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«On a gagné, il a perdu», les mots d'une rescapée à Breivik

Tueries de Norvège

Les jeunes Norvégiens qui ont échappé à Anders Behring Breivik ne se laissent pas démonter par la confrontation avec le tueur.

Mis à jour le 14.05.2012
Anders Behring Breivik.

Anders Behring Breivik.
Image: AFP

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Des jeunes Norvégiens blessés dans la fusillade d'Utoeya ont pour la première fois comparu à la barre du tribunal d'Oslo lundi, décrivant comment Anders Behring Breivik leur avait calmement tiré dessus et adressant un pied-de-nez au tueur jugé pour la mort de 77 personnes.

«On a gagné, il a perdu. Les jeunes Norvégiens savent nager», a lancé Frida Holm Skoglund, jeune fille fluette de 20 ans à qui la cour demandait si elle souhaitait s'adresser à l'accusé confiné dans une autre pièce le temps de son témoignage.

Chose rare depuis le début du procès de l'extrémiste de droite de 33 ans le 16 avril, ses propos ont soulevé quelques rires discrets dans la salle 250 du tribunal d'Oslo.Visiblement anxieuse à l'idée de témoigner, Frida Holm Skoglund a expliqué à la barre comment elle avait été touchée d'une balle à la cuisse le 22 juillet 2011 et comment elle avait elle-même retiré le projectile.

«Une amie m'a dit que j'étais touchée à la cuisse. Je croyais que c'était une blague, que ce n'était pas une vraie balle», a-t-elle déclaré d'une voix timorée tranchant avec la dureté de ses propos.

Fuite à la nage

Pour échapper à Breivik, la jeune fille a dû s'enfuir d'Utoeya à la nage avec plusieurs camarades. Elle a dit avoir vu, depuis les eaux glaciales du lac, le tueur posté sur la rive tirant sur les jeunes qui fuyaient à la nage tout en leur hurlant «Arrêtez, revenez».

Accusant leur mouvement de faire le lit de l'islam et du multiculturalisme en Norvège, Breivik a tué 69 personnes sur Utoeya en prenant pour cible un camp d'été de la Jeunesse travailliste. Juste auparavant, il avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit autres victimes.

S'il reconnaît les faits, l'extrémiste a choisi de plaider non-coupable, considérant son geste «cruel mais nécessaire».

S'il est reconnu pénalement irresponsable dans le verdict attendu en juillet, il risque l'internement psychiatrique à vie. Déclaré responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait être prolongée aussi longtemps qu'il sera jugé dangereux. (afp/Newsnet)

Créé: 14.05.2012, 13h42

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