Vendredi 9 décembre 2016 | Dernière mise à jour 02:18

17e anniversaire du massacre Les musulmans honorent la mémoire des victimes de Srebrenica

Environ 30’000 personnes ont participé mercredi à Srebrenica, aux obsèques de 520 victimes du massacre perpétré en 1995 à l’encontre de musulmans par les forces serbes de Bosnie, tuerie qualifiée de génocide par la justice internationale.

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Environ 30’000 personnes ont commémoré mercredi le génocide de Srebrenica de 1995 en Bosnie. A l’occasion du 17e anniversaire du massacre perpétré à l’encontre de musulmans par les forces serbes de Bosnie, 520 victimes, retrouvées et identifiées depuis l’anniversaire précédent, ont été mises en terre.

Une cérémonie qui intervient au moment où les principaux responsables de cette tuerie Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont devant la justice internationale. Le président américain Barack Obama a profité de cet anniversaire pour dénoncer les tentatives de «nier le fait indiscutable qu’un génocide» s’est produit à Srebrenica durant le conflit intercommunautaire de 1992-1995.

Début juin, peu après son élection, le nouveau président serbe, le nationaliste populiste Tomislav Nikolic avait contesté dans une interview l’existence de ce génocide, soulevant un tollé général.

C’est «une douleur sans fin»

Par une chaleur de plomb, après une prière pour les morts prononcée par le grand mufti de Bosnie, les cercueils - enveloppés dans des linceuls verts -, contenant les restes de 520 victimes du massacre, ont été enterrés.

«C’est de la douleur, une douleur sans fin. Et lorsque le 11 juillet arrive, chaque année, cette douleur devient insupportable», lance en pleurant Sevdija Halilovic, venue au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica, pour les funérailles de son père.

«Mes deux frères ont aussi été tués dans le massacre, mais ils n’ont pas encore été retrouvés», s’étrangle-t-elle. Quelque 8000 hommes et adolescents ont été tués à Srebrenica en l’espace de quelques jours. Il s’agit de la pire atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Le 11 juillet 1995, quelques mois avant la fin du conflit, les troupes serbes avaient pris le contrôle de Srebrenica, enclave musulmane qui avait été décrétée «zone protégée» par l’ONU.

L’enterrement des victimes exhumées des fosses communes et identifiées est organisé chaque année au centre mémorial de Potocari à l’occasion de l’anniversaire du massacre. A ce jour, 5137 martyrs y ont été enterrés.

Responsables jugés

Après avoir échappé à la justice pendant des années, les anciens chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan Karadzic, sont enfin jugés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Le procès de l’ex-général Mladic, 70 ans, qui a commencé cette année, a repris lundi avec la déposition du premier témoin de l’accusation. Surnommé «le boucher des Balkans», Ratko Mladic a été arrêté en Serbie en 2011 après seize ans de cavale. Inculpé des mêmes chefs d’accusation, Radovan Karadzic, 67 ans, a été interpellé en juillet 2008 à Belgrade après s’être caché pendant treize ans. Son procès s’est ouvert en octobre 2009.

A ce jour 38 anciens militaires et policiers serbes de Bosnie ont été condamnés à des peines de prison par le TPIY et la justice bosnienne pour le massacre de Srebrenica, dont certains pour génocide.

Colère des proches des victimes

Malgré ces procédures, les familles des victimes ont du mal à croire que justice sera faite. «Leur procès va durer des années», craint Fatima Mujic, venue enterrer son frère.

«Et à la fin, ces deux sauvages vont mourir avant d’être condamnés, comme Slobodan Milosevic, et les Serbes vont continuer à dire qu’il n’y a pas eu de génocide à Srebrenica», renchérit une femme de 39 ans, dont le mari a aussi été tué dans le massacre.

«Ils veulent des témoins? Voici des témoins! Il ne faut pas aller chercher trop loin», s’emporte Muniba Cakar, 63 ans, qui a enterré son mari, montrant des milliers de pierres tombales dans le mémorial de Potocari.

Inculpé, entre autres, pour le massacre de Srebrenica, l’ancien homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic, est mort en 2006 dans la prison du TPIY avant la fin de son procès.

(AFP/nxp)

(Créé: 11.07.2012, 08h15)

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