont connu dimanche un nouveau revers lors du scrutin régional test de Rhénanie du nord-Westphalie. Cette débâcle sonne comme un avertissement pour la chancelière.

Mis à jour le 13.05.2012 22 Commentaires
Le chef de file de la CDU de Rhénanie du nord-Westphalie, le ministre fédéral de l'Environnement, Norbert Röttgen (au centre), a résumé: «Cette défaite est amère, claire et elle fait très mal».

Le chef de file de la CDU de Rhénanie du nord-Westphalie, le ministre fédéral de l'Environnement, Norbert Röttgen (au centre), a résumé: «Cette défaite est amère, claire et elle fait très mal».

Articles en relation

Partager & Commenter

A 16 mois des législatives allemandes, les conservateurs d'Angela Merkel ont connu un nouveau revers lors du scrutin régional test de Rhénanie du nord-Westphalie.

Les socio-démocrates, opposition fédérale opposée à la politique d'austérité de la chancelière, ont enregistré un sérieux coup de pouce.

L'Union démocrate-chrétienne (CDU) d'Angela Merkel a perdu environ 9 points par rapport à 2010, à 25,7% lors des législatives de ce Land, le plus peuplé d'Allemagne avec 18 millions d'habitants.

Cette débâcle des conservateurs sonne comme un avertissement pour la chancelière, au pouvoir depuis 2005 et réélue en 2009. Et ce, même si cette région dominée par les villes de Düsseldorf et Cologne est un bastion historique de la gauche.

Une semaine après que les électeurs en Grèce et en France ont montré qu'ils ne voulaient plus de politique d'austérité, les Allemands de Rhénanie du Nord-Westphalie ont porté leurs suffrages vers le SPD, critique de la politique rigoureuse de Mme Merkel.

Emmené par la dirigeante sortante de la Région, Hannelore Kraft, le SPD a obtenu 38,2% des suffrages, soit 3,7 points de plus qu'en 2010, selon des estimations. «Quelle belle soirée», a lancé Mme Kraft, qui jouit d'une forte cote de popularité. «C'est une défaite cinglante pour Angela Merkel et la CDU», a commenté la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles.

Le FDP s'en sort mieux

Le chef de file de la CDU dans cette région, le ministre fédéral de l'Environnement, Norbert Röttgen, a résumé: «Cette défaite est amère, claire et elle fait très mal». «C'est la défaite de la CDU et avant tout ma défaite», a-t-il ajouté.

Norbert Röttgen a annoncé dans la foulée sa démission de la direction de la CDU régionale. «Ce résultat dépasse nos craintes de loin», a également reconnu l'un des hauts responsables du parti, Peter Altmeier.

Le SPD devrait former une coalition avec les Verts, stables à 12,1% des voix. Le résultat ne traduit néanmoins pas forcément un rejet de l'austérité.

L'allié libéral de la CDU au niveau fédéral, le FDP, un «faucon» en la matière, s'en sort mieux que prévu après une descente aux enfers depuis plus d'un an. Il recueille 8,5% des voix dans cet Etat industriel qui compte notamment les sièges de la Poste, des télécoms, mais aussi de la première compagnie aérienne Lufthansa ou des groupes énergétiques RWE et EON.

Le Parti des Pirates, le jeune mouvement contestataire qui a le vent en poupe, fait son entrée dans un quatrième parlement régional avec 7,8% des suffrages.

Impact limité

Avant la tenue du vote, les analystes estimaient toutefois que l'impact devrait rester limité pour la chancelière qui jouit toujours d'une grande popularité personnelle.

Les Allemands lui savent gré de promouvoir l'austérité budgétaire pour soigner la zone euro mal en point. Selon un sondage effectué pour l'hebdomadaire Stern, 59% d'entre eux refusent des mesures pour soutenir la croissance qui se traduiraient par de nouvelles dettes.

Mme Merkel devait s'exprimer lundi à 01h00, après l'annonce des résultats définitifs. Fidèle à son credo de l'austérité, la chancelière a encore réaffirmé jeudi qu'elle excluait une croissance financée à crédit.

«Combien de temps encore?»

L'influent hebdomadaire «Die Zeit» se demande toutefois cette semaine: «Combien de temps encore?». «Angela Merkel est au sommet de son pouvoir (...) et sait que les choses vont maintenant commencer à être difficiles».

Le bilan électoral de la coalition libéralo-conservatrice s'avère calamiteux depuis son arrivée au pouvoir en 2009. Le FDP a échoué à dépasser la barre des 5% dans six scrutins régionaux. La CDU a perdu son fief historique du Bade-Wurtemberg, la deuxième ville du pays, Hambourg, et n'a enregistré qu'un peu plus de 20% dans plusieurs autres régions.

La Rhénanie du nord-Westphalie pèse lourd dans la vie politique fédérale. En 2005, après avoir essuyé une déroute électorale dans ce Land, le chancelier Gerhard Schröder avait convoqué des élections législatives anticipées et permis ainsi l'arrivée d'Angela Merkel au pouvoir.

(ats/Newsnet)

Créé: 13.05.2012, 20h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

22 Commentaires

Ya ka

13.05.2012, 20:42 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Mais, mais... ne me dites pas que certains Allemands pourraient donner raison à FH et aux Grecs? Répondre


Amedee Biscoteau

13.05.2012, 21:40 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Le vote allemand est révélateur d'un changement de mentalité, ils votent à gauche, car ils en ont assez de ne pas récolter les fruits de la croissance, mais pensent qu'au niveau fédéral Merkel a raison d'obliger les autres à se serrer la ceinture, bref ils commencent à en avoir marre de soutenir l'Europe. FH ferrait bien d'en tenir compte, plus de gauche oui, mais pas de laxisme budgétaire Répondre



Sondage

Certaines compagnies aériennes continuent à sillonner le ciel de pays en guerre, est-ce raisonnable?



Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne



Rubriques: Suisse · Monde · Sports · Faits divers · People · Loisirs · Société · Economie · Auto-Moto · High-Tech · Santé
Outils: Recherche · RSS · Mobile · Météo
Le Matin: Contacts · Publicité · Annonce · Services clients · Conditions générales · Cercle de lecteurs · Charte des commentaires · Impressum