Dimanche 28 août 2016 | Dernière mise à jour 22:40

Crise de la dette La Péninsule Ibérique se révolte contre l'austérité

Une foule multicolore venue de toute l'Espagne a envahi Madrid pour protester contre la politique de rigueur. Au Portugal voisin, ils étaient plus de 100'000 à manifester, à Lisbonne et dans une trentaine d'autres villes.

A Madrid, près de 65'000 personnes sont descendues dans la rue.

A Madrid, près de 65'000 personnes sont descendues dans la rue. Image: AFP

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Sous le slogan «Ils veulent ruiner le pays, il faut l'empêcher», une foule multicolore venue de toute l'Espagne a envahi Madrid samedi pour protester contre la politique de rigueur. Au Portugal voisin, ils étaient plus de 100'000 à manifester, à Lisbonne et dans une trentaine d'autres villes.

Noyés sous les drapeaux rouges et blancs des syndicats, ou sous les petites pancartes portant ce seul mot «NO», les manifestants ont déferlé par dizaines de milliers sur les avenues du centre de la capitale espagnole, pour se rassembler autour de la grande place Colon.

«Ils baissent les salaires, ils augmentent les impôts, nous revenons 20 ou 30 ans en arrière», lance Roberto Saldana, un pompier de 44 ans venu de Huelva, en Andalousie, revêtu d'un uniforme bleu et casque rouge sur le crâne.

Avec un groupe de collègues, il a voyagé toute la nuit en car. «Nous sommes cent pompiers à Huelva, et ceux qui partent à la retraite ne sont pas remplacés», raconte-t-il.

Un peu plus haut, un joueur de flûte accompagne un groupe d'employés de la santé autour d'une pancarte affirmant : «Les coupes dans la santé TUENT». Puis viennent ceux de l'audiovisuel, qui réclament «la défense d'une télévision publique de qualité». «Sauvez les gens, pas les banques», proclame encore un slogan en catalan sur le tee-shirt noir d'un manifestant.

Pas de résignation

Tous dénoncent la politique de rigueur menée par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy: enseignants, parents et élèves en vert pour défendre l'éducation, cortège blanc de la santé, marche noire pour les fonctionnaires, défilé orange pour les personnes dépendantes et âgées, femmes en violet. Les autorités ont estimé la participation à 65'000 personnes, mais les organisateurs n'ont pas donné de chiffre.

«Nous voulons dire haut et fort au gouvernement que nous ne sommes pas d'accord, que sa politique fait trop de dégâts, que nous ne nous résignons pas», a déclaré le secrétaire général du syndicat CCOO, Ignacio Toxo. Le leader de l'UGT, Candido Mendez, a affirmé que cette journée marque le début d'un «long» combat contre l'austérité.

Pas assez

Le 19 juillet déjà, des centaines de milliers de personnes avaient défilé à Madrid pour crier leur colère contre les coupes budgétaires qui étranglent la population, durement éprouvée par un chômage frappant un quart des actifs.

Mais depuis, le chef du gouvernement a annoncé que les efforts se poursuivraient, avec 102 milliards d'euros d'économies d'ici à la fin 2014, provoquant un mécontentement social grandissant.

Déjà, le gouvernement a sacrifié la prime de Noël des fonctionnaires, augmenté les impôts et la TVA, réduit les allocations chômage. L'objectif est de ramener le déficit public, qui a atteint 8,9% du PIB en 2011, à 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Mais ces efforts pourraient ne pas suffire. L'Espagne risque de devoir demander à ses partenaires européens un sauvetage financier global, qui serait assorti d'une rigueur encore plus grande.

Ras-le-bol au Portugal

Au Portugal, les manifestants s'en sont pris aussi aux mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit. «Stop au terrorisme social», «Ceux qui volent le Portugal doivent être jugés», «Bientôt l'Etat volera les morts», pouvait-on lire sur quelques-unes des nombreuses banderoles et petites affiches brandies à Lisbonne par les manifestants.

«Que la troïka aille au diable», était le principal slogan des manifestations pour signifier le rejet des mesures de rigueur imposées par les trois bailleurs de fonds du Portugal, l'UE, le FMI et la BCE, en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé au pays en mai 2011.

Les manifestations, convoquées sur Facebook par des universitaires, artistes, poètes ou musiciens, revendiquaient un caractère apolitique, même si elles ont reçu le soutien de quelques partis d'extrême-gauche et du principal syndicat portugais, la CGTP. (ats/nxp)

(Créé: 15.09.2012, 23h23)

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