Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 10:19

Naufrage du Concordia Francesco Schettino: «Je ne crois pas avoir commis un crime»

Dans un interview à une chaîne de télévision diffusée tard mardi soir, le commandant du Concordia, Francesco Schettino, a demandé pardon tout en se disant lui aussi victime de la tragédie qui a fait 32 morts en janvier.

Schettino avait été écroué au lendemain du drame puis assigné ensuite à résidence sans pouvoir parler à quiconque jusqu'à mardi soir à l'exception de ses avocats et de ses proches.

Schettino avait été écroué au lendemain du drame puis assigné ensuite à résidence sans pouvoir parler à quiconque jusqu'à mardi soir à l'exception de ses avocats et de ses proches. Image: ARCHIVES/AFP

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Le Costa Concordia, deux jours après son naufrage

Le Costa Concordia, deux jours après son naufrage Le paquebot de croisière s'est échoué vendredi soir près de l'île de Giglio, en Italie après avoir été éventré par un rocher.

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Le commandant du paquebot Costa Concordia, qui avait fait naufrage au large de la Toscane en janvier, a demandé pardon dans une interview à une chaîne de télévision diffusée tard mardi soir, tout en se disant lui aussi victime de cette tragédie qui a fait 32 morts.

"Il est normal que je demande pardon à tous et que je sente le poids des 32 victimes sur ma conscience", a affirmé Francesco Schettino à une journaliste de la chaîne privée Canale 5.

Le naufrage a été "un incident banal, où la fatalité s'est engouffré dans l'interaction entre les êtres humains. Il y a eu, je crois, un malentendu, et précisément à cause de cela les gens éprouvent de la colère", a-t-il expliqué.

«Victime de tout ce système»

"C'est comme si tous les cerveaux, y compris les instruments de bord, avaient court-circuité", a-t-il estimé, se présentant comme une "victime de tout ce système".

"Un incident en mer est différent d'un crime. Je ne crois pas avoir commis un crime", s'est justifié le commandant, accusé d'avoir provoqué le naufrage en effectuant une sorte de parade trop près des côtes mais aussi d'avoir quitté le navire alors que l'évacuation des 4200 passagers et membres de l'équipage était encore en cours.

La justice italienne a décidé début juillet d'alléger l'assignation à résidence prononcée en janvier contre le commandant.

Poursuivi pour homicides multiples par imprudence, naufrage, abandon du navire et pour avoir omis de révéler aux autorités maritimes italiennes la gravité de l'accident, Schettino avait été écroué au lendemain du drame puis assigné ensuite à résidence sans pouvoir parler à quiconque à l'exception de ses avocats et de ses proches.

"Je veux que la vérité sorte au grand jour, quelle qu'elle soit", a affirmé le commandant.

Interview grassement payée?

Selon certains médias italiens, Francesco Schettino aurait reçu 50'000 euros pour son interview, une information démentie par Canale 5 mais qui n'a pas manqué de faire polémique.

En outre, Francesco Verusio, procureur du parquet de Grosseto en charge de l'enquête, s'est dit "déconcerté et embarrassé" par les "mensonges racontés" par Schettino.

"Il connaît bien la vérité car les actes judiciaires, déposés par le juge des enquêtes préliminaires, sont également entre ses mains. Témoignages, enregistrements de tout ce qui s'est produit dans la salle de commande, tout démontre quelles étaient ses responsabilités", a déclaré le magistrat cité par le quotidien La Stampa.

"Et puis, il faut le rappeler, au lendemain de son arrestation il avait dit j'ai fait une connerie et maintenant il se présente comme le commandant parfait. C'est à ne pas y croire", s'est-il indigné.

Le Costa Concordia transportait 4229 personnes, dont 3200 touristes de 60 nationalités (en plus d'un équipage d'un millier de membres), lorsqu'il a heurté un rocher près de l'île du Giglio.

Neuf personnes au total sont poursuivies dans cette affaire, dont Schettino, son second, quatre autre membres de l'équipage et trois membres du personnel à terre, dont Manfred Ursprunger, un vice-président exécutif de Costa Crociere, propriétaire du Concordia, et Roberto Ferrarini, chef de l'unité de crise de la compagnie. (afp/nxp)

(Créé: 11.07.2012, 11h31)

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