Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 17:07

Syrie Les Kurdes avancent résolument vers l'autonomie

Les populations au nord du pays, à la frontière turque, envisagent la création d'un Etat décentralisé.

Un Kurde se tient à la frontière turquo-syrienne.

Un Kurde se tient à la frontière turquo-syrienne. Image: Archives/Reuters

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Longtemps méprisés par le régime, les Kurdes syriens sont près d'établir une zone autonome à la frontière turque. Pour mener à bien leur projet, ils s'entourent de Washington mais aussi de Moscou.

Au grand dam d'Ankara, leurs forces ont su tirer avantage de la déroute des rebelles dans la province d'Alep face au régime de Bachar el-Assad. Elles se sont emparées de localités situées à une vingtaine de kilomètres à peine de la frontière turque.

Et, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les Kurdes syriens détiennent les trois quarts des 800 km de frontière entre la Syrie et la Turquie.

Etat décentralisé

Dès le début de la crise en 2011, les Kurdes syriens ont profité du retrait de l'armée de leurs régions pour lancer leur aspiration autonomiste. Ils ont établi une administration locale s'étendant du nord-ouest au nord-est du pays.

Selon le géographe et expert de la Syrie Fabrice Balanche, les Kurdes, qui ont progressé sur le terrain notamment face aux extrémistes du groupe État islamique (EI), contrôlent désormais 14% du territoire syrien contre 9% en 2012. Cela représente 26'000 km2.

Leur rêve est de connecter les trois régions kurdes, Afrine et Kobané dans la province d'Alep ainsi que Jaziré dans la province d'Hassaké, en vue d'une autonomie à l'image de leurs frères irakiens. Les Kurdes désirent, en effet, mettre en place un Etat décentralisé.

«Troisième voie»

Dans la bataille d'Alep entamée début février, les forces kurdes ont d'abord brisé le siège d'Afrine imposé, depuis plus d'un an, par les rebelles islamistes et le Front al-Nosra. Dans leur offensive, elles ont profité du soutien des frappes aériennes russes.

Et pour relier Afrine et Kobané, les Kurdes se préparent à la prochaine bataille contre l'EI, spécialement dans l'est de la province d'Alep. Mais pour ce faire, ils ne s'alignent ni sur le régime ni avec les rebelles.

«Depuis le début, ils suivent ce qu'ils appellent la troisième voie. Ni avec le régime, ni avec les rebelles, car aucun des deux ne reconnaît les droits des Kurdes», explique M. Civiroglu.

Jeu du régime

Les rebelles ont, d'ailleurs, accusé les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale milice kurde en Syrie, de faire le jeu du régime en les chassant de villes, notamment Tall Rifaat lundi, et de la base aérienne de Minnigh.

«Nous n'avons rien à avoir avec la bataille du régime», assure Salah Jamil, un responsable du PYD, principal parti kurde en Syrie chapeautant les YPG. «Nous avons combattu al-Nosra et d'autres factions qui suivent la stratégie turque parce qu'ils ont assiégé nos régions et bombardé nos villages», poursuit-il.

Pas à Genève

«La priorité du PYD est de profiter des gains territoriaux et de nouer des alliances régionales et internationales pour devenir un acteur politique incontestable dans la Syrie nouvelle», assure Maria Fantappie, experte des Kurdes en Irak et en Syrie pour l'International Crisis Group.

Et s'il n'a pas été admis aux négociations de Genève entre le régime et l'opposition, le PYD peut se targuer d'avoir reçu, fin janvier, l'envoyé spécial américain pour la lutte contre l'EI Brett McGurk, et d'avoir ouvert une représentation à Moscou.

Etats-Unis dans l'embarras

Alarmée par cette expansion, la Turquie, qui s'est investie dans le soutien à la rébellion contre Bachar el-Assad pendant près de cinq ans, bombarde depuis samedi les positions kurdes. De quoi embarrasser les États-Unis, qui considèrent les Kurdes comme incontournables dans la lutte contre l'EI, mais qui sont dans le même temps alliés avec Ankara, un membre de l'Otan.

Pour la Russie, qui soutient le régime syrien, la question kurde est un moyen pour agacer la Turquie. Le président russe Vladimir «Poutine était, d'ailleurs, très clair avec Bachar el-Assad en échange de son intervention militaire directe: un appui illimité aux Kurdes syriens pour créer leur État autonome dans le nord du pays», affirme Fabrice Balanche. «Les Kurdes seront ainsi les gardes-frontières de la Syrie», conclut-il. (ats/nxp)

(Créé: 16.02.2016, 12h17)

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