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Les rendez-vous secrets de Le Pen

Confidences

Saddam Hussein, Radovan Karadzic, Valéry Giscard d'Estaing ou le dernier chef du KGB: ils ont tous rencontré l'ex-président du Front National. Garde du corps de Jean-Marie Le Pen durant 20 ans, Thierry Légier raconte.

Par Christine Talos. Mis à jour le 21.02.2012 4 Commentaires
Thierry Légier protège Jean-Marie Le Pen lors d'un meeting en 2002.

Thierry Légier protège Jean-Marie Le Pen lors d'un meeting en 2002.
Image: AFP

Je n'ai pas peur

L’ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen a reconnu mardi avoir rencontré l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, alors qu’il était réclamé par la justice internationale.

"Oui", a déclaré M. Le Pen qui était interrogé par i-Télé sur le livre à paraître de son ancien garde du corps, Thierry Légier, "Mission Le Pen", où est évoquée cette rencontre avec Radovan Karadzic.

"Je ne suis pas chargé de traquer les criminels de guerre désignés par l’opinion publique, moi", a poursuivi Jean-Marie Le Pen.

"Quand je vais quelque part, j’essaye de m’informer et j’essaye de m’informer le plus directement possible. Et en effet rencontrer Karadzic, c’était une manière de se renseigner", a-t-il ajouté.

Le chef historique du FN n’a pas indiqué quand cette rencontre avait eu lieu, précisant seulement qu’il avait également rencontré à Pale (Bosnie) la "présidente" des Serbes de Bosnie à l’époque, Biljana Plavsic.
"Je rencontre tout le monde, moi. Je n’ai pas peur", a conclu Jean-Marie Le Pen.

Jean-Marie Le Pen interviewé par Le Figaro

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C'est un grand gaillard de 1m90, crâne rasé, près de 100 kg, 46 ans. Son nom: Thierry Légier. Particularité: il a été durant 20 ans le garde du corps de Jean-Marie Le Pen, l'ancien président du Front National (FN), avant de rejoindre sa fille Marine en campagne pour la présidentielle.

Il sort mercredi une autobiographie, pleine d'anecdotes sur les amitiés et les rencontres souvent étonnantes de l'ancien homme fort du FN.

Folle équipée à Bagdad

Ainsi, pour cet ancien militaire qui a également protégé Sean Penn ou Charles Bronson, les souvenirs les plus marquants de ses 20 ans de mission sont des rencontres secrètes avec des personnes jugées infréquentables en Bosnie ou en Irak. Il raconte, dans une interview au Point.fr, une folle équipée à travers le désert irakien pour pouvoir parler avec le défunt dictateur Saddam Hussein.

Le gorille revient aussi sur un autre personnage controversé avec qui son chef s’est lié d’amitié: Radovan Karadzic, surnommé le Boucher des Balkans, ancien chef politique des Serbes de Bosnie, alors en cavale.

«Ce n’était pas le fugitif qui recevait Le Pen, mais un chef d’Etat sans palais, en sursis, qui n’était pas près de se rendre», écrit Thierry Légier. Les deux hommes discutent des Etats-Unis, de la situation des Serbes en Bosnie et au Kosovo. «Un jour, vous connaîtrez en France les mêmes problèmes que nous», confie Karadzic au Français.

Des juifs au KGB

Thierry Légier évoque aussi un rendez-vous secret en avril 2004, dans un salon du Fouquet’s à Paris, avec des «membres éminents» de la communauté juive, alors que l’affaire des chambres à gaz qualifiées de «point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale» est encore dans tous les esprits.

D’abord tendue, «l’ambiance devient plus chaleureuse», raconte le gorille selon Le Parisien. Elle conduira même les convives à «s’embrasser» au moment de se séparer, sur les Champs-Elysées…

Le Pen avait également rencontré le chef du KGB, Vladimir Alexandrovich Krioutchkov, raconte l'ancien garde du corps. «L'interprète qui nous accompagne égrène les qualités de ce vieil homme au regard usé. Si Jean-Marie Le Pen semble ne rien découvrir des fonctions que cet homme a pu exercer dans le passé, pour ma part, je dois l'avouer, je n'en reviens pas de son CV. En face de Le Pen est assis le dernier patron du KGB soviétique.»

Les tête-à-tête avec Giscard

L'ancien garde-du-corps relève aussi dans son livre deux dîners organisés avec Valéry Giscard d’Estaing dans les années 2000. «La rencontre entre deux hommes d’une même époque et qui avaient appris, malgré toutes leurs différences, à vieillir ensemble, au point de refaire le match de l’histoire sans en venir aux invectives», décrit Thierry Légier, qui se souvient de la bonne humeur de son patron quand il se rendait à ces rendez-vous. Un Le Pen badin et pressé: «Allez vite, à ce rythme, je vais rater l’apéro. Un Giscard sinon rien, plaisantait-il.»

Mais Thierry Légier est lucide: si son chef tient tant à ces tête-à-tête avec Giscard, c'était avec l'idée que la voix de l'ancien président de la République puisse s'élever pour rassurer ceux qui hésiteraient à voter Le Pen. «Il n'a jamais renoncé à l'idée d'accéder au pouvoir», écrit-il, dans des propos repris par Le Figaro.

Thierry Légier raconte également un souper au château de La Boixière, en Bretagne, chez Jean-Edern Hallier, que Le Pen avait salué d'un «Bonsoir, l'idiot international», sans que l'écrivain et polémiste n'en prenne ombrage. Les deux hommes avaient discuté en toute discrétion en compagnie du marin Eric Tabarly...

Menaces sur sa personne

Un acte isolé venant d'un déséquilibré ou de fanatiques religieux. C'est ce que redoutait le plus Thierry Légier pour l'ancien homme fort du FN. «En 20 ans, je n'ai jamais vu Jean-Marie Le Pen paniquer. Il n'a jamais peur de rien. C'est plus difficile de protéger une personne qui n'a pas peur que quelqu'un qui a la trouille».

Le fondateur du FN a longtemps ignoré, selon lui, qu'il avait manqué d'être harponné avec un fusil de pêche sous-marine par un fou lors d'un meeting à Toulon. L'homme avait pu être désarmé juste avant son geste.

«Le plus dur dans la profession de garde du corps, c'est de savoir donner un ordre d'évacuation en cas de danger et de le faire respecter. Sur ce point, Marine Le Pen est davantage à l'écoute», conclut-il. (Newsnet)

Créé: 21.02.2012, 09h48

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4 Commentaires

Georges Alexandre

21.02.2012, 10:38 Heures
Signaler un abus 8 Recommandation 0

Quad Le Pen avait traité Jean-Edern Hallier d'idiot international il n'y avait rien d'insultant. Les auteurs semblent ignorer que L'Idiot international était un journal fondé par Hallier en 1969 et qui pendant quelques années s'est inscrit dans la mouvance gauchiste. Il a même un bref temps été patronné par Simone de Beauvoir. Répondre


Roger Dupuis

21.02.2012, 12:59 Heures
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Et demain, les confidences d'un proche de Sarkozy sur les gens que son père a rencontrés.Puis on fera le tour des parents de tous les candidats à la présidentielle française.Comme ça les Suisses pourront se faire une idée de la famille de ces gens pour lesquels ils ne sont pas appelés à voter. Répondre



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