Mercredi 7 décembre 2016 | Dernière mise à jour 09:14

Un couple de dépeceurs chinois jugé à Paris

Les deux Chinois s’étaient rendus à la police en juin 2012 et avaient avoué avoir tué et démembré un autre couple dont les restes avaient été découverts dans le bois de Vincennes.

Les restes des corps du couple avaient été découverts dans le bois de Vincennes.

Les restes des corps du couple avaient été découverts dans le bois de Vincennes. Image: DR/Google Stret View

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Un bébé mort chez sa nourrice, ses parents tués, dépecés et leurs corps dispersés: un couple de Chinois est jugé par la cour d'assises de Paris pour ce double crime hors du commun.

Poursuivis pour «homicide volontaire», les accusés, Hui Zhang et son compagnon Te Lu, encourent trente années de réclusion criminelle.

Le 7 juin 2012, deux joggeuses découvrent dans le bois de Vincennes une jambe «sans vêtement et coupée à la cheville». Quelque jours plus tard, un chien d'aveugle exhume une partie de torse humain.

Les recherches pour trouver les restes des corps sont infructueuses. Seule certitude: les morceaux découverts appartiennent à un homme et une femme asiatiques. On pense alors au dépeceur canadien Luka Rocco Magnotta, arrêté peu avant à Berlin après un passage à Paris, mais aussi aux méthodes de la mafia chinoise.

Explication qui tourne mal

Fait rare dans ce genre d'enquête, les policiers n'auront pas à attendre l'identification des victimes pour mettre la main sur les auteurs.

Le 16 juin, un couple de Chinois se présente à la brigade criminelle et avoue les meurtres de deux compatriotes, Ying Wang et son mari Liangsi Xue, dont les disparitions venaient à peine d'être signalées par des proches.

La femme, Hui Zhang, était la nourrice du couple. Elle raconte avoir découvert dans la nuit du 23 au 24 mai le corps sans vie de leur fils, Lucas, 2 mois et demi, asphyxié dans son sommeil. Après réflexion, elle décide avec son ami de proposer aux parents un arrangement financier s'ils acceptent de renoncer à déclarer la mort de leur enfant.

Elle les fait venir chez elle mais l'explication tourne mal. Une bagarre éclate, la nourrice se saisit d'une hachette et frappe. Les parents s'écroulent, morts.

Corps découpés dans la baignoire

Pour Hui Zhang et son ami, il s'agit d'un cas de légitime défense. Les parents auraient, selon elle, perdu la tête à la vue de leur enfant mort et les auraient agressés avec un couteau de boucher. Son compagnon a effectivement été sérieusement blessé dans la bagarre.

Décidée à faire disparaitre toute trace des crimes, Hui Zhang découpe les deux corps dans la baignoire de sa salle de bain en mettant sa machine à laver en route pour couvrir le bruit d'une scie électrique. Puis, avec l'aide de son ami, elle se débarrasse des morceaux enveloppés dans des sacs poubelles avant de nettoyer soigneusement l'appartement.

Sur ces indications, les policiers retrouveront le 17 juin d'autres restes humains dans un sac poubelle à Vincennes mais pas le corps du petit Lucas, que Hui Zhang dit avoir enterré ou jeté dans des poubelles du quartier Daumesnil à Paris, avec le reste des dépouilles.

Devant les enquêteurs, le grand-père de l'enfant affirmera que la baby-sitter lui donnait des somnifères. Mais d'autre parents ont dressé le portrait d'une nourrice attentionnée. Faute de charges suffisantes, le parquet a prononcé un non-lieu sur ce point.

Arrivés en 2004 en France, les accusés, âgés de 34 ans, n'avaient jamais fait parler d'eux.

Pour les experts, «rien ne prédisposait» Te Hu, conseiller en gestion d'entreprise, à «un passage à l'acte criminel». Hui Zhang, dépourvue de pathologie psychiatrique, est dotée «d'une intelligence de haut niveau, d'une grande force de caractère et d'une réelle aptitude à maîtriser ses affects». Selon des témoins, elle exerçait un ascendant sur son compagnon.

Peine de mort en Chine

Juste avant de se livrer, ils étaient brièvement retournés en Chine pour, selon eux, régler des affaires personnelles et confier leur fils à leur famille. Mais, curieusement, en prenant un aller simple et après avoir fermé leurs comptes et transféré leur argent en Chine.

S'ils affirment avoir toujours voulu revenir, la police les soupçonne d'y avoir été contraints pour échapper à la peine de mort en Chine. Un avis de recherche y avait été diffusé, les citant nommément comme ayant pu être liés à la disparition d'une famille chinoise. (afp/nxp)

(Créé: 17.01.2016, 08h37)

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