Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 15:00

Brésil Lula entre au gouvernement Rousseff

Visé par un scandale de corruption, l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a été nommé chef de cabinet de son héritière politique Dilma Rousseff.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, soupçonné de corruption, a été nommé mercredi 16 mars à un poste de quasi Premier ministre au gouvernement pour tenter de sauver son héritière Dilma Rousseff d'une destitution, échappant lui-même à une menace imminente de détention.

Les ministres ne pouvant répondre que devant le Tribunal suprême fédéral (STF) chargé du volet politique du dossier, le juge qui dirige l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras et qui soupçonne également Lula de «blanchiment» ne pourra plus le poursuivre.

Bien que son image soit écornée par ses récents déboires judiciaires, Lula jouit encore d'une aura considérable et d'une capacité de négociation qui fait cruellement défaut à Dilma Rousseff en ces temps de crise politique majeure et de récession économique.

Popularité record

Pour beaucoup de Brésiliens, en particulier les plus pauvres, le fondateur du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir depuis 2003, incarne toujours le miracle socio-économique révolu des années 2000.

Sous sa présidence (2003-2010), qu'il a quittée avec une popularité record de 80%, 40 millions de Brésiliens sont sortis de la misère, en partie grâce à des programmes sociaux en faveur des plus démunis.

Samedi, le grand parti centriste PMDB, incontournable pilier de la majorité parlementaire au pouvoir, s'est donné 30 jours pour décider ou non de claquer la porte du gouvernement. Ce parti opportuniste, éclaboussé lui-aussi au plus haut niveau par le scandale Petrobras, est fortement divisé entre pro et anti-gouvernement, toujours plus nombreux à mesure que le navire présidentiel sombre.

Lula vient «renforcer»le gouvernement

Il est dirigé par le vice-président Michel Temer, qui assumerait le pouvoir jusqu'en 2018 en cas de destitution de Mme Rousseff.

«L'arrivée de Lula va renforcer mon gouvernement», a affirmé Dilma Rousseff dans la soirée, assurant qu'il «aura les pouvoirs nécessaires pour nous aider, et surtout pour aider le Brésil».

De nombreux internautes brésiliens ont accueilli l'annonce avec ironie, reproduisant en boucle sur les réseaux sociaux une phrase prononcée par Lula en 1988 quand il est syndicaliste: «Au Brésil quand un pauvre vole, il va en prison. Quand un riche vole, il devient ministre!»

L'opposition s'insurge

L'opposition a tiré à boulets rouges contre la nomination de Lula. «Au lieu de donner des explications et d'assumer ses responsabilités, l'ex-président Lula a préféré fuir (la justice ordinaire, NDLR) par la porte de derrière», a fustigé le député Antonio Imbassahy, chef du groupe parlementaire à l'Assemblée de la première formation d'opposition, le Parti sociale-démocrate brésilien (PSDB, centre-droit).

«C'est un aveu de culpabilité et une gifle à la société. La présidente, en l'invitant, se fait son complice. Le chapitre final de cette histoire sera la destitution» de Dilma Rousseff, a-t-il pronostiqué.

Pour le sénateur écologiste du Parido Verde, «l'ex-président entame à la Maison civile son troisième mandat et la présidente termine son second. Il n'y a pas d'aurre lecture et c'est grave». «Je crois, a ajouté ce sénateur, que le gouvernement s'enfonce un peu plus. L'énorme rejet de la présidente s'ajoute à présent à celui du président Lula».

Procédure d'impeachment

En marge des joutes politiciennes, le Tribunal suprême s'est réuni dans l'après-midi pour fixer les règles précises de la procédure d'impeachment lancée en décembre contre la présidente de gauche à l'initiative de l'opposition de droite.

L'opposition accuse le gouvernement de Mme Rousseff d'avoir sciemment maquillé les comptes publics de l'Etat en 2014, en pleine campagne électorale, pour minimiser l'ampleur des déficits et favoriser la réélection de la présidente.

Le STF avait freiné la procédure en décembre. Ses décisions, attendues dans la soirée ou jeudi vont sonner la reprise des hostilités au Parlement.

La situation empire de jour en jour pour Dilma Rousseff, incapable de faire adopter la moindre mesure au parlement alors que la 7e économie mondiale navigue sous l'eau en pleine récession. Et les révélations incessantes du scandale Petrobras achèvent de miner son gouvernement. (afp/nxp)

(Créé: 16.03.2016, 17h15)

Sondage

Donnez-vous volontiers à des organismes caritatifs?






Sondage

Seriez-vous tenté par un smartphone low cost à moins de 100 francs?



S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER
Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.