Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:26

Massacre en Haute-Savoie L'enquête suspendue à l'audition de la fillette de 7 ans

Cinq jours après la tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, les enquêteurs espéraient pouvoir entendre très vite la rescapée de sept ans, sortie du coma dimanche.

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«La petite fille est sortie du coma artificiel, mais elle est sous sédatifs et n'est donc toujours pas audible», a déclaré le procureur de la République Eric Maillaud, précisant que sa soeur cadette, quatre ans, était rentrée en Grande-Bretagne, accompagnée de membres de sa famille.

L'aînée, Zainab, est considérée comme un témoin essentiel: elle est la seule à avoir vu le ou les assaillants. La fillette, dont le pronostic vital était engagé le soir du drame, a reçu des coups extrêmement violents à la tête et une balle dans l'épaule, tandis que ses parents étaient tués de deux balles dans la tête, dans leur voiture.

Elle avait été plongée en coma artificiel pour permettre à son corps de récupérer. «Elle est maintenant dans une phase plus légère, qui augure d'une amélioration de son état de santé», a indiqué le procureur d'Annecy. Son audition devrait être menée par des enquêteurs spécialisés dans le témoignage des enfants.

Le couple al-Hilli, des Britanniques d'origine irakienne, une femme âgée de nationalité suédoise se trouvant dans leur voiture, ainsi qu'un cycliste français de passage, ont été tués par balles mercredi sur un chemin forestier près de Chevaline. Seules les fillettes du couple en ont réchappé.

L’audition de l’enfant sera filmée

Comme prévu par la loi française, l'audition de la petite Zainab sera filmée. Elle n’aura ainsi pas à répéter son récit tout au long de la procédure.

La fillette sera entendue par des gendarmes spécialisés dans les auditions de mineurs. Dans leur formation, ces gendarmes apprennent à mettre les enfants à l’aise et à les aider à dérouler leur récit, grâce notamment à des questions ouvertes. «L’idée est d’amener un enfant à dire des choses sans lui poser trop de questions. Bien souvent, un enfant a tendance à dire «oui» parce qu’il pense que ça fera plaisir de dire «oui». Et c’est dramatique pour l’enquête», estime le procureur Eric Maillaud.

Interrogé sur la chaîne I-Télé , le président du Tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, a donné un exemple d’audition: «On va souvent faire appel à quelqu’un qui rassure, un senior de la brigade. Une stratégie consiste à accueillir l’enfant dans un contexte chaleureux. On lui offre une collation. Son regard va être attiré par telle ou telle personne. Il va commencer à discuter avec elle et c’est ce policier qui va l’interroger. Les autres vont se retirer.»

Les enfants peuvent être entendus dans des salles spécialement aménagées, avec des jouets pour les aider à s’exprimer. Mais dans le cas de Zainab, en raison de son état de santé, l’audition sera probablement menée dans sa chambre d’hôpital.

Curieux

Dimanche, la route était fermée aux voitures mais plusieurs badauds sont venus à pied sur la scène du crime, où quelques bouquets ont été placés. Alors que la perquisition se poursuivait dimanche au domicile de la famille dans la banlieue de Londres, le procureur d'Annecy s'est engagé à la plus grande discrétion pour ne pas compromettre l'enquête, menée avec de gros moyens par la section de recherches de Chambéry, épaulée par le groupement de Haute-Savoie et le bureau des affaires criminelles à Paris.

De source policière, le calibre de l'arme ou des armes est de 7,65 mm. Cette technique des deux balles pour achever les victimes, qui apparaît systématique, semble accréditer la présence de plus d'un tireur.Au total, près de 25 douilles ont été retrouvées sur cette route forestière à proximité du lac d'Annecy, où la famille al-Hilli séjournait en camping.

Dans la région de la tuerie, les recherches se concentrent autour du véhicule du ou des tueurs, qui pourrait être un 4X4 de couleur sombre. Les véhicules retrouvés incendiés dans la région depuis mercredi ont été répertoriés, tandis que les enquêteurs recueillent des enregistrements vidéos sur de possibles itinéraires de fuite du ou des auteurs.

«Nous avons lancé des recherches sur les caméras pouvant nous fournir des informations. Nous repérons leur emplacement, au niveau des commerces, des banques, ou encore en lien avec la vidéoprotection de communes, et allons récupérer les bandes», a déclaré un gendarme.

Frère entendu

Par ailleurs, les enquêteurs «affinent très précisément l'emploi du temps» des al-Hilli depuis leur arrivée au camping de Saint-Jorioz lundi, grâce à l'enquête de voisinage qui se poursuit, a indiqué le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann, commandant la section de recherches.

La caravane a été retirée du camping, a constaté une journaliste de l'AFP. Le ou les téléphones portables de la famille pourront aider à géolocaliser leurs déplacements et montrer avec qui elle était en contact ces derniers temps.

Classiquement, l'entourage des victimes sera sondé par cercles concentriques. Le frère du père de famille tué, avec qui il avait un différend financier, a été de nouveau entendu dimanche en Grande-Bretagne.

«On va essayer de connaître le maximum de la vie de la famille al-Hilli, ses biens, les entreprises pour lesquelles (le père, ingénieur) a pu travailler», a ajouté le procureur. La perquisition en cours à son domicile devrait permettre d'en savoir davantage. Il s'agit de pénétrer «dans leur plus grande intimité», d'après un gendarme.

Collaboration franco-suisse

Genève a aussi son rôle à jouer. Le procureur de la République d’Annecy, Eric Maillaud, l’a annoncé samedi: «Tous les pays frontaliers ont été mobilisés. L’Italie est à une heure trente, la Suisse à une heure de route. Les enquêteurs ont sollicité l’assistance des pays voisins.»

Concrètement, que fait la Suisse? Contactée, la police cantonale genevoise renvoie au procureur français. Un informateur nous explique que l’alarme transfrontalière a peut-être été déclenchée le jour du drame. «Mais attention, elle ne l’est que si le canton reçoit des infos tangibles. Je ne sais pas si c’est le cas dans cette affaire.»

Notre contact ajoute que dans les jours qui suivent la tuerie, le canton a une mission de renseignement, d’observation et de transmission des infos. «Chaque information, même minime, doit être exploitée. Parfois, la réussite d’une enquête tient à trois fois rien.»       (AFP/nxp)

(Créé: 09.09.2012, 20h28)

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