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Quand Hollande menait campagne contre le «salopard»

Présidentielle française

L'écrivain français Laurent Binet a suivi François Hollande durant toute la campagne présidentielle. Il en ressort un livre édifiant sur les coulisses du pouvoir.

Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 17.08.2012 1 Commentaire
François Hollande, une «formidable de guerre».

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Image: AFP

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Hollande vs Mitterrand

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François Hollande détourné à toutes les sauces

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«C'est là que Hollande est bon: il n'a pas d'états d'âme», confie Laurent Binet dans un entretien au Nouvel Observateur. Non, François Hollande n'est pas un président gentil qui «n'aime pas faire de la peine». C'est un homme politique normal. «Il a toutes les qualités du politique, avec ce que ça a de déshumanisant», rapporte l'auteur français.

Une machine de guerre

Dans son livre «Rien ne se passe jamais comme prévu» (sortie prévue le 22 août), dont le Nouvel Observateur a publié jeudi les bonnes feuilles, Laurent Binet révèle les rouages de «la formidable machine de guerre» Hollande, «configurée de façon optimale pour atteindre son but».

De l'été 2011 au 6 mai 2012, l'auteur, introduit par Valérie Trierweiler, s'est glissé dans les coulisses de la campagne présidentielle socialiste. En ressort l'image d'un président pragmatique qui connaît son métier de politique à la perfection, «avec ce que ça a de déshumanisant». François Hollande ne se laisse pas aller aux sentiments, pour gagner il faut se contrôler. Même s'il se laisse parfois aller à quelques écarts, comme le 16 octobre 2011, soir de sa victoire aux primaires socialistes, où il a confié à sa compagne «être bourré».

François Hollande n'est pas pour autant «un mec qui te tape dans le dos», comme le révèle l'auteur français. Et le président se montre même parfois «ingrat». «Des gens qui l'ont soutenu pendant des années, comme Faouzi Lamdaoui (chef de cabinet de Hollande durant la campagne), ont été déçus. Ce n'est pas de la cruauté, c'est du pragmatisme», note Laurent Binet.

Le rival Sarkozy

Persuadé «qu'il n'est pas là par hasard...», le candidat démontre également une grande animosité envers son concurrent. Dans le privé «il traitait régulièrement Sarkozy de 'salopard', de manière tout a fait naturelle et tranquille», souligne Laurent Binet au quotidien français. A côté, le «sale mec» qui a créé la polémique passe pour un sympathique sobriquet.

De même, comme le souligne le Huffington Post, lors de la cérémonie de passation de pouvoir, François Hollande aurait déclaré que Sarkozy «n'avait parlé, comme d'habitude, que de lui» et que l'entretien en tête à tête avec lui était «très froid». François Hollande danse avec les loups et comme ses congénères, il a les crocs acérés.

Un débat soigneusement préparé

Le 2 mai 2012, pour le grand soir du débat d'entre-deux tours, il répète avec Guillaume Bachelay. Supporter de Martine Aubry, l'homme est l'auteur de la fameuse formule de la «gauche molle». Mais Hollande a fait de son ennemi un allié. Après les primaires, «il va chercher ce Bachelay, celui qui a le plus craché sur lui, qui est l'auteur des pires formules contre lui. Il le prend dans son staff, le nomme chef de la cellule 'riposte'» et «c'est à lui qu'il demande de jouer Sarkozy», souligne Laurent Binet. Un candidat idéal pour une répétition contre un adversaire.

Le grand soir s'est bien déroulé, Manuel Valls, Guillaume Bachelay et Valérie Trierweiler qui l'ont vécu par procuration, coachant leur crack avec emphase depuis les loges, peuvent être soulagés. Même si François Hollande révèle qu'il «était un peu embêté quand il l'a traité de menteur». C'était sans compter sur la désormais célèbre tirade, inspirée de Laurence Ferrari selon la déclaration de François Hollande à Laurent Binet. Elle «me souffle l'idée quand elle me demande: 'vous, président de la République, que ferez-vous?'».

D'ailleurs, à la fin du débat, «le sportif après son match» confie, «Moi, président de la République, ça m'est venu comme ça. Je pensais qu'il allait m'interrompre mais non, alors je continuais. A la fin j'avais plus d'idées.»

François Hollande possède un excellent «sens de l'improvisation» et «un esprit de répartie» aiguisé , comme le souligne Laurent Binet. Deux qualités essentielles à l'homme politique normal qui ne vise qu'une chose, la victoire. (Newsnet)

Créé: 17.08.2012, 12h47

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1 Commentaire

Patrick Luder

17.08.2012, 15:40 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Le premier jugement pourra être donné en 2014 ... un homme politique ne doit pas être aimé, il doit être apprécié ! Répondre