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Nicolas Sarkozy, fonceur, frondeur, loser

Portrait

Face à la défaite, le président sortant s'est montré beau joueur. Décomplexé, le chef de l'Etat français a mené son quinquennat et sa campagne tambour battant.

Par Marion Moussadek. Mis à jour le 06.05.2012 17 Commentaires
Après un quinquennat tumultueux, le chef de l'Etat français promet d'avoir encore l'énergie pour assumer un deuxième mandat.

Après un quinquennat tumultueux, le chef de l'Etat français promet d'avoir encore l'énergie pour assumer un deuxième mandat.
Image: AFP

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En images, l'ascension politique de Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy s'est frotté très jeune à la politique. Parcours en images, de son poste de maire de Neuilly-sur-Seine en 1983 à sa campagne pour son second mandat.

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Grandeurs et déboires du quinquennat Sarkozy

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Le chef de l'Etat sortant aura révolutionné la manière de gouverner. Tour d'horizon de ses coups d'éclat et de ses grands ratés.

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2007-2012: Le quinquennat Sarkozy en images

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Il a été le président de tous les superlatifs. Retour en images sur le premier mandat d'un président devenu aussi "people".

Fiche d'identité

57 ans, divorcé deux fois, remarié, 4 enfants
Son parti: UMP, Union pour un Mouvement Populaire
Son slogan: La France forte
Voix obtenues: 48,3%
En savoir plus: www.nicolas-sarkozy-2012.fr et www.u-m-p.org et www.lafranceforte.fr

5 mesures-clé

Augmentation de la TVA de 19,6% à 21,2% pour doper la compétitivité des entreprises
–Organisation d'un référendum pour réformer le système d'indemnisation des chômeurs et les procédures d'expulsion des immigrés clandestins
Durcissement des règles de naturalisation des conjoints étrangers. But: diviser par deux l'immigration légale
Prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires, à rebours des propositions socialiste et écologiste
–Réforme des accords de Schengen et mise en place d'un certain protectionnisme européen

Le dérapage; «Casse-toi, pauv'con!»

Ses livres


–«Ensemble», Xo Editions, avril 2007, 158 pages
–«Au bout de la passion, l'équilibre», Albin Michel, mars 1995, 256 pages
-«Libre», La droite au cœur Pocket, janvier 2003, 415 pages
–«Témoignage», Xo Editions, juillet 2006, 248 pages
–«La République, les religions, l'espérance», Editions Cerf, octobre 2004, 172 pages

La bande-annonce du film «La conquête» de Xavier Durringer

Il nage dans le bonheur côté vie privée, et patauge dans sa vie publique. Le président sortant Nicolas Sarkozy, non reconduit, se trouve dans l'état d'esprit exactement inverse à celui qui l'habitait en 2007, à l'aube de son élection.

Nicolas 2012 est jeune papa – sa première fille après trois garçons de ses deux précédentes unions – et presque jeune marié – quatre ans d'union au compteur. A l'opposé, le couple de Nicolas 2007 était à cinq petits mois du divorce, tandis que l'homme politique surfait sur une opinion publique sublimée par son énergie hors du commun.

Entre 2007 et 2012, tout a changé. Lui-même avant tout, se plaît à répéter le président-candidat qui a compris qu'ostentation n'était pas raison. Mais Nicolas 2012, comme Nicolas 2007, n'ira-t-il pas chercher les électeurs «avec les dents»?

Du bling-bling à la culture

Le personnage bling-bling en début de quinquennat – lunettes de soleil Ray-Ban sur le nez, téléphone portable vissé à l'oreille, yacht de Bolloré et soirée au Fouquet's – a été trop tapageur et ravageur. Un mot d'ordre depuis: sobriété. S'il gagne, il fêtera sa victoire dans l'intimité «avec Carla et Giulia» et «peut-être quelques amis», ajoute-t-il du bout des lèvres.

Fini aussi la mise en scène de sa vie privée. Celle de ses enfants, d'abord. On se souvient du «Bonne chance, mon papa!» de Louis Sarkozy, 7 ans, dans un clip de l'UMP, un grotesque plagiat des Kennedy. De Giulia, le public ne verra au contraire pas même le couffin.

Côté culture, c'est la métamorphose. Que d'aucuns attribuent à son artiste d'épouse (si si, c'est quelqu'un qui me l'a dit). Les films préférés de Nicolas 2007? «Il faut sauver le soldat Ryan» de Spielberg et «Le Grand restaurant» avec Louis de Funès. Il ne manque plus que les chips et la bière, au grand dam du journaliste culturel français Jérôme Garcin, qui sort atterré de son interview avec le chef de l'Etat. Sans compter l'épisode «Princesse de Clèves», un roman qui ne mérite pas plus que le statut de sujet «sadique ou imbécile» au concours d'attaché d'administration. Non, Nicolas 2012 cite à qui veut l'entendre du Hans Magnus Enzensberger, auteur certes talentueux (meilleur livre de l'année 2010) mais peu connu du grand public.

De Neuilly à l'Elysée

C'est donc le grand écart pour celui qui se définissait, dans son discours d'investiture, comme «un petit Français de sang mêlé», allusion à ses origines hongroises par son père, et qui, en 2012, promet de diviser l'immigration légale par deux. Le grand écart aussi d'un bout à l'autre de sa carrière politique: en 1977, Nicolas Paul Stéphane Sarkozy est nommé conseiller municipal, 37e sur une liste de 37. «Moi, je viens du fond de la salle. Je n'ai pas été le chouchou de tel ou tel prince de la République. Je me suis battu dur pour être là où je suis», répète-t-il à l'envi.

Enfant, Nicolas a beau cravacher, il ne parvient jamais au niveau de son frère aîné Guillaume, premier en maths, premier enfant de chœur à la messe du dimanche. Face à son cadet, le père n'est pas tendre: «Avec le nom que tu portes, et avec tes résultats, jamais tu ne réussiras en France», assène le géniteur du futur président de la République.

C'est peut-être ce dénigrement qui a donné envie à Speedy, comme l'appellent les Anglais, d'y arriver, coûte que coûte quitte à «montrer les crocs», selon ses propres termes. En 2006, il résumait: «Je voulais le parti, je l'ai. Je voulais rester haut dans les sondages, je le suis. Je voulais incarner le passé et le présent, c'est fait.»

Pourtant, à l'avant-veille de son sacre, son père n'avait pas changé d'avis. Selon Libération, cet habitué du Fouquet's confiait à qui voulait l'entendre: «Nicolas n'est pas à la hauteur». «Ce qui m'a façonné, c'est la somme des humiliations d'enfance», semble rétorquer Nicolas Sarkozy, à l'enfance pourtant privilégiée. Ski, tennis, équitation, maison de campagne, grand-parents haut-fonctionnaires et ambassadeurs. Il grandit dans une vaste maison néo-Renaissance du XVIIe arrondissement. Néanmoins, le chef de l'Etat dit de sa jeunesse qu'elle «n'a pas été un moment particulièrement heureux».

«Pire DRH de France»?

La faute à ce père méprisant qui l'abandonne, lui, sa mère et ses deux frères, alors que le plus petit vient de naître, pour partir avec la fille d'un diplomate? Pal Sarközy de Nagy-Bocsaî se mariera quatre fois au total et oubliera ses devoirs au point de ne jamais verser la pension alimentaire. Voilà que la mère, Andrée, est contrainte à reprendre ses études de droit. Et à retourner sur le marché du travail. Au cours Saint-Louis, les Sarkozy sont les seuls enfants de divorcés. Cela doit faire partie des «humiliations».

On imagine qu'à la maison, Andrée s'en sort tout juste avec ses trois garçons. Heureusement, elle a son père sous la main pour les cadrer. Il vit au premier étage. C'est lui qui a légué au couple Sarközy le deuxième étage, où habite la famille. Juif de Salonique, il est «gaulliste contre les gauchistes», explique Libération. C'est sans doute lui qui transmet la passion de la politique à Nicolas, en l'emmenant notamment aux défilés du 14-Juillet. A 28 ans, son petit-fils devient le plus jeune maire d'une ville de plus de 50 000 habitants. Il a ravi Neuilly à Charles Pasqua. C'est le début de l'ascension de celui qu'un de ses conseillers qualifie de «pire DRH de France». (Newsnet)

Créé: 06.05.2012, 22h30

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17 Commentaires

Sarko la loose

21.04.2012, 11:47 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 0

Ce n'est pas un président mais une vraie daube que les Français ont eu pendant 5 ans. Répondre


catherine brachet

21.04.2012, 11:43 Heures
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un peu tard pour la rédemption ! il va se prendre une sacrée veste et pourra enfin aller se recueillir dans un monastère comme il devait le faire après son élection .... Répondre



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