Mercredi 7 décembre 2016 | Dernière mise à jour 15:17

Controverse La missionnaire indomptable

La Suissesse enlevée pour la seconde fois à Tombouctou tenait mordicus à son indépendance. Au Mali comme en Suisse, son indifférence aux règles de sécurité suscite la critique.

Béatrice S., après la libération de son premier enlèvement, en 2012.

Béatrice S., après la libération de son premier enlèvement, en 2012. Image: AFP

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Enlevée deux fois en trois ans. A première vue, le sort de Béatrice S., victime d’un rapt dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à Tombouctou, a tout l’air d’un sommet de malchance. A première vue seulement, parce que, de l’avis de certains, la missionnaire paie le prix d’un tempérament excessivement indépendant. En Suisse, avant son départ pour l’Afrique, cette Bâloise fréquentait une paroisse de l’Eglise évangélique méthodiste (EEM). «Elle participait au culte, sans plus», précise Barbara Streit-Stettler, porte-parole. Une fois partie au Mali, la missionnaire allait rapidement perdre le contact avec sa communauté. «C’est son problème, elle ne veut avoir de rapport avec aucune Eglise», commente le pasteur Bouya, de l’Eglise évangélique des assemblées de Dieu de Tombouctou. A son arrivée, le religieux avait hébergé la Suissesse dans sa famille: «Après une année, elle a jugé qu’on la surveillait trop et a pris ses distances avec nous. Elle s’est ensuite séparée de la mission Vie Nouvelle, pour laquelle elle œuvrait. Finalement, elle s’est retrouvée seule.»

Vivant simplement, en vendant des fleurs, la missionnaire «free-lance» habitait le quartier d’Abaradjou, dans le nord de Tombouctou. C’est là où, en 2012, elle était enlevée une première fois par des djihadistes. Libérée après neuf jours, elle allait revenir s’installer dès 2013 dans ce même secteur, pourtant exposé aux attaques. «J’ai voulu la voir après son retour. Mais, quand je suis arrivé chez elle, elle était entourée d’enfants et n’a pas voulu me recevoir», se souvient le pasteur Bouya. Lui-même réfugié à Bamako, il ajoute que le consulat suisse a tout fait pour que la missionnaire se mette en sécurité. Sans succès. «Pour elle, c’est Tombouctou ou rien.»

Engagement sans limites

Son amour pour la perle du désert l’a-t-il de nouveau empêchée de fuir malgré l’assassinat, en décembre, de l’animateur d’une radio chrétienne et de deux de ses amis? On peut se poser la question. «Son histoire est celle de toute personne qui a une vocation. Un type qui fait de la course automobile est aussi prêt à mettre sa vie en danger pour gagner», conclut Raymond Favre, de l’organisation d’aide aux chrétiens persécutés Portes ouvertes. Comme l’Eglise évangélique méthodiste de Suisse ou le Réseau évangélique suisse, son organisation désapprouve l’engagement missionnaire solitaire à la façon de Béatrice S. «Mais cette dame a certainement aidé des gens sur le terrain. Qui aurait accepté de faire ce travail à sa place?» (Le Matin)

(Créé: 12.01.2016, 06h34)

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