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FRANCE Manuel Valls premier ministre, «une nouvelle étape»

François Hollande a nommé Manuel Valls à la tête d'un nouveau «gouvernement de combat» après avoir essuyé une défaite «personnelle» aux élections municipales.

Les principales déclarations de François Hollande

Municipales: «J'ai entendu votre message parce qu'il est clair. Pas assez de changements et donc trop de lenteur. Pas assez d'emplois et donc trop de chômage. Pas assez de justice sociale et trop d'impôts. Pas assez d'efficacité dans l'action publique et donc trop d'interrogations sur la capacité de notre pays à s'en sortir, alors qu'il a tant d'atouts».

Valls à Matignon pour «une nouvelle étape»:«J'ai confié à Manuel Valls la mission de conduire le gouvernement de la France. Il en a les qualités. Ce sera une équipe resserrée, cohérente et soudée, comment dire, un gouvernement de combat».


Message de rassemblement: «Les choix que j'ai faits depuis deux ans ont été difficiles au regard de la gravité de la situation qui m'a été laissée. Je le savais et j'en assume la totale responsabilité. Mais, mon devoir, c'est de savoir dépasser les résultats immédiats pour inscrire mon action dans le destin d'un grand pays comme le nôtre. C'est de faire preuve d'audace dans les choix et de constance dans le cap».

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Le président français François Hollande a nommé lundi soir Manuel Valls à Matignon pour «ouvrir une nouvelle étape» de son quinquennat, adressant un signe à l'aile gauche de sa majorité avec un nouveau «pacte de solidarité», au lendemain de la cinglante défaite des socialistes aux municipales.

>>>>> Retrouver ici le dossier de Le Matin sur les Élections municipales françaises.

«Il est temps aujourd'hui d'ouvrir une nouvelle étape», a souligné le chef de l'Etat lors d'une allocution télévisée solennelle de huit minutes, ajoutant qu'il avait confié au ministre de l'Intérieur «la mission de conduire» un «gouvernement de combat».

Ci-dessous, un extrait de l'allocution du président français, ce lundi 31 mars à 20 heures:

Manuel Valls «en a les qualités», a-t-il insisté, promettant une «équipe resserrée, cohérente et soudée» pour mettre en œuvre le pacte de responsabilité, pierre angulaire de sa politique économique qui prévoit une baisse des charges des entreprises en échange d'embauches.

«Pas la réponse adéquate»

Pour tenter de rassurer l'aile gauche de sa majorité, inquiète de la nomination de Manuel Valls et qui réclamait des mesures de justice sociale, François Hollande a annoncé aussi un «pacte de solidarité» ainsi qu'une «diminution des impôts des Français» d'ici à 2017 et «une baisse rapide des cotisations» des salariés.

«Pas de quoi convaincre cependant les deux ministres écologistes du gouvernement sortant, Pascal Canfin (Développement) et Cécile Duflot (Logement), qui ont prévenu d'emblée qu'ils n'entendaient pas «participer à ce nouveau gouvernement «estimant que Valls n'était »pas la réponse adéquate aux problèmes des Français».Avec son nouveau Premier ministre, François Hollande a choisi «le plus grand diviseur de la gauche» a dénoncé Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche.

Selon le président de l'UMP, Jean-François Copé, le «limogeage »de Jean-Marc Ayrault ne suffira pas à régler les problèmes« de la France. »Ce n'est pas en changeant les hommes et en gardant la même politique« qu'on règle les problèmes, a-t-il fait valoir.Ce remaniement »ne changera rien car (...) c'est un changement de politique que les Français attendent et pas tant un mercato gouvernemental«, a réagi pour sa part Marine Le Pen, la présidente du Front national.

Divisions

A l'inverse, le patron des sénateurs PS, François Rebsamen, a estimé que François Hollande avait «levé le malentendu» avec les Français.Chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé avait lancé quelques heures plus tôt une petite bombe en disant «stop au pacte de responsabilité.»

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait plaidé de son côté pour «un allègement de cotisations salariées».Et quatre courants de la gauche du PS s'étaient donné rendez-vous lundi soir à l'Assemblée nationale pour demander »une réorientation« de la politique menée et aborder la question de la confiance au prochain gouvernement.

Une défaite personnelle

Le chef de l'Etat n'a dit mot cependant de la formation du gouvernement qui n'interviendra pas avant mardi, indique-t-on à l'Elysée.Le président Hollande, pressé de répondre au message de défiance adressé par les Français dans les urnes, avait conduit lundi d'intenses consultations à l'Elysée où il s'était entretenu pendant deux heures lundi matin avec le Premier ministre sortant.

Après avoir envisagé entre les deux tours des municipales de temporiser avant de remanier l'équipe gouvernementale, il était pressé de toutes parts - y compris dans son camp - de ne plus tergiverser, devant l'ampleur de la défaite au second tour. A quelques semaines du deuxième anniversaire de son entrée à l'Elysée et à deux mois d'élections européennes qui s'annoncent au moins tout aussi périlleuses pour la majorité, le président a essuyé dimanche une défaite personnelle aussi : sanction d'une impopularité record sous la Ve République, d'une crise de confiance symbolisée par la forte abstention des électeurs de gauche et d'une hausse du chômage qu'il ne parvient pas à juguler.

»Il y a un besoin de justice sociale«, reconnaissait son entourage dans l'entre-deux-tours. Il faut être »plus juste, peut-être plus conforme à nos promesses«, ajoutait-il, laissant augurer un geste - au moins symbolique - en direction des classes populaires.

Une «catastrophe»

En perdant au moins 155 villes de plus de 9000 habitants - certaines à gauche depuis plus de 100 ans - le camp socialiste permet à la droite d'effacer largement ses pertes du scrutin de 2008 (82 villes de plus de 10'000 habitants), abandonnant du même coup son statut de premier pouvoir local.»

Ce premier test pour François Hollande a été une véritable catastrophe, la victoire de 2008 a été complètement effacée«, résume Frédéric Dabi de l'Ifop.Selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, près des trois quarts (74%) des Français ne souhaitaient pas que Jean-Marc Ayrault reste Premier ministre.

Manuel Valls arrivait en tête des personnalités préférées des Français pour lui succéder (31%), loin devant Martine Aubry (17%) et Laurent Fabius (16%). Bertrand Delanoë (8%), Jean-Yves Le Drian (6%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (3%) fermaient la marche.Ce grand chamboulement intervient alors que la matinée de lundi a été marquée par une avalanche de mauvaises nouvelles économiques : dérapage du déficit public et recul des marges et des investissements des entreprises l'an dernier, fléchissement du pouvoir d'achat des ménages au 4e trimestre 2013.. (nxp)

Créé: 31.03.2014, 18h04


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