Dimanche 28 août 2016 | Dernière mise à jour 10:48

Russie Le procès en appel des Pussy Riot repoussé

Le procès en appel des membres de Pussy Riot, condamnées en août à deux ans d'emprisonnement pour une prière anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, a été reporté de dix jours lundi.

Elles avaient été arrêtées après avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, leur «prière punk» demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine» du pouvoir.

Elles avaient été arrêtées après avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, leur «prière punk» demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine» du pouvoir. Image: AFP

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Le procès en appel est repoussé. L'une des trois jeunes femmes ayant récusé ses avocats. La prochaine audience a été fixée au 10 octobre.

Une des chanteuses du groupe punk, Ekaterina Samoutsevitch, a en effet expliqué à l'audience qu'elle récusait ses avocats en raison d'un désaccord sur la stratégie de défense à adopter. «Ma position sur le dossier ne correspond pas à (celle des avocats)», a-t-elle déclaré dans la salle d'audience remplie de sympathisants, de membres des familles des accusées et de journalistes.

Pour Mark Feiguine, un des trois avocats de la défense qui a dit n'avoir appris la décision de Mme Samoutsevitch que durant le week-end, le choix de récuser ses avocats pourrait affaiblir la ligne de défense des trois accusées, dans un procès qu'elles qualifient de politique. «La pression ne se relâche pas. Elle persiste et il serait naïf de penser que les autorités laisseront filer», a déclaré un autre avocat de la défense, Nikolaï Polozov.

Bien traitées, selon elles

La ligne de défense des Pussy Riot consiste à plaider non coupable, celles-ci considèrent qu'elles n'ont commis qu'une offense administrative, a-t-il ajouté. «Les autorités n'aiment pas ça.»

Les chanteuses elles-mêmes n'espèrent pas leur libération à l'issue de leur procès en appel, selon une interview publiée lundi par le tabloïd polonais Super Express. Selon leurs déclarations citées par le quotidien, les trois femmes estiment en revanche être bien traitées en prison.

L'Eglise orthodoxe veut une condamnation

Le cas Pussy Riot divise l'opinion russe. Dans les couloirs du tribunal lundi se côtoyaient une centaine de partisans des trois jeunes femmes, vêtus de tee-shirts colorés, et de chrétiens orthodoxes, pour la plupart assez âgés.

Les membres du groupe punk affirment que leur acte n'était pas destiné à offenser les croyants, mais à exprimer leur colère envers les relations étroites entretenues par Vladimir Poutine et le patriarche Cyrille, primat de l'Église orthodoxe russe.

Vladimir Legoïda, porte-parole de l'Église orthodoxe, a lui déclaré lundi que le tour de force des Pussy Riot «ne devait pas rester impuni, quelle que soit la justification», appelant cependant les jeunes femmes à se repentir. Une grâce ou une réduction de peine seraient envisageables si les trois artistes admettaient leur culpabilité, ce qu'elles se refusent à faire.

Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Aliokhina ont été jugées coupables de vandalisme motivé par la haine religieuse et condamnées à deux années d'enfermement dans un camp pénitentiaire. En février, elles étaient entrées dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, court vêtues et portant des cagoules, pour entonner une «prière punk» demandant le départ de Vladimir Poutine.

Action à Paris et à Berne

Les gouvernements occidentaux estiment excessive la peine de deux ans à laquelle ont été condamnées les trois jeunes femmes. Ils considèrent cette sanction comme un signe de la volonté de M. Poutine, revenu à la présidence en mai, d'accentuer la répression contre l'opposition qui conteste avec force son pouvoir depuis les législatives de décembre dernier.

Des actions de soutien ont eu lieu le même jour en France et en Suisse. A Paris, Amnesty France a déployé en face de la Tour Eiffel un ballon cagoulé au moment où débutait à Moscou le procès en appel des trois jeunes femmes du groupe.

Même type d'action à Berne, où une douzaine d'activistes ont déroulé vers midi une grande banderole demandant la libération des Pussy Riot à la cathédrale Münster. Ils ont manifesté ensuite sur place. Des chansons du groupe ont été jouées au son de la guitare électrique. La police bernoise était sur place pour surveiller cette action de soutien. La manifestation s'est terminée vers les 13h. (ats/nxp)

(Créé: 01.10.2012, 10h34)

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