Stephan Schmidheiny fera recours de sa condamnation
Procès de l'amiante à Turin
—Mis à jour le 13.02.2012 34 Commentaires
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Le verdict prononcé lundi par le tribunal de Turin ne marque pas la fin de la saga judiciaire Eternit. Outre un procès en appel, quasi-certain, d’autres procédures sont pendantes.
Le premier, baptisé «Eternit bis», devrait concerner les personnes tombées malades depuis le début des audiences préliminaires de l’actuel procès, le 6 avril 2009, et donc exclues de la procédure. Actuellement, environ 180 personnes sont concernées, selon M. Pondrano.
Le second concerne les émigrés italiens tombés malades dans les usines suisses d’Eternit. Le Département fédéral de justice et police (DFJP) avait autorisé en octobre 2007 la transmission au parquet de Turin des dossiers de la SUVA concernant 196 ouvriers des usines de Payerne (VD) et Niederurnen (GL).
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La justice italienne a condamné lundi les industriels suisse Stephan Schmidheiny et belge Jean-Louis de Cartier à seize ans de prison dans le procès de l’amiante. Le procureur de Turin et les familles des victimes ont salué une décision «historique». Les accusés feront recours.
Le milliardaire suisse, âgé de 65 ans, et le baron belge, 91 ans, ont été condamnés par le tribunal de Turin pour «catastrophe environnementale criminelle» et «omission volontaire des mesures anticatastrophe». Les deux hommes, qui ne se sont jamais présentés aux audiences, étaient absents lundi.
Cette décision porte sur les deux usines du groupe Eternit S.p.a. Gênes de Casale Monferrato et Cavagnolo (Piémont), mais pas sur celles de Rubiera (Emilie Romagne) et Bagnoli (Campanie), les faits étant jugés prescrits.
Des millions à payer
La cour a également condamné les deux accusés à payer les frais de justice et à verser d’importants dédommagements aux quelque 4500 parties civiles. Les deux hommes devront ainsi verser 25 millions d’euros à la commune de Casale Monferrato, 20 millions à la région Piémont et 15 millions à l’Inail, l’équivalent transalpin de la SUVA.
M. de Cartier devra encore payer quatre millions d’euros à la commune de Cavagnolo. Les victimes ou leurs proches recevront quant à eux des dédommagements compris entre 30’000 et 35’000 euros. La lecture du jugement a duré plus de trois heures dans une salle pleine à craquer.
Décision «historique»
Une quinzaine de syndics de la région de Casale Monferrato ont écouté, debout, l’énoncé du verdict, portant leurs écharpes tricolores. Des centaines de victimes ou leurs proches, venus d’Italie mais aussi de l’étranger, étaient présents dans les trois salles du tribunal ouvertes pour l’occasion.
Certains anciens ouvriers portaient des pancartes ou des drapeaux italiens réclamant «Justice!» D’autres avaient revêtu des gilets fluorescents ou encore leur ancienne salopette de la société Eternit.
«C’est un procès historique, le plus grand au niveau mondial dans l’histoire de la sécurité au travail», s’est félicité le procureur Raffaele Guariniello, qui a mené l’enquête durant plus de cinq ans. «La justice n’est pas un rêve», a-t-il affirmé.
Le ministre italien de la Santé Renato Balduzzi a lui aussi qualifié la sentence «d’historique aussi bien pour les aspects sociaux que pour ses aspects technico-juridiques». Selon lui, ce verdict «couronne une longue bataille qui a vu l’Etat aux côtés des victimes à tous les niveaux institutionnels».
Recours annoncé
L’avocat de Stephan Schmidheiny, Peter Schürmann, a de son côté annoncé dans un communiqué que son client ferait appel de cette décision qu’il a jugée «totalement incompréhensible».
Interrogé à l’issue de l’audience pour savoir s’il ferait recours, l’un des avocats italiens de l’industriel suisse, Guido Alleva, a répondu: «absolument, oui». Il ne partage pas l’avis du tribunal de Turin et estime qu’il est «très difficile de penser qu’il y ait pu y avoir une responsabilité intentionnelle» de la part de Stephan Schmidheiny.
Le milliardaire alémanique, ancien propriétaire d’Eternit Suisse, n’a jamais eu aucune responsabilité dans la société transalpine. Il n’y a été qu’actionnaire et a investi «70 milliards de lires de l’époque» dans la société, a-t-il fait valoir. La défense de M. de Cartier fera elle aussi recours.
Près de 3000 morts
Les avocats des deux accusés avaient plaidé l’acquittement. L’accusation, elle, avait réclamé vingt ans de prison contre les deux hommes.
Selon l’accusation, l’amiante a fait près de 3000 morts dans les usines du groupe et les villages environnants. Et ce bilan continue de s’alourdir. Les personnes exposées à l’amiante peuvent en effet tomber malades plusieurs décennies plus tard.
«Nous étions trente dans mon équipe, nous ne sommes plus que deux en vie. Nous avons enterré le dernier il y a dix jours», affirme un homme d’une soixantaine d’années vêtu de la salopette dans laquelle il a travaillé durant une quinzaine d’années dans l’usine de Casale Monferrato. (afp/ats/Newsnet)
Créé: 13.02.2012, 13h35
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34 Commentaires
Cerise sur le gâteau de la honte : Schmidheiny ne s'est jamais déplacé lors de l'instruction et pas davantage pour son procès...
Et dire que le sinistres clown triste, l'ancien Conseiller Fédéral Merz a pris la défense de cette personne.
Entre millionnaires/millardaires et partis de droite...
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J'espère que l'Italie va lancer un mandat d'arrêt international à l'encotre de ces 2 sinistres individus. Leur place est en prison. Répondre



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